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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2302533

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2302533

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2302533
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantJEANNOT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête enregistrée le 23 août 2023 sous le n° 2302533, M. A B, représenté par Me Jeannot, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui remettre, dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, un récépissé l'autorisant à travailler pour une durée minimale de 6 mois, sans la mention " X se disant ", sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet ayant méconnu l'étendue de sa compétence ;

- elle a été prise en méconnaissance des articles R. 431-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisque son dossier de demande d'admission au séjour était complet ; qu'il aurait dû également être autorisé à travailler ;

- elle porte atteinte à la liberté fondamentale d'acquérir son indépendance financière, de travailler et de vivre dans des conditions décentes, au principe de dignité humaine, à la liberté d'aller et venir et au droit de mener une vie privée et familiale normale.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une décision en date du 14 septembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

II - Par une requête enregistrée le 20 octobre 2023 sous le n° 2303103, M. A B, représenté par Me Jeannot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 28 août 2023 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois, et, dans tous les cas, de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour d'une durée minimale de six mois avec autorisation de travail en mentionnant son identité et sa nationalité sans la mention " X se disant " ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente car le signataire ne justifie pas d'une délégation de signature du préfet ;

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'un défaut d'examen particulier et sérieux de sa situation et des circonstances humanitaires ;

- il est entaché d'une erreur de droit, le préfet ayant méconnu l'étendue de sa compétence en s'abstenant d'examiner la possibilité de le régulariser à titre discrétionnaire ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale, méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- la préfète s'est estimée à tort en situation de compétence liée ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une décision en date du 14 septembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Milin-Rance,

- et les observations de Me Jeannot, représentant M. B.

Connaissance prise de la note en délibéré présentée pour M. B dans l'instance n° 2303103 et enregistrée le 26 janvier 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2302533 et n° 2303103 portent sur la situation d'un même requérant par rapport à son droit au séjour et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

2. M. B, né le 16 décembre 2002, de nationalité ivoirienne, est entré en France le 9 décembre 2018 et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de Meurthe-et-Moselle jusqu'à sa majorité le 16 décembre 2020. Le 9 novembre 2020, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en faisant valoir son inscription dans une formation en vue d'obtenir un CAP mention " agent polyvalent de restauration " dans le cadre d'un contrat d'apprentissage. Sa demande a été rejetée par arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle en date du 21 juin 2021 au motif qu'il ne justifiait pas de son identité et de sa nationalité en l'absence de documents d'état-civil légalisés. Par un arrêt en date du 17 octobre 2023, la cour administrative d'appel de Nancy a annulé cet arrêté. Par un courrier en date du 10 mai 2023, M. B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une première requête, il demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet a refusé de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour le temps de l'instruction de sa demande, et par une seconde requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 août 2023 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité.

Sur les conclusions, présentées dans l'instance n° 2302533, tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. " L'article 61 du décret du 28 décembre 2020 susvisé prévoit : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 14 septembre 2023, postérieure à l'introduction de la requête n° 2302533, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à ce que soit prononcée l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle du requérant sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions dirigées contre le refus implicite de délivrance d'un récépissé :

5. Aux termes de l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de première délivrance ou de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise la présence de l'intéressé sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiant de son état civil ; / 2° Les documents justifiant de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiant de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / () ". Aux termes de l'article R. 431-11 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet.

6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a présenté une demande de titre de séjour le 10 mai 2023. Par courrier en date du 12 juin 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle a informé M. B que son dossier était complet et lui a demandé de lui transmettre dans un délai de huit jours des documents complémentaires. Ce faisant, le préfet, qui n'a pas refusé d'enregistrer la demande de M. B, a estimé que celle-ci pouvait être instruite. Dans ces conditions, le préfet, qui n'a présenté aucune observation en défense sur ces conclusions, ne pouvait légalement refuser de délivrer à M. B un récépissé le temps de l'instruction de sa demande.

7. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 28 août 2023 :

8. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Il appartient à l'autorité administrative, en application de ces dispositions, de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale" répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire".

9. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour refuser de délivrer à M. B un titre de séjour, le préfet de Meurthe-et-Moselle a, d'une part, relevé la circonstance que le certificat de nationalité, l'extrait du registre des actes d'état civil et le jugement supplétif d'acte de naissance produits par le requérant étaient dépourvus de légalisation et ne pouvaient produire d'effets en France, et d'autre part, estimé que les éléments dont le requérant se prévalaient à l'appui de sa demande du 10 mai 2023 ne relevaient pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels.

10. Toutefois, ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel de Nancy dans son arrêt du 17 octobre 2023, l'absence de légalisation des documents produits par le requérant ne s'oppose pas à leur prise en compte pour justifier de son identité et de son âge et, l'inauthenticité de l'ensemble des documents produits par M. B n'étant pas établie, il doit être regardé comme apportant la preuve de son identité, de son âge et de sa nationalité, et, par suite, de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize et dix-huit ans.

11. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est entré en France peu avant l'âge de seize ans, et a été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du département de Meurthe-et-Moselle entre le 8 décembre 2018 et le 16 décembre 2020, en vertu d'une ordonnance du juge des enfants du tribunal judiciaire de Nancy en date du 6 mars 2019, a réalisé trois stages en entreprises avant d'intégrer le centre de formation de la chambre de commerce et d'industrie EESC de Laxou en octobre 2019, pour préparer en apprentissage le CAP " agent polyvalent de restauration " qu'il a obtenu en juin 2021, suivi d'une mention complémentaire "cuisinier en desserts de restaurant " en septembre 2022. A sa majorité, il a bénéficié d'un contrat jeune majeur conclu avec le département de Meurthe-et-Moselle, renouvelé jusqu'au 15 décembre 2023. Il a conclu le 9 août 2022 un contrat de travail à durée indéterminée avec la société Café Leffe à Nancy pour un emploi à temps complet de commis de cuisine et présente une promesse d'embauche de cet employeur à compter du 5 avril 2023. Tant le rapport de fin de minorité établi par la structure d'accueil le 31 août 2020, que l'avis du service d'accompagnement jeunes majeurs du département de Meurthe-et-Moselle établi le 1er août 2022 et l'attestation de son employeur en apprentissage, attestent de son sérieux, de ses capacités de travail et d'autonomie démontrant la réussite de son parcours d'insertion dans la société française. Au vu de l'ensemble de ces éléments, compte tenu de l'âge et de la vulnérabilité de M. B en qualité de jeune majeur et de son parcours tant scolaire que professionnel, la préfète de Meurthe-et-Moselle a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que M. B ne justifiait pas de circonstances justifiant une admission exceptionnelle au séjour.

12. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 28 août 2023 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité.

Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :

13. Eu égard au motif d'annulation retenu et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que des éléments de fait ou de droit nouveaux justifieraient que l'autorité administrative oppose une nouvelle décision de refus, le présent jugement implique nécessairement que cette autorité délivre à M. B un titre de séjour portant la mention " salarié ". Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer ce titre dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer immédiatement, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle en mentionnant son identité et sa nationalité sans la mention " X se disant ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais du litige :

18. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Jeannot, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Jeannot de la somme globale de 2 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2302533 tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision implicite par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer à M. B un récépissé de demande de titre de séjour est annulée.

Article 3 : L'arrêté en date du 28 août 2023 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité est annulé.

Article 4 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai d'un mois et, dans l'attente, de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle en mentionnant son identité et sa nationalité sans la mention " X se disant ".

Article 5 : L'Etat versera à Me Jeannot la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.

Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Jeannot.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Milin-Rance, première conseillère,

Mme Grandjean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.

La rapporteure,

F. Milin-Rance

Le président,

B. Coudert

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2302533, 2303103

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