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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2302802

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2302802

mercredi 27 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2302802
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantGUILLAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement le 22 septembre 2023 à 15 heures 21 et le 25 septembre 2023 à 16 heures 15, M. A B, placé au centre de rétention administrative de Metz, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2023 par lequel le préfet de la Nièvre l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, sur le fondement des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;

3°) de lui désigner un avocat commis d'office et un interprète en langue arabe ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les décisions en litige sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de son auteur ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où lors de son audition par les services de la gendarmerie il n'était pas assisté d'un interprète ;

- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que, d'une part, son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et, d'autre part, il ne présente pas de risque de fuite ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'existence de circonstances humanitaires et quant à sa durée.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 septembre 2023, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Marti, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Marti, président-rapporteur ;

- les observations de Me Guillaume, avocate commise d'office représentant M. B, présent et assisté d'un interprète en langue arabe, qui conclue aux mêmes fins par les mêmes moyens et ajoute que l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant a été méconnue ;

- et les observations de M. C, représentant le préfet de la Nièvre qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B ressortissant algérien interpellé par les services de la gendarmerie le 21 septembre 2023 et a été placé en retenue administrative aux fins de vérification de son droit au séjour. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Nièvre lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par sa requête, M. B demande l'annulation de ces décisions.

2. M. B, placé en rétention lors de l'introduction de sa requête, a présenté celle-ci sans ministère d'avocat et a été assisté à l'audience par Me Guillaume, avocate commise d'office désigné par le bâtonnier du barreau de Nancy, et par un interprète en langue algérienne, en application des dispositions de l'article L. 614-10 et L. 614-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande de désignation d'un avocat commis d'office et d'un interprète.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :

3. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. Ludovic Pierrat, secrétaire général de la préfecture, auquel le préfet de la Nièvre a, par arrêté du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature à l'effet de signer notamment tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses manque en fait et doit être écarté.

4. En second lieu, il ressort des termes de l'arrêté en litige que pour obliger l'intéressé à quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité et prononcer à son encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an, le préfet de la Nièvre, après avoir visé la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8 ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a notamment indiqué que l'intéressé est dépourvu de titre de séjour depuis son entrée irrégulière sur le territoire national et qu'une précédente mesure d'éloignement, à laquelle il n'a pas déféré, a été prise à son encontre. Par ailleurs, l'arrêté en litige précise que M. B était très défavorablement connu des services de police dès lors qu'il compte plusieurs mentions au fichier des traitements des antécédents judiciaires pour vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une circonstance, vol en réunion, vol aggravé par deux circonstances, violence commise en réunion sans incapacité, qu'il a fait l'objet de deux condamnations depuis son entrée en France assortie d'une peine d'emprisonnement pour vols aggravés par deux circonstances et que dès lors, il est constant que son comportement constitue une menace à l'ordre public. Le préfet a également indiqué que le requérant entrait dans le champ d'application des dispositions des articles L. 612-2 3° et L. 612-3 1°, 5° et 8° dès lors qu'il est entré irrégulièrement sans solliciter ultérieurement la délivrance d'un titre de séjour, qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne présente pas de garanties de représentations suffisantes. Enfin le préfet a mentionné que, conformément aux dispositions de l'article L. 612-6, la décision portant obligation de quitter le territoire pouvait être assortie d'une décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français dans la mesure où aucun de délai de départ volontaire n'a été octroyé à l'intéressé et qu'aucune circonstance humanitaire ne justifie qu'une telle décision ne soit prise à son encontre. Ainsi, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne saurait qu'être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, si le requérant fait valoir que lors de son audition par les services de la gendarmerie le 21 septembre 2023, il n'était pas assisté d'un interprète en langue arabe, il ressort du procès-verbal de cette audition qu'il a déclaré comprendre le français. Par ailleurs, il ressort de la décision en litige que celle-ci lui a été notifiée avec l'assistance d'un interprète. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure ne peut être qu'écarté.

6. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits de libertés d'autrui ". D'autre part, aux termes des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

7. M. B, qui ne conteste pas être entré et se maintenir irrégulièrement en France, se prévaut de la durée de son séjour, de la présence de sa tante et de son fils né le 20 août 2023 sur le territoire, lequel serait, par ailleurs, actuellement hospitalisé depuis le 22 août 2022 en raison de troubles rénaux, ainsi que de la circonstance qu'il est hébergé chez un ami. S'il ressort d'un acte de naissance produit par le requérant que ce dernier est le père d'un enfant né en France, il n'établit ni les liens qu'il entretiendrait avec son fils, ni pourvoir à l'éducation et l'entretien de son enfant, alors qu'au demeurant, M. B déclare être séparé de la mère de l'enfant. Par ailleurs, il est constant que cette dernière est en situation irrégulière de sorte qu'elle a vocation, avec son enfant, à retourner dans le pays dont elle a la nationalité. Dans ces conditions, eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, et alors que M. B, qui ne fait état d'aucun élément particulier d'intégration en France, ne justifie pas être dépourvu d'attaches en Algérie, où il a vécu la majeure partie de sa vie, la mesure d'éloignement ne peut être regardée comme ayant porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis par le préfet de la Nièvre. Elle ne peut être davantage regardée comme ayant porté une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de son enfant. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ces stipulations seront écartés.

Sur la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, M. B n'établit pas l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de la Nièvre lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette dernière à l'encontre de la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire.

9. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () " Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes () ".

10. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Nièvre a refusé d'accorder à M. B un délai de départ volontaire aux motifs qu'il ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire français, qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes dès lors qu'il se présente sous au moins deux identités différentes depuis son arrivée en France. Il se trouvait alors dans les cas prévus au 1°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 précité permettant de regarder comme établi, sauf circonstance particulière, le risque qu'il se soustraie à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français. En outre, il ne peut utilement soutenir que son comportement ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, un tel motif n'étant pas au nombre de ceux retenus par le préfet pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le comportement de M. B, qui a été condamné, sous une autre identité, à deux reprises le 17 août 2021 et 2 septembre 2021, à des peines d'emprisonnement respectivement de huit mois avec sursis et de quatre mois pour des faits de vols aggravés par deux circonstances, constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

Sur la décision fixant le pays de destination :

11. En premier lieu, M. B n'établit pas l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de la Nièvre lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette dernière à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

12. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre d'une décision fixant le pays à destination. En tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le moyen ne peut qu'être qu'écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

14. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, le préfet assortit, en principe et sauf circonstances humanitaires, l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. La durée de cette interdiction doit être déterminée en tenant compte des critères tenant à la durée de présence en France, à la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, à l'existence de précédentes mesures d'éloignement et à la menace pour l'ordre public représentée par la présence en France de l'intéressé.

15. Il résulte de ce qui a été dit au point 10 que le comportement de l'intéressé, qui s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre, constitue une menace pour l'ordre public. Toutefois, il résulte également de ce qui a été dit au point 7 que le requérant établit, par la production d'un document d'état civil, un lien de filiation avec un enfant né en France le 20 août 2023, qui serait actuellement hospitalisé à Nevers. Par suite, le préfet de la Nièvre ne pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation, prononcer à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français fixée à un an.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis sur ce fondement quelle que somme que ce soit à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à titre principal dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La décision portant interdiction de retour sur le territoire français est annulée.

Article 2 : le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Nièvre.

Lu en audience publique le 27 septembre 2023 à 16 heures 02.

Le magistrat désigné,

D. Marti

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2302800

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