vendredi 18 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | TAILLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er août 2023 à 18 heures 01 et le 9 août 2023, M. E B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 juillet 2023 par lequel le préfet de la Moselle a ordonné son maintien en rétention administrative ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer une attestation de demande d'asile afin de lui permettre de se maintenir sur le territoire français jusqu'à l'intervention de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige a été signée par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été notifié dans une langue comprise par l'intéressé ;
- les dispositions de l'articles L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont incompatibles avec la directive " Accueil " en l'absence de définition de critères objectifs permettant d'apprécier le caractère dilatoire d'une demande d'asile présentée en rétention ;
- le préfet n'établit pas que l'édiction de l'arrêté portant maintien en rétention est intervenue postérieurement au dépôt de sa demande d'asile en méconnaissance des dispositions de l'article R. 754-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- sa demande d'asile ne présente pas de caractère dilatoire ;
- il dispose de garanties de représentation.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 août 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Fabas, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabas, magistrate désignée,
- les observations de Me Taillon, avocat commis d'office, représentant M. B qui reprend les conclusions et moyens de la requête et du mémoire complémentaire et ajoute que son client est marié à une ressortissante française, qu'il ne comprend pas le français et que le rejet de sa demande d'asile lui a été notifié en langue française ;
- les observations de M. F, représentant le préfet de la Moselle, qui reprend les conclusions et moyens du mémoire en défense et ajoute que lorsque le préfet a été informé de l'introduction d'une demande d'asile il s'est prononcé sur le maintien en rétention du requérant de telle sorte que l'arrêté est nécessairement postérieur à la demande d'asile de M. B ; il ajoute que M. B n'a jamais introduit de demande d'asile depuis son arrivée sur le territoire français et que sa demande d'asile présente ainsi un caractère dilatoire ;
- et les observations de M. B, assisté d'un interprète en langue arabe, qui fait valoir qu'il n'a pas eu le temps de réunir les éléments au soutien de sa demande d'asile.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant algérien né le 12 octobre 1983, déclare être entré sur le territoire français le 1er octobre 2021. Le 10 mars 2023, le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Par un arrêté du 25 juillet 2023, le préfet de la Moselle l'a placé en rétention. M. B a déposé une demande d'asile en rétention. Par l'arrêté du 31 juillet 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet de la Moselle a ordonné son maintien en rétention.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 mai 2023, régulièrement publié le lendemain, le préfet de la Moselle a donné délégation à Mme A D, adjointe au chef de bureau de l'éloignement et de l'asile, pour signer les décisions relevant des matières de ce bureau, en cas d'absence ou d'empêchement de M. C. Par suite, Mme D, signataire de l'arrêté contesté, était autorisée à signer la décision portant maintien en rétention administrative. Par suite, alors que l'empêchement ou l'absence de M. C n'est pas contesté, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Moselle, après fait mention de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de M. B par un arrêté du 10 mars 2023 ainsi que le dépôt par celui-ci d'une demande d'asile le 31 juillet 2023 alors qu'il était placé en rétention, a estimé que cette demande, présentée après la prolongation du placement en rétention par le juge des libertés et de la détention, un an et dix mois après son arrivée en France et quatre jours après son placement en rétention présentait un caractère dilatoire et n'était présentée que pour faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement. Alors que l'autorité administrative n'est pas tenue de mentionner tous les éléments relatifs à la situation de l'étranger, cet arrêté, pris au visa de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comporte ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision ordonnant le maintien en rétention d'un étranger n'ont d'incidence que sur les voies et délais de recours contentieux contre cette décision mais n'affectent pas sa légalité et le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été notifié dans une langue non comprise par M. B doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. () ".
6. S'il incombe aux Etats membres, en vertu du paragraphe 4 de l'article 8 de la directive n°2013/33/UE établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, de définir en droit interne les motifs susceptibles de justifier le placement ou le maintien en rétention d'un demandeur d'asile, parmi ceux énumérés de manière exhaustive par le 3 de cet article, aucune disposition de la directive n'impose, s'agissant du motif prévu par le d) du 3 de l'article 8, que les critères objectifs, sur la base desquels est établie l'existence de motifs raisonnables de penser que la demande de protection internationale d'un étranger déjà placé en rétention a été présentée à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour, soient définis par la loi. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile serait incompatible avec les stipulations du d) du paragraphe 3 de l'article 8 de la directive 2013/33/UE, en tant qu'il ne détermine pas une liste des critères objectifs permettant à l'autorité administrative d'estimer qu'une demande d'asile est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution d'une mesure d'éloignement, ne peut qu'être écarté.
7. En cinquième lieu, la circonstance que l'arrêté portant maintien en rétention ait été édicté le jour-même du dépôt, par le requérant, de sa demande d'asile ne signifie pas que celui-ci aurait été pris antérieurement au dépôt de cette demande alors, au demeurant, que l'arrêté attaqué vise précisément cette demande d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 754-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
8. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui déclare être entré en France le 1er octobre 2021, n'a jamais sollicité l'asile depuis son arrivée sur le territoire français et n'avait pas exposé des craintes lors ses auditions en cas de retour dans son pays d'origine. En outre, il a formé une demande d'asile après qu'il se soit soustrait à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre le 10 mars 2023 et alors que la mesure de placement en rétention avait fait l'objet d'une prolongation ordonnée par le juge des libertés et de la détention. Dans ces conditions, le préfet a pu légalement estimer que sa demande d'asile était présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution d'une décision d'éloignement et ordonner le maintien de sa rétention.
9. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il présenterait des garanties de représentation à l'appui de la contestation de la mesure de maintien en rétention dès lors qu'il ressort des dispositions citées au point 7 que le maintien en rétention administrative n'est pas conditionné par l'absence de garanties de représentation suffisantes mais est prononcé lorsque l'étranger placé en rétention administrative présente une demande d'asile dans le seul but de faire échec à une mesure d'éloignement. Par suite, ce moyen, qui est inopérant, doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 juillet 2023 par lequel le préfet de la Moselle a prononcé son maintien en rétention administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet de la Moselle.
Lu en audience publique le 18 août 2023 à 15 heures 31.
La magistrate désignée,
L. Fabas
Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026