mardi 27 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302334 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 1er août 2023, enregistrée le même jour au greffe du tribunal administratif de Nancy, la présidente de la 5ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme A.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 16 juillet 2023, et des mémoires, enregistrés les 24 octobre 2023 et 28 janvier 2025, Mme A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mai 2023 par laquelle le ministre chargé des finances a refusé de la nommer en qualité d'inspectrice des finances publiques au 1er septembre 2023, ensemble la décision rejetant son recours gracieux née du silence gardé sur sa demande du 21 juin 2023 ;
2°) d'enjoindre au ministre chargé des finances de procéder à sa nomination au grade d'inspectrice des finances publiques avec effet au 1er septembre 2023 ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme, qui sera chiffrée en fonction de la date du jugement définitif, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'annulation de sa nomination et de sa prise de fonction au 1er septembre 2023.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors qu'aucune disposition ne prévoit que le respect des conditions de participation au concours d'inspecteur des finances s'apprécie à la date de la première épreuve ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que les contrôleurs des finances publiques stagiaires appartiennent au corps des contrôleurs des finances publiques ;
- l'administration n'a pas informé les candidats de l'application de conditions plus strictes et restrictives que celles posées par les textes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 décembre 2024, le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires présentées par Mme A sont irrecevables, faute de liaison du contentieux et de chiffrage du montant du préjudice ;
- les conclusions à fin d'injonction, présentées à titre principal, sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la décision du tribunal était susceptible d'impliquer qu'il soit enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de procéder à la reconstitution de carrière de Mme A.
Une réponse à ce moyen d'ordre public a été enregistrée le 5 mai 2025 pour Mme A et a été communiquée.
Une réponse à ce moyen d'ordre public a été enregistrée le 5 mai 2025 pour le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et a été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;
- le décret n° 2010-982 du 26 août 2010 ;
- le code de justice administrative ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bastian, conseiller,
- et les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique.
Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience, n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agente administrative des finances publiques, a été nommée contrôleuse des finances publiques de 2ème classe stagiaire à compter du 1er octobre 2021 et a été titularisée au sein de ce corps à compter du 5 novembre 2022. Elle a été admise à l'examen professionnel de recrutement interne des inspecteurs des finances publiques au titre de l'année 2023. Toutefois, par une décision du 16 mai 2023, le ministre chargé des finances a décidé de ne pas la nommer en qualité d'inspectrice des finances publiques. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de la décision du 16 mai 2023, ensemble la décision rejetant son recours gracieux, née du silence gardé sur sa demande du 21 juin 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 325-25 du code général de la fonction publique, applicable à la date du litige : " Les candidats aux concours doivent remplir les conditions prévues au titre Ier et au présent titre ainsi que par le statut particulier du corps auquel ils postulent à la date de la première épreuve ou, s'il s'agit d'une sélection comprenant un examen des titres des candidats, à la date de la première réunion du jury ou de l'instance chargée de la sélection des dossiers, sauf dispositions contraires prévues par le statut particulier du corps concerné. " Il résulte de ces dispositions qu'elles permettent que le statut particulier d'un corps de fonctionnaire, édicté par le pouvoir réglementaire, comporte des exceptions à la règle qu'elles posent, selon laquelle les conditions d'admission à concourir doivent être remplies à la date de la première épreuve ou de la première réunion du jury ou de l'instance de sélection.
3. Aux termes de l'article 5 du décret du 26 août 2010 portant statut particulier des personnels de catégorie A de la direction générale des finances publiques : " Les inspecteurs des finances publiques sont recrutés : () 3° Par voie d'un examen professionnel sur épreuves ouvert aux agents appartenant à un corps de catégorie B de la direction générale des finances publiques. Les intéressés doivent, au 1er janvier de l'année de la nomination, soit appartenir au 3e grade de la catégorie B, soit avoir atteint au moins le 5e échelon du deuxième grade ou le 6e échelon du premier grade. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que pour l'accès des agents appartenant à un corps de catégorie B de la direction générale des finances publiques au grade d'inspecteur des finances publiques, l'appréciation de l'appartenance à ce corps, comme à l'un des échelons minimaux dans le grade, s'effectue au 1er janvier de l'année de nomination. Dès lors, en appréciant l'appartenance de Mme A au corps des contrôleurs des finances publiques à la date de la première épreuve, le ministre chargé des finances a entaché sa décision d'erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision par laquelle le ministre chargé des finances a refusé de la nommer en qualité d'inspectrice des finances publiques au 1er septembre 2023, et la décision rejetant son recours gracieux née du silence gardé sur sa demande du 21 juin 2023 doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Mme A sollicite, à titre principal, l'annulation de la décision par laquelle le ministre chargé des finances a refusé de la nommer en qualité d'inspectrice des finances publiques au 1er septembre 2023, ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux née du silence gardé sur sa demande du 21 juin 2023. Dès lors, ses conclusions à fin d'injonction sont présentées à titre accessoire. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir, opposée en défense, tirée de ce que les conclusions à fin d'injonction, présentées à titre principal, seraient irrecevables, doit être écartée.
7. Il est constant qu'au 1er janvier 2023, Mme A était membre titulaire du corps des contrôleurs de l'Etat et qu'elle avait atteint le huitième échelon du deuxième grade. Par suite, le présent jugement implique nécessairement la nomination de Mme A au sein du corps des inspecteurs des finances publiques à compter du 1er septembre 2023 et de reconstituer en fonction sa carrière, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
9. En l'absence, au jour du présent jugement, de toute décision rejetant une demande indemnitaire de Mme A, les conclusions indemnitaires de la requérante sont irrecevables. Par suite, elles doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le ministre chargé des finances a refusé de nommer Mme A en qualité d'inspectrice des finances publiques au 1er septembre 2023 et la décision rejetant son recours gracieux née du silence gardé sur sa demande du 21 juin 2023 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre chargé des finances de procéder, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, à la nomination de Mme A au grade d'inspectrice des finances au titre de l'année 2023 et de reconstituer sa carrière en fonction de cette nomination.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Samson-Dye, présidente,
- Mme Bourjol, première conseillère,
- M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2025.
Le rapporteur,
P. Bastian
La présidente,
A. Samson-Dye
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026