jeudi 24 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302292 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GEHIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Géhin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite, par laquelle la préfète des Vosges a rejeté sa demande de certificat de résidence algérien jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer un certificat de résidence portant mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 50 euros par jour de retard dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à charge pour son avocat de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie car le refus de séjour porte une atteinte grave à ses intérêts et à sa situation personnelle ;
- la décision attaquée est entachée d'illégalité ; il existe des moyens de nature à créer un doute quant à sa légalité :
o la décision est insuffisamment motivée ;
o la décision est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits au regard de l'article 6 4° de l'accord franco-algérien : il est parent d'un enfant français et exerce de plein droit l'autorité parentale ;
o le refus de séjour porte atteinte au droit à une vie privée et familiale normale garanti par l'article 8 de la CEDH, et méconnaît l'article 3.1 de la convention relative aux droits des enfants ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2023, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne sont pas remplies.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 31 juillet 2023 sous le n° 2302293 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marti, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 août 2023 à 10h30 :
- le rapport de M. Marti, juge des référés,
- et les observations de Me Géhin, représentant M. B, qui reprend les conclusions et moyens de la requête.
La préfète des Vosges n'était ni présente, ni représentée à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 22 août 2023 à 11h17.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. B, ressortissant algérien entré irrégulièrement en France à une date indéterminée après avoir été renvoyé en Algérie en février 2019 dans le cadre d'une obligation de quitter le territoire, a déposé le 13 juillet 2022 une demande de certificat de résidence algérien en qualité de conjoint de français, qui a été rejetée par une décision de la préfète des Vosges du 23 septembre 2022, confirmée par jugement du Tribunal du 6 avril 2023. M. B a déposé une nouvelle demande en qualité de parent français le 30 janvier 2023, Il demande la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder l'aide juridictionnelle provisoire à M. B.
Sur les conclusions à fin de suspension:
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Si le silence gardé par l'administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Dans ce cas, les conclusions à fin de suspension de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde. Il en résulte que les conclusions de la requête, dirigées contre la décision implicite par laquelle la préfète des Vosges a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. B doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 10 août 2023 par laquelle la préfète des Vosges a explicitement rejeté cette demande.
En ce qui concerne l'urgence :
5. Le refus de séjour litigieux, qui place M. B en situation irrégulière, fait obstacle à ce que M. B poursuive ses missions d'intérim alors qu'il contribue à l'entretien de sa fille et à ce qu'il continue de s'occuper d'elle. Ainsi, le requérant justifie d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et familiale et donc, de l'urgence qui s'attache à ce que soit prononcée une mesure en référé sans attendre le jugement au fond.
En ce qui concerne l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins ".
7. M. B est marié depuis le 27 mai 2022 à une ressortissante française dont il est en instance de divorce. Un enfant est né de cette union le 13 décembre 2022. Il exerce l'autorité conjointe sur cet enfant et a obtenu un droit de visite par ordonnance du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire d'Epinal du 13 mars 2023 et justifie contribuer à son entretien et à son éducation, ce qui est d'ailleurs attesté par la mère de l'enfant. Si la préfète fait valoir que le requérant présente une menace pour l'ordre public, il ressort des pièces du dossier que par ordonnance du 3 février 2023 de ce même juge aux affaires familiales, l'épouse de M. B a été déboutée de sa demande de protection et que le requérant n'a pas fait l'objet de condamnation pénale, la plainte de son épouse, dont il est désormais séparé de corps, ayant été classée sans suite. Une procédure est certes toujours en cours pour de nouveaux faits de violences conjugales mais ces accusations sont fragiles compte tenu de l'attitude de l'épouse de M. B, qui a ensuite souhaité se désister de sa saisine du juge aux affaires familiales et qui a même témoigné en faveur de son mari dans le cadre de la présente instance.
8. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 4) de l'accord franco-algérien est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision du 10 août 2023 de la préfète des Vosges refusant l'admission au séjour de M. B.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. La présente ordonnance implique qu'il soit enjoint à la préfète des Vosges de délivrer dans un délai de trois jours à compter de sa notification à M. B une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler d'une validité d'au moins quatre mois dans l'attente d'un jugement au fond. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
11. La présente ordonnance admettant provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Géhin, avocat de M. B renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Géhin de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
ORDONNE :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2r : L'exécution de la décision du 10 août 2023 par laquelle la préfète des Vosges a refusé d'admettre M. B au séjour est suspendue dans l'attente de l'intervention d'un jugement au fond.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète des Vosges de délivrer à M. B dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance une autorisation provisoire de séjour autorisant le travail d'une validité d'au moins quatre mois dans l'attente d'un jugement au fond.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Géhin, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à cet avocat de la somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordéee par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Géhin.
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète des Vosges.
Fait à Nancy, le 24 août 2023.
Le juge des référés,
D. Marti
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026