jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302220 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 1) |
| Avocat requérant | SELARL LIME & BARRAUD |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 14 juin 2023, le tribunal judiciaire de Nancy a transmis au tribunal administratif de Nancy le dossier de la requête par laquelle Mme A C conteste une contrainte émise par Pôle emploi en vue du recouvrement d'un trop perçu d'allocation de solidarité spécifique.
Par cette requête, enregistrée le 5 août 2022 au tribunal judiciaire de Nancy, et deux mémoires, enregistrés les 15 septembre et 29 novembre 2023, Mme C demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la contrainte émise par Pôle emploi le 5 juillet 2022 en vue de recouvrer un trop perçu d'allocation de solidarité spécifique, d'un montant de 1 543,83 euros, au titre de la période du 1er avril au 30 juin 2021 ;
2°) d'annuler la saisie-attribution dénoncée le 6 octobre 2023 par un commissaire de justice à la demande de Pôle emploi Grand Est à la suite de la contrainte émise le 5 juillet 2022.
Elle soutient que :
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme qui lui est réclamée ;
- elle est de bonne foi et a informé Pôle emploi à plusieurs reprises de ses erreurs de déclaration ;
- la saisie-attribution n'est pas légale dès lors que les sommes sont insaisissables.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 novembre 2023 et 12 janvier 2024, Pôle emploi Grand Est, devenu France Travail, représenté par Me Barraud, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C à l'encontre de la contrainte litigieuse ne sont pas fondés.
Par un courrier du 25 juillet 2023, Mme C a été invitée à confirmer expressément le maintien de ses conclusions, sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire du 15 septembre 2023, Mme C a confirmé expressément le maintien de ses conclusions.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de Mme C dirigées contre la dénonciation de saisie-attribution établie le 6 octobre 2023 par un commissaire de justice à la demande de Pôle emploi Grand Est.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique ont été entendus :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Mme C qui soutient qu'elle est de bonne foi, qu'elle n'est pas en mesure de rembourser la somme qui lui est réclamée, pour le paiement de laquelle des prélèvements ont été opérés sur ses comptes ;
- et les observations de Me Lime, substituant Me Barraud, avocat de France Travail.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Connaissance prise d'une note en délibéré déposée par Mme C et enregistrée le 8 février 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a bénéficié de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) à compter de l'année 2020. L'intéressée a continué à percevoir l'allocation alors qu'elle a repris une activité d'assistante maternelle à compter du mois de septembre 2020. Par une décision du 1er février 2022, le directeur de l'agence Pôle emploi de Vandoeuvre a notifié à Mme C un trop-perçu d'ASS d'un montant de 1 538,81 euros au titre de la période du 1er avril au 30 juin 2021. Le 11 avril 2022, une mise en demeure a été adressée à l'intéressée puis, par une décision du 5 juillet 2022, une contrainte a été émise à son encontre en vue de recouvrer cette somme. Enfin, le 6 octobre 2023, une saisie-attribution effectuée à la demande de Pôle emploi Grand Est a été dénoncée auprès d'elle par un commissaire de justice. Par sa requête, Mme C demande d'une part, l'annulation de la contrainte du 5 juillet 2023 et, d'autre part, l'annulation de la saisie-attribution qui lui a été notifiée le 6 octobre 2023.
Sur les conclusions dirigées contre la saisie-attribution :
2. Aux termes de l'article L. 211-1 du code des procédures civiles d'exécution : " Tout créancier muni d'un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible peut, pour en obtenir le paiement, saisir entre les mains d'un tiers les créances de son débiteur portant sur une somme d'argent, sous réserve des dispositions particulières à la saisie des rémunérations prévue par le code du travail ". Aux termes de l'article R. 211-10 du même code : " Les contestations sont portées devant le juge de l'exécution du lieu où demeure le demandeur ".
3. Le 5 juillet 2022, Pôle emploi Grand Est a émis une contrainte à l'encontre de Mme C en vue du recouvrement d'un indu d'ASS d'un montant de 1 538,81 euros au titre de la période du 1er avril au 30 juin 2021. En l'absence de remboursement, le recouvrement de l'indu a été poursuivi par une saisie attribution effectuée à la demande de Pôle emploi et dont elle a été informée par un acte de dénonciation du 6 octobre 2023. Il résulte toutefois des dispositions citées au point précédent que la contestation par Mme C des poursuites engagées à son encontre procédant d'une contrainte émise par Pôle emploi échappe à la compétence de la juridiction administrative et relève de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la saisie-attribution doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions dirigées contre la contrainte du 5 juillet 2022 :
4. Aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées () le directeur général de l'institution prévue à l'article L. 5312-1 [Pôle emploi] ou la personne qu'il désigne en son sein peut () après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". En application de ces dispositions précisées par l'article R. 5426-20 du même code, Pôle emploi peut délivrer une contrainte pour le remboursement d'une prestation indûment versée, après avoir adressé au débiteur, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et restée sans effet après un mois, une mise en demeure qui comporte, notamment, le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées et la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement.
5. Dans le cadre d'une opposition à contrainte, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, sur la quotité et sur l'exigibilité de la créance.
6. A l'appui de l'opposition à la contrainte litigieuse, Mme C se borne à faire valoir que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme qui lui est réclamée et qu'ayant informé Pôle emploi des erreurs de déclaration qu'elle a commises, elle est de bonne foi. Toutefois, ces moyens, qui ne tendent pas à contester le principe, la quotité ou l'exigibilité de la créance, sont sans incidence sur la légalité de la contrainte émise par Pôle emploi et doivent ainsi être écartés comme inopérants.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à former opposition à la contrainte émise à son encontre par Pôle emploi Grand Est.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C la somme de 1 500 euros demandée par Pôle emploi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par Pôle emploi sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au directeur régional France Travail Grand est.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
Le président,
S. B
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026