mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU OQTF 6 semaines |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2023 et un mémoire complémentaire enregistré le 2 novembre 2023, Mme C, représentée par Me Elsaesser, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, avant-dire droit, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ou à la préfète des Vosges la communication, dans un délai de quinze jours, de son entier dossier médical et de l'intégralité des éléments documentaires et données au vu desquels le collège médical de l'Office a rendu son avis sur son état de santé et sur la disponibilité effective des soins en Géorgie ;
3°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite ;
4°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros HT à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- il n'est pas justifié que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a été rendu au vu d'un rapport médical établi par un médecin instructeur ;
- il n'est pas établi que le médecin instructeur de son dossier n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII ;
- le rapport du médecin instructeur est incomplet ;
- l'avis n'a pas été rendu à l'issue d'une délibération et les signatures électroniques des médecins composant le collège ne sont pas authentifiables ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la préfète s'est estimée liée par l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII et n'a pas procédé à un examen préalable et particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- la préfète n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- la préfète a commis une erreur de droit en se bornant à suivre l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de destination doit être annulée en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- la préfète n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2023, la préfète des Vosges conclut au non-lieu à statuer sur la présente requête.
Elle soutient qu'elle a procédé au retrait de l'arrêté attaqué par une décision du 27 octobre 2023.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 14 novembre 2023 à 16h43, l'OFII a présenté des observations qui n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante gabonaise née le 6 novembre 1984, est entrée en France en mars 2020, afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 21 mars 2020 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 14 octobre 2022. A la suite de ces rejets, la préfète des Vosges a pris une mesure d'éloignement à son encontre qui a été annulée par le tribunal administratif de Nancy par un jugement en date du 21 février 2023 à raison de la méconnaissance du principe du contradictoire. Par un arrêté du 19 septembre 2023 dont Mme B demande l'annulation, la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée, sur le fondement des dispositions du 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra, le cas échéant, être reconduite.
Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :
2. Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 novembre 2023. Par suite il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la demande tendant à la communication de l'intégralité des éléments au vu desquels le collège médical de l'OFII a rendu son avis :
3. L'OFII a produit, après une mesure d'instruction en ce sens, le complet dossier médical et l'intégralité des éléments sur lesquels le collège des médecins de l'OFII a rendu son avis du 8 août 2023, lesquels, dans le respect du principe du contradictoire, ont été intégralement communiquées à l'intéressée. Dans ces conditions, et alors que l'affaire est en état d'être jugée, il n'y a pas lieu d'ordonner la production d'une quelconque autre pièce.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
4. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi.
5. En l'espèce, la préfète des Vosges indique avoir retiré l'arrêté contesté du 19 septembre 2023 par un arrêté du 27 octobre 2023. Dès lors que cet arrêté du 27 octobre 2023 n'est pas encore devenu définitif à la date du présent jugement, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 septembre 2023 conservent leur objet et il y a toujours lieu d'y statuer.
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées :
6. L'arrêté contesté du 19 septembre 2023 vise notamment l'article L. 425 - 9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne qu'à la suite du jugement rendu par le tribunal administratif de Nancy, Mme B a été intégrée en procédure de demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, rappelle le sens de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 8 août 2023 et expose les raisons pour lesquelles la requérante ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, l'arrêté contesté vise les 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne le rejet de la demande d'asile présentée par l'intéressée par l'OFPRA et la CNDA, expose la situation personnelle et familiale de la requérante sur le territoire français et précise que l'intéressée n'entre pas dans l'un des cas dans lesquels un étranger ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français tels que définis par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'agissant de la décision fixant le pays de destination, l'arrêté contesté vise l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne la nationalité de la requérante et précise que l'intéressée n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Alors que la préfète n'est pas tenue de mentionner tous les éléments relatifs à la situation de l'étranger, cet arrêté comporte ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle également que la préfète a procédé à un examen particulier de la situation de Mme B. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de cet arrêté et du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressée doivent, par suite, être écartés.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant refus de séjour :
7. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 dudit code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. () ".
8. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le rapport médical, prévu par les dispositions citées au point précédent, a été rédigé par le médecin rapporteur, le 22 juin 2023. Le bordereau par lequel l'OFII a transmis l'avis du 8 août 2023 à la préfète indique que ce rapport a été transmis, le 29 juin 2023, aux trois médecins formant le collège qui a examiné l'état de santé de Mme B.
9. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le médecin qui a rédigé le rapport relatif à l'état de santé de Mme B n'a pas siégé au sein du collège des médecins qui a émis son avis le 8 août 2023. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet avis a été rendu au vu d'un rapport incomplet du médecin instructeur de l'OFII.
10. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que la préfète des Vosges ne s'est pas estimée en situation de compétence liée au regard de l'avis du 8 août 2023 du collège de médecins du service médical de l'OFII.
11. En quatrième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif ou non à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
12. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme B à raison de son état de santé, la préfète des Vosges s'est fondée sur l'avis du 8 août 2023 du collège de médecins du service médical de l'OFII qui a estimé que l'état de santé de la requérante nécessitait une prise en charge médicale, dont le défaut ne devrait cependant pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité, et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque dans son pays d'origine et que le traitement et le suivi appropriés à son état étaient disponibles au Gabon. S'il ressort des documents médicaux produits par la requérante que celle-ci souffre de troubles psychiques nécessitant un suivi médical et un traitement médicamenteux, elle ne produit aucun élément de nature à contredire l'avis précité sur la gravité d'une rupture des soins médicaux qui lui sont prodigués et sur la disponibilité du traitement. En outre, les articles de presse relatifs à la prise en charge des patients souffrant de troubles psychiatriques au Gabon ne sont pas de nature suffisante pour remettre en question l'analyse de la préfète des Vosges et du collège des médecins de l'OFII quant à la disponibilité du traitement dans son pays d'origine. Ainsi, la requérante ne démontre pas que le défaut de traitement de sa pathologie soit susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, la préfète des Vosges n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer à Mme B le titre de séjour qu'elle sollicitait sur le fondement de ces dispositions.
13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, le moyen tiré de ce que la préfète des Vosges a entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle quant à la gravité d'une rupture des soins médicaux qui lui sont prodigués et à la disponibilité du traitement au Gabon doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de ce que la préfète a commis une erreur de droit en se bornant à suivre l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII doit être écarté.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
16. Il résulte de ce qui a été dit au point 12 du présent jugement que la requérante n'établit pas que son état de santé nécessite une prise en charge dont le défaut entraînerait pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et ne pas pouvoir bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, la décision en litige n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la gravité de son état de santé sur les conséquences sur la situation personnelle et familiale de la requérante.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision fixant le pays de destination :
18. En premier lieu, faute d'établir l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée en conséquence d'une telle illégalité.
19. En deuxième lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 12, Mme B ne démontre pas qu'elle ne pourrait pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine et y serait, en conséquence, exposé à des traitements inhumains ou dégradants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de situation personnelle doivent être écartés.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 septembre 2023 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu, d'une part, d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et, d'autre part, d'ordonner la communication de son entier dossier médical et des éléments sur lesquels le collège des médecins de l'OFII s'est prononcé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à Me Elsaesser et à la préfète des Vosges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2302956
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026