lundi 24 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302642 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 3 septembre 2023 et 1er janvier 2025, Mme B A conteste les décisions du 8 août 2023 par lesquelles la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui accorder la remise de ses dettes correspondant à des indus de prime d'activité pour un montant total de 434,04 euros au titre de la période du 1er novembre 2021 au 30 avril 2022 et la restitution des sommes prélevées.
Elle soutient que :
- elle a déclaré ses revenus conformément aux attentes des services de la CAF ;
- elle ne perçoit aucune prestation et aucun revenu ;
- elle est enceinte.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2024, la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les indus litigieux sont justifiés par une différence entre les ressources trimestrielles déclarées par Mme A auprès de la CAF et les ressources annuelles qu'elle a déclarées à l'administration fiscale ;
- la requérante ne démontre pas se trouver dans une situation de précarité qui justifierait que lui soit accordée la remise de ses dettes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a bénéficié de la prime d'activité au titre des années 2021 et 2022. A la suite d'un contrôle de sa situation, il a été constaté que l'intéressée n'avait pas déclaré à la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle les indemnités chômage qu'elle a perçues au cours des mois de janvier et février 2021 ainsi que les indemnités journalières qu'elle a perçues au titre des mois de mai et juin 2021 et du mois de mars 2022. La régularisation de son dossier a ainsi généré un indu de prime d'activité d'un montant total de 434, 04 euros, qui a été notifié à Mme A par une décision de la CAF de Meurthe-et-Moselle du 29 juillet 2022. Par un courrier du 1er décembre 2022, la requérante a contesté l'indu de prime d'activité mis à sa charge et a sollicité la remise de sa dette. Par une décision du 11 mai 2023, la CAF de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa contestation relative au bien-fondé des indus litigieux, puis par des décisions du 8 août 2023, la CAF de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande de remise de dette. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant, d'une part, l'annulation des décisions du 11 mai 2023 et du 8 août 2023 et, d'autre part, à ce qu'une remise de ses dettes lui soit accordée et à ce que les sommes prélevées lui soient remboursées.
Sur le bien-fondé des indus litigieux :
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article R. 844-1 du même code : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 842-4 : () /4° L'aide légale ou conventionnelle aux salariés en chômage partiel ;()/ 6° Les indemnités journalières de sécurité sociale de base et complémentaires, perçues en cas d'incapacité physique médicalement constatée de continuer ou de reprendre le travail, d'accident du travail ou de maladie professionnelle pendant une durée qui ne peut excéder trois mois à compter de l'arrêt de travail ".
3. En l'espèce, Il résulte de l'instruction et notamment du contrôle des ressources de Mme A réalisé par la caisse que l'intéressée n'a pas déclaré les indemnités journalières qu'elle a perçues aux mois de mai et juin 2023 et du mois de mars 2022 qui s'élèvent respectivement à 266,27 euros, 342,35 et 61,67 euros et qu'elle n'a également pas déclaré les indemnités chômage versées par Pôle emploi en janvier et février 2021 s'élevant respectivement aux sommes de 697,44 euros et de 18,60 euros. La réintégration de ces revenus dans le dossier de Mme A a généré les indus litigieux. Par conséquent, la requérante, qui ne conteste pas les informations fournies par la caisse, n'est pas fondée à contester l'indu de prime d'activité.
Sur la demande de remise des dettes :
4. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux dernières conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
6. Mme A, qui se prévaut de la non perception de prestations et de revenus, doit être regardée comme soulevant le moyen tiré de ce que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette. A l'appui de ses allégations, elle se borne à produire son avis d'imposition au titre des revenus de l'année 2021, faisant état d'un revenu mensuel moyen de 1 600 euros. En outre, il résulte des éléments produits en défense que l'intéressée, qui a un enfant à charge, a déclaré, en juin 2023, des revenus mensuels moyens avec son époux s'élevant à la somme de 3 371 euros. Dans ces conditions, elle n'établit pas qu'elle serait dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'impossibilité de faire face au remboursement des sommes qui lui sont réclamées. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle devrait se voir accorder une remise partielle ou totale des indus en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2025.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2302642
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026