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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2302965

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2302965

mardi 14 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2302965
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU OQTF 6 semaines
Avocat requérantCHAIB

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 10 et 30 octobre 2023 sous le n°2302964, Mme A C épouse B, représentée par Me Chaïb, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi qu'une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;

- la décision portant refus de séjour a été prise en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les disposition du 9° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Mme C épouse B a déposé une demande d'aide juridictionnelle qui a été enregistrée le 26 octobre 2023.

II- Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 10 et 30 octobre 2023 sous le n°2302965, M. D B, représenté par Me Chaïb, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel la préfète des Vosges a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi qu'une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;

- la décision portant refus de séjour a été prise en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M B a déposé une demande d'aide juridictionnelle qui a été enregistrée le 26 octobre 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B, ressortissants kosovares nés respectivement les 25 novembre 1970 et 5 novembre 1971, déclarent être entrés sur le territoire français le 12 septembre 2022, accompagnés de leur fille mineure, afin d'y solliciter l'asile. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions du 30 décembre 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), puis par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 8 juin 2023. Concomitamment à leurs demandes d'asile, M. et Mme B ont sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Mme B a présenté sa demande en raison de son état de santé sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et M. B l'a présentée en raison de vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code. La préfète des Vosges, par des arrêtés du 19 septembre 2023, a refusé de les admettre au séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours sur le fondement des 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays de destination de leur éventuelle reconduite d'office à la frontière. Par deux requêtes, qu'il y a lieu de joindre, M. et Mme B demandent l'annulation de ces arrêtés.

Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et alors qu'il n'a pas encore été statué sur les demande d'aide juridictionnelle de M. et Mme B, il y a lieu de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux arrêtés contestés :

4. Les arrêtés attaqués sont signés par M. David Percheron, secrétaire général de la préfecture, auquel la préfète des Vosges a, par un arrêté du 17 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégué sa signature à l'effet de signer notamment les décisions en matière d'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité des décisions portant refus de séjour et obligeant Mme B à quitter le territoire français :

5. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable () ".

6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

7. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser de délivrer à Mme B un titre de séjour en raison de son état de santé, la préfète de Meurthe-et-Moselle s'est fondée sur l'avis en date du 7 août 2023 du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui a estimé que l'état de santé de Mme B nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Pour remettre en cause cette appréciation, la requérante fait valoir qu'elle souffre d'un syndrome anxio-dépressif sévère consécutif aux violences exercées par son beau-frère au Kosovo. Elle produit à ce titre un certificat médical, daté du 29 août 2023, dont il ressort que son état de santé nécessite un suivi spécialisé et continue et qu'il n'est pas envisageable qu'elle fasse l'objet d'une consultation. Toutefois, si cette pièce permet d'établir la réalité de la pathologie de Mme B, elle n'est pas suffisante pour remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII, reprise par la préfète des Vosges, s'agissant des conséquences d'un défaut de prise en charge médicale. Enfin, si la requérante soutient qu'elle ne pourra pas bénéficier de soins appropriés dans son pays d'origine, la seule production d'un rapport d'Organisation suisse d'aide aux réfugiés en date de 2017 décrivant en termes généraux la situation médicale au Kosovo, ne permet pas d'établir qu'elle ne pourrait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ni y voyager sans risque. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Mme B se prévaut de la scolarisation de sa fille et de la présence de son mari en France. Ces éléments, alors que son époux a également fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français, qu'ils vivaient en France que depuis un an à la date de la décision attaquée et qu'elle ne démontre pas être dépourvue de tout lien dans son pays d'origine ni avoir tissé en France des liens d'une intensité, ancienneté et stabilité particulières, ne suffisent pas pour faire regarder la mesure en litige comme portant au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressée une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.

10. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision de refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, invoqué par voie d'exception à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

12. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 du présent jugement que Mme B n'établit pas que son état de santé nécessite une prise en charge dont le défaut entraînerait pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et ne pas pouvoir bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité des décisions portant refus de séjour et obligeant M. B à quitter le territoire français :

14. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

15. Si M. B se prévaut de l'état de santé de son épouse et qu'il doit rester en France aux côtés de son épouse, il résulte de ce qui a été au point 7 du présent jugement, que Mme B n'établit pas remplir les conditions lui permettant de bénéficier d'un titre de séjour en raison de son état de santé. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé résidait avec sa famille en France depuis à peine plus d'un an à la date de l'arrêté attaqué et a vécu avec sa famille la plus grande partie de sa vie dans son pays d'origine où il ne justifie pas qu'il n'y aurait plus d'attaches. Dans ces conditions, la décision portant refus de séjour en litige ne peut être regardée comme portant au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent, par suite, être écartés.

16. En deuxième lieu, faute pour M. B d'établir l'illégalité de la décision portant refus de séjour pris à son encontre, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée en conséquence d'une telle illégalité doit être écarté.

17. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 15.

En ce qui concerne la légalité des décisions fixant le pays de séjour :

18. En premier lieu, faute pour M. et Mme B d'établir l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français prononcées à leur encontre, le moyen tiré de ce que les décisions fixant le pays de destination devraient être annulées en conséquence d'une telle illégalité doit être écarté.

19. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". M. et Mme B se bornent à soutenir, sans autre précision, qu'ils seraient exposés à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour au Kosovo. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées auraient été prises en méconnaissance de ces stipulations ne peut qu'être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 19 septembre 2023. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonctions et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées. Les présentes instances n'ayant donné lieu à aucuns dépens, les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme B doivent être rejetées.

21.

D E C I D E :

Article 1er : M. et Mme B sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les requêtes présentées par M. et Mme B doivent être rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B, à M. D B, à Me Chaïb et à la préfète des Vosges.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.

La magistrate déléguée,

C. Sousa Pereira

La greffière,

L. Rémond

La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2302964 et 2302965

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