mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302295 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL ALEO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 31 juillet et 21 août 2023 et le 30 avril 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Mme C B et M. D B, représentés par Me Leraisnable, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Gérardmer a délivré à M. A un permis de construire une maison d'habitation sur le lot n° 2 du lotissement " Le Pré Chaussotte " situé chemin du Cresson ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Gérardmer et de M. A une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- le signataire de l'arrêté ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision est illégale dès lors que l'arrêté ne vise pas le sens des avis recueillis au cours de l'instruction en méconnaissance de l'article A. 264-2 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté est illégal par voie d'exception de l'illégalité du permis d'aménager délivré le 10 août 2020 ;
- le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions de la loi Montagne codifiées aux articles L. 122-1 à L. 122-5-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2024, la commune de Gérardmer, représentée par Me Zoubeidi-Defert, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête de M. et Mme B est irrecevable faute d'intérêt à agir et en raison de sa tardiveté ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- et les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 avril 2022, le maire de la commune de Gérardmer a accordé à M. A un permis de construire une maison d'habitation sur le lot n° 2 du lotissement " Le Pré Chaussotte " sur le territoire de la commune. M. et Mme B ont adressé le 14 avril 2023 un recours gracieux contre cet arrêté. Par la requête susvisée, M. et Mme B sollicitent l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2022.
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. L'habitation de M. et Mme B est implantée à environ 95 mètres à l'est de celle projetée par M. A et en est séparée par plusieurs autres parcelles du lotissement qui ont vocation à être construites. Il ressort par ailleurs des photographies produites que la présence de cette construction nouvelle ne sera visible que depuis quelques endroits de leur propriété. Ce chalet en bois de taille modeste n'est ainsi pas, à lui seul, de nature à faire perdre aux requérants la qualité de la vue sur le paysage dont ils disposent actuellement. De plus, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le projet prévoit une haie de végétation de nature à isoler la nouvelle construction de son voisinage, notamment depuis le point de vue de leur habitation. Il ressort en outre des pièces du dossier que, compte tenu de l'orientation respective des constructions, de la distance qui les sépare et du dénivelé existant entre les terrains, les vues créées par le projet sur la propriété de M. et Mme B, notamment depuis la terrasse et le balcon implantés au sud du projet de M. A, sont limitées. Si les requérants se prévalent des nuisances que pourraient occasionner le passage de véhicules, la circulation complémentaire à celle générée par les voies déjà existantes, induite par une maison individuelle d'une surface d'environ 100 m² n'est toutefois pas susceptible de caractériser une atteinte aux conditions d'occupation et de jouissance du bien des requérants. Enfin, ces derniers ne peuvent utilement se prévaloir de la perte de valeur vénale de leur bien dès lors que l'estimation réalisée par une agence immobilière qu'ils produisent concerne l'impact d'un projet de construction distinct envisagé par d'autres pétitionnaires sur le lot n°6 du lotissement. Dans ces conditions, les requérants ne démontrent pas que le projet de M. A serait de nature à affecter directement les conditions de jouissance de leur bien et ne justifient ainsi pas d'un intérêt à agir suffisant pour contester le permis de construire accordé à ce dernier. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la défenderesse doit être accueillie.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. et Mme B tendant à l'annulation de la décision du 26 avril 2022 du maire de Gérardmer doivent être rejetées.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gérardmer et de M. A, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Gérardmer et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune de Gérardmer une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Gérardmer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à M. D B, à la commune de Gérardmer et à M. E A.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026