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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2302674

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2302674

vendredi 15 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2302674
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2023 à 12 heures 8, et deux mémoires, enregistrés les 8 et 14 septembre 2023, Mme A C, représentée par Me Couderc, demande au tribunal :

1°) à être admise au bénéfice, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler :

- l'arrêté du 6 septembre 2023, par lequel le préfet de la Meurthe-et-Moselle l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois ;

- l'arrêté du 6 septembre 2023 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a assignée à résidence à Nancy pendant une durée de quarante-cinq jours, avec obligation de se présenter les mercredis et vendredis, y compris les jours fériés à 10 heures auprès des services de police et de se maintenir à son domicile tous les jours de 6 heures à 9 heures ;

3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois ;

4°) en cas d'annulation de la décision portant interdiction de retour, d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de mettre en œuvre, sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir, la procédure d'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions implicites de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour et de refus de convocation sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa demande de titre de séjour ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit car son dossier de demande de titre de séjour a été complété ;

- elles sont illégales en raison de l'illégalité des décisions opposées à son mari, M. D ;

- la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen de sa demande ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elles sont illégales en raison de l'illégalité des décisions opposées à son mari, M. D ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de convocation et d'enregistrement de sa demande de titre de séjour ou de refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- elle méconnait le principe général du droit d'être entendu et du respect des droits de la défense ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et d'un défaut de motivation ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions du 2° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- en cas d'absence de décision de refus de délivrance d'un titre de séjour, la décision serait entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire ;

- elle est insuffisamment motivée en ce qui concerne la durée de l'interdiction ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision d'assignation à résidence est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français a été fondée à tort sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'elle aurait dû être fondée sur celles du 4° de ce même article ; il y a donc lieu de procéder à une substitution de base légale ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Davesne,

- les observations de Me Coche-Mainente, substituant Me Couderc, avocat de Mme C qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens,

- et les observations de Mme C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante arménienne née en 1987, est arrivée en France, selon ses déclarations, en 2014 avec ses deux enfants, nés en 2007 et 2012, afin de rejoindre son mari, M. D, arrivé l'année précédente. Elle a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides les 27 mai 2015, 9 octobre 2017 et 5 mai 2021, ces deux dernières décisions ayant été confirmées par la Cour nationale du droit d'asile les 9 novembre 2020 et 14 septembre 2021. Par un arrêté du 6 septembre 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a obligée à quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois et, par un arrêté du même jour, le préfet l'a assignée à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre d'office Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés attaqués :

En ce qui concerne le fondement de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme C ne peut justifier être entrée régulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Ainsi, c'est à bon droit que le préfet de Meurthe-et-Moselle a fondé l'obligation de quitter le territoire français sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la demande de substitution de base légale présentée par le préfet de Meurthe-et-Moselle doit être rejetée.

En ce qui concerne l'exception d'illégalité de la décision de rejet de la demande de titre de séjour ;

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme C conteste, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour présentée en qualité d'accompagnant d'un étranger malade au titre de la " vie privée et familiale ", déposée par le service " démarches simplifiées " le 14 février 2023 et qu'elle a complétée à la demande de la préfecture le 20 mars 2023.

7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le mari de Mme C, M. D, n'a pas été autorisé à séjourner en France en raison de son état de santé. Il ne ressort d'aucune des pièces de ce dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen de la situation de Mme C avant de décider, par son silence gardé pendant un délai de quatre mois, de rejeter la demande de titre de séjour de cette dernière.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

9. Mme C fait valoir qu'elle est arrivée sur le territoire français au mois de janvier 2014, son mari étant pour sa part arrivé en octobre 2013, que ce dernier souffre d'une spondylarthrite ankylosante nécessitant un traitement qui n'est pas disponible dans son pays d'origine, que leurs deux enfants, nés en 2007 et 2012, sont scolarisés et qu'elle est en possession d'une promesse d'embauche. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. D est, comme son épouse, en situation irrégulière et rien ne s'oppose à ce que la vie familiale se poursuive en Arménie. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Par les mêmes motifs, doivent être écartés le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que le moyen tiré de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation de la situation de Mme C.

10. En troisième lieu, Mme C ne peut utilement se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision de refus de séjour opposée à son mari, laquelle ne constitue pas le fondement du refus de séjour qui lui a été opposé.

En ce qui concerne le moyen invoqué contre l'arrêté du 6 septembre 2023 dans son ensemble :

11. Par un arrêté du 21 août 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de Meurthe-et-Moselle a donné délégation à M. Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer tous les arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département de Meurthe-et-Moselle à l'exception des arrêtés de conflit. Le moyen tiré de l'incompétence dont serait entaché cet arrêté doit donc être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte des points 6 à 10 que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français en conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.

13. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C a pu faire valoir ses observations, notamment sur la perspective de son éloignement, lors de son audition par les services de police le 6 septembre 2023. Dès lors Mme C n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français aurait été prise en méconnaissance du droit d'être entendu.

14. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de Mme C avant de l'obliger à quitter le territoire français. Par ailleurs, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles repose la mesure d'éloignement, alors même qu'il n'est pas fait état de l'état de santé du mari de Mme C.

15. En quatrième lieu, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés par les motifs exposés au point 9.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

16. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; () ".

17. Le préfet de Meurthe-et-Moselle fait valoir que la demande de titre de séjour, présentée par Mme C en qualité d'accompagnant d'étranger malade, était manifestement infondée dès lors qu'elle n'entrait ni dans le champ d'application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'est applicable qu'aux étrangers malades, ni dans celui de l'article L. 425-10 du même code, qui ne concerne que les parents d'étrangers mineurs. Or, cette demande devait être examinée au regard des dispositions de l'article L. 423-23 de ce code et de celles de l'article L. 435-1. Ainsi, le préfet ne peut valablement soutenir que la demande de titre de séjour de Mme C était manifestatement infondée. Par suite, en refusant pour ce motif tout délai de départ volontaire à Mme C, le préfet de Meurthe-et-Moselle a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

18. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler la décision du 6 septembre 2023 refusant d'accorder un délai de départ volontaire à Mme C, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens relatifs à cette décision.

En ce qui concerne le moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :

19. Il résulte de ce qui précède que seule la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire étant entachée d'illégalité, Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'interdiction de retour sur le territoire français :

20. Pour interdire à Mme C tout retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois, le préfet de Meurthe-et-Moselle s'est fondé sur les dispositions de l'article 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes desquelles : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Il y a lieu, par suite, d'annuler cette interdiction par voie de conséquence de l'annulation de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire à Mme C, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens relatifs à cette décision.

En ce qui concerne le moyen dirigé contre la décision d'assignation à résidence :

21. Pour assigner à résidence Mme C, le préfet de Meurthe-et-Moselle s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes desquelles : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Il y a lieu, par suite, d'annuler cette mesure d'assignation à résidence par voie de conséquence de l'annulation de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire à Mme C.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. Eu égard à ses motifs, le présent jugement, qui n'annule pas l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de Mme C, n'implique pas que lui soit délivrée une autorisation provisoire de séjour.

23. En revanche, le présent jugement qui prononce l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français opposée à Mme C implique nécessairement l'effacement du signalement de la requérante aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de saisir, sans délai, les services ayant procédé à ce signalement, en vue de la mise à jour du fichier en tenant compte de cette annulation.

Sur les frais liés au litige :

24. Mme C ayant été admise au bénéfice, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, il n'y pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par elle sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'arrêté n° 54/23/OQTF -182 du préfet de Meurthe-et-Moselle, en date du 6 septembre 2023, est annulé en tant qu'il refuse un délai de départ volontaire à Mme C et lui interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois.

Article 3 : L'arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle, en date du 6 septembre 2023, portant assignation à résidence de Mme C est annulé.

Article 4 : Il est enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de faire procéder, sans délai, à la suppression du signalement de Mme C aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de Meurthe-et-Moselle.

Rendu public par mise à disposition au 15 septembre 2023.

Le président du tribunal,

S. Davesne

La greffière

M. B

La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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