lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302460 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
| Avocat requérant | CHAVKHALOV |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 août 2023, M. A D, représenté par Me Chavkhalov, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 juin 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a confirmé son refus de l'admettre au bénéfice du revenu de solidarité active ;
2°) d'enjoindre au département de Meurthe-et-Moselle de procéder au réexamen de sa demande de revenu de solidarité active dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de Meurthe-et-Moselle la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une inexactitude matérielle des faits et d'une erreur de droit au regard du deuxième alinéa de l'article L. 262-38 du code de l'action sociale et des familles.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 février 2024, le département de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir fait l'objet d'une décision de suspension puis de radiation de ses droits au revenu de solidarité active (RSA), M. D a, par une demande du 25 novembre 2022, de nouveau sollicité le versement de cette allocation. Par une décision du 10 mai 2023, la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a refusé de faire droit à sa demande, décision qui, après recours administratif préalable formé par le requérant, a été confirmée par une décision du 14 juin 2023. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cette décision, et à ce qu'il soit enjoint au département de Meurthe-et-Moselle de réexaminer sa demande de revenu de solidarité active.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. En premier lieu, M. D ne peut utilement se prévaloir, à l'appui de sa demande tendant à se voir reconnaître le bénéfice du revenu de solidarité active, des vices propres qui entacheraient la décision du 14 juin 2023 par laquelle le président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a rejeté son recours administratif. Le moyen tiré de l'incompétence de son signataire ne peut donc qu'être écarté comme dépourvu d'incidence sur la solution du litige. En tout état de cause, le département produit en défense l'arrêté du 23 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes du département le jour-même, par lequel la présidente a donné délégation à Mme B C, en cas d'empêchement de la responsable de la cellule RSA, à l'effet de signer, notamment, " les décisions individuelles relatives à l'ouverture de droit à l'allocation du RSA ".
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire de l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle () ". Aux termes de l'article L. 262-37 du même code : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés (). / Cette suspension ne peut intervenir sans que le bénéficiaire, assisté à sa demande par une personne de son choix, ait été mis en mesure de faire connaître ses observations aux équipes pluridisciplinaires mentionnées à l'article L. 262-39 dans un délai qui ne peut excéder un mois () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-38 de ce code : " Le président du conseil départemental procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme d'une période, définie par décret, sans versement du revenu de solidarité active () / Après une radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active à la suite d'une décision de suspension prise au titre de l'article L. 262-37, le bénéfice du revenu de solidarité active dans l'année qui suit la décision de suspension est subordonné à la signature préalable du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ou de l'un des contrats prévus par les articles L. 262-35 et L. 262-36 du présent code ".
5. Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire du RSA, radié de la liste des bénéficiaires de l'allocation après une suspension prononcée en raison de l'absence de conclusion de l'un des contrats d'insertion prévus aux articles L. 262-35 et L. 262-36 du code de l'action sociale et des familles doit, pour solliciter de nouveau son admission au RSA dans l'année suivant cette suspension, satisfaire à cette obligation de conclure l'un des contrats susmentionnés.
6. En l'espèce, M. D soutient qu'il n'a pas été destinataire des courriers des 1er mars 2022 et 3 mai 2022, par lesquels la CAF, d'une part, l'a informé qu'en l'absence de réaction de sa part, dans un délai d'un mois, son droit au revenu de solidarité active allait être diminué ou suspendu puis, d'autre part, a procédé à la diminution du montant de son RSA de 25% et l'a informé qu'en l'absence de démarche de sa part elle procéderait à une suspension totale de son allocation pour une durée de quatre mois à compter du mois de juin 2022 et à la fin de cette période et sans réaction de sa part, elle procéderait à sa radiation du dispositif du RSA. Il résulte, toutefois, de l'instruction que la CAF justifie, sans être contredite, de la réception par l'intéressé du courrier du 1er mars 2022 au 4 avril 2022 et que le courrier du 3 mai 2022 lui a été envoyé à l'adresse connue de l'administration, et qu'il est revenu au conseil départemental, le 31 mai 2022, avec la mention " pli avis et non réclamé ". Ce pli est ainsi réputé avoir été notifié au requérant à la date de sa première présentation, le 10 mai 2022. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'illégalité dès lors qu'il n'aurait pas été destinataire des décisions de suspension prévues à l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles et ceci nonobstant qu'il n'aurait pas reçu les courriers de convocation aux rendez-vous proposés. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision du 14 juin 2023 serait entachée d'une inexactitude matérielle des faits et d'une erreur de droit doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée,y compris les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au département de Meurthe-et-Moselle et à Me Chavkhalov.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026