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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2303141

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2303141

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2303141
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantVAXELAIRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 octobre 2023 à 16 heures 33, M. D A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 26 octobre 2023 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités bulgares ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui permettre de déposer une demande d'asile en France et de lui remettre tout effet personnel qui serait en possession de l'administration ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la légalité externe de la décision de transfert :

- les garanties procédurales prévues par le règlement n° 604/2013 n'ont pas été respectées dès lors que la décision contestée ne mentionne aucune information sur le caractère suspensif de l'introduction d'un recours devant la juridiction administrative ;

- le droit à l'information du demandeur d'asile n'a pas été respecté puisqu'il n'a pas reçu d'information quant à l'application du règlement Eurodac ;

- il n'a pas bénéficié d'un entretien confidentiel et individuel avant que ne lui soit notifiée la décision de transfert vers les autorités bulgares ;

- il n'a pas été mis à même, faute d'un délai suffisant et d'une audition adaptée à sa situation personnelle, de présenter ses observations sur la décision de transfert aux autorités bulgares ;

- la décision n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'incompétence ;

Sur la légalité interne de la décision de transfert :

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il n'a pas demandé l'asile en Bulgarie ; le préfet doit apporter la preuve que le relevé d'empreintes est bien rattaché à sa personne ;

- elle méconnaît l'article 3 du règlement n° 604/2013 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application de l'article 17 de ce règlement au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il existe en effet des défaillances systémiques du droit d'asile en Bulgarie ;

- elle porte une atteinte manifestement grave et illégale au droit d'asile.

Le préfet du Nord, à qui la requête a été communiquée, n'a pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et le protocole signé à New-York le 31 janvier 1967 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Coudert,

- les observations de Me Vaxelaire, avocate commise d'office, représentant M. A, présent, assisté d'un interprète en langue kurde, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- et les observations de M. C, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant irakien né le 26 juin 2002 à Duhuk (Irak) est entré irrégulièrement en France selon ses déclarations en octobre 2023. Il a été interpellé le 12 octobre 2023 et placé en rétention administrative le même jour. Ce même jour, après avoir relevé ses empreintes décadactylaires, la consultation de la borne Eurodac a révélé que l'intéressé avait déposé une première demande d'asile en Bulgarie. Saisies le 12 octobre 2023 d'une demande de reprise en charge fondée sur l'article 18, paragraphe 1, point b) du règlement (UE) n° 604/2013, les autorités bulgares ont répondu positivement le 23 octobre 2023. Le préfet du Nord a, en conséquence, pris à l'encontre de M. A, un arrêté en date du 26 octobre 2023 portant transfert aux autorités bulgares dont le requérant demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens de légalité externe :

2. En premier lieu, par un arrêté du 20 septembre 2023, publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme B, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment, les décisions de transfert prises en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le moyen d'incompétence de la signataire de l'arrêté litigieux manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

3. En deuxième lieu, est suffisamment motivée, au sens de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision de transfert qui mentionne le règlement du Parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen d'une demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat membre. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise le règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Il mentionne, en outre, que M. A a déposé une première demande d'asile en Bulgarie le 11 septembre 2023 et que les autorités bulgares ont accepté le 23 octobre 2023 sa prise en charge. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

4. En troisième lieu, la circonstance alléguée que la décision contestée ne mentionnerait pas que l'introduction d'un recours devant la juridiction administrative a un effet suspensif, est sans incidence sur sa légalité. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Toute personne relevant de l'article 9, paragraphe 1, de l'article 14, paragraphe 1, ou de l'article 17, paragraphe 1, est informée par l'Etat membre d'origine par écrit et, si nécessaire, oralement, dans une langue qu'elle comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'elle la comprend : / a) de l'identité du responsable du traitement au sens de l'article 2, point d), de la directive 95/46/CE, et de son représentant, le cas échéant ; / b) de la raison pour laquelle ses données vont être traitées par Eurodac, y compris une description des objectifs du règlement (UE) n° 604/2013, conformément à l'article 4 dudit règlement, et des explications, sous une forme intelligible, dans un langage clair et simple, quant au fait que les Etats membres et Europol peuvent avoir accès à Eurodac à des fins répressives ; / c) des destinataires des données ; / d) dans le cas des personnes relevant de l'article 9, paragraphe 1, ou de l'article 14, paragraphe 1, de l'obligation d'accepter que ses empreintes digitales soient relevées ; / e) de son droit d'accéder aux données la concernant et de demander que des données inexactes la concernant soient rectifiées ou que des données la concernant qui ont fait l'objet d'un traitement illicite soient effacées, ainsi que du droit d'être informée des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris les coordonnées du responsable du traitement et des autorités nationales de contrôle visées à l'article 30, paragraphe 1 / () 3. Une brochure commune, dans laquelle figurent au moins les informations visées au paragraphe 1 du présent article et celles visées à l'article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 est réalisée conformément à la procédure visée à l'article 44, paragraphe 2, dudit règlement. / () ".

6. L'obligation d'information prévue par les dispositions de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Il s'ensuit que la méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles le préfet transfère un demandeur d'asile aux autorités compétentes de l'Etat qui s'est reconnu responsable de l'examen de sa demande. Il suit de là que le moyen tiré par M. A de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un Etat membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un Etat membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'Etat membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / () ". Aux termes de l'article 5 de ce règlement : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () ". Aux termes de l'article 20 du même règlement : " 1. Le processus de détermination de l'Etat membre responsable commence dès qu'une demande de protection internationale est introduite pour la première fois auprès d'un Etat membre. () 5. L'Etat membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite pour la première fois est tenu, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, et en vue d'achever le processus de détermination de l'Etat membre responsable de la demande de protection internationale, de reprendre en charge le demandeur qui se trouve dans un autre Etat membre sans titre de séjour ou qui y introduit une demande de protection internationale après avoir retiré sa première demande présentée dans un autre Etat membre pendant le processus de détermination de l'Etat membre responsable. ". L'article 24 de ce règlement ajoute : " 1. Lorsqu'un État membre sur le territoire duquel une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), se trouve sans titre de séjour et auprès duquel aucune nouvelle demande de protection internationale n'a été introduite estime qu'un autre État membre est responsable conformément à l'article 20, paragraphe 5, et à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), il peut requérir cet autre État membre aux fins de reprise en charge de cette personne. / () ".

8. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que si un étranger en situation irrégulière sollicite, auprès des autorités d'un Etat membre, son admission au séjour au titre de l'asile, les autorités compétentes de cet Etat doivent mettre en œuvre les garanties prévues par les articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 en vue de la détermination de l'Etat membre responsable. En revanche, si, à la suite d'une interpellation, un Etat membre constate sur son territoire la présence irrégulière d'une personne qui n'a introduit aucune demande d'asile sur son territoire mais qui a introduit une telle demande sur le territoire d'un autre Etat membre, il peut requérir l'Etat membre qu'il estime responsable aux fins de reprise en charge. Dans ce cas, l'Etat membre requérant, sur le territoire duquel aucune demande de protection internationale n'a été introduite, peut prendre un arrêté de transfert sans mettre en œuvre les garanties prévues par les articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013, qui ne pèsent que sur l'Etat membre dans lequel une demande de protection internationale a été introduite.

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la consultation du fichier Eurodac a permis de révéler que les empreintes de M. A avaient été relevées en Bulgarie le 11 septembre 2023, ce qui a conduit le préfet du Nord à saisir, ainsi qu'il a été dit, les autorités bulgares d'une demande de reprise en charge, qui a fait l'objet d'un accord explicite le 23 octobre 2023. Ainsi, dès lors que M. A n'a jamais sollicité en France son admission au séjour au titre de l'asile, le préfet du Nord n'avait pas à faire précéder son arrêté de transfert des garanties prévues aux articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013, qui ne pèsent que sur l'Etat membre dans lequel une demande de protection internationale a été introduite. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux aurait été pris en méconnaissance de ces dispositions du règlement.

10. En sixième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A n'aurait pas été mis à même, notamment lors de son audition du 12 octobre 2023, de faire valoir les observations utiles sur sa situation préalablement à l'édiction de la mesure de transfert envisagée. Le moyen tiré du non-respect de la procédure contradictoire doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne les moyens de légalité interne :

11. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen ".

12. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit, il ressort des pièces du dossier que la consultation du fichier Eurodac a révélé que les empreintes de M. A avaient été relevées en Bulgarie le 11 septembre 2023 et que les autorités de cet Etat ont explicitement accepté de prendre en charge l'intéressé sur le fondement de l'article 18, paragraphe 1, point b) du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. M. A, qui n'apporte aucun élément tangible à l'appui de son allégation selon laquelle il n'aurait pas demandé l'asile en Bulgarie, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du préfet du Nord serait entaché d'une erreur de droit.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable ". Aux termes de l'article 17, paragraphe 1, de ce même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

14. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.

15. La Bulgarie étant un État membre de l'Union européenne, partie à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complété par le protocole de New York, et à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet État membre est conforme aux exigences de ces conventions. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A serait exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de transfert en Bulgarie, l'intéressé n'ayant rien déclaré à ce sujet dans son entretien du 12 octobre 2023 alors qu'il allègue dans le cadre de la présente instance le risque de violences de la part des forces de police bulgares. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté de transfert de M. A en Bulgarie méconnaîtrait les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ni que le préfet du Nord aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de mettre en œuvre les dispositions de l'article 17, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par suite, ce moyen doit être écarté.

16. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en ordonnant son transfert aux autorités bulgares le préfet du Nord porterait une atteinte grave et illégale au droit d'asile.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté attaqué ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet du Nord.

Lu en audience publique le 2 novembre 2023 à 15 heures 38.

Le magistrat désigné,

B. Coudert

Le greffier,

L. Rémond

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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