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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2303197

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2303197

mercredi 8 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2303197
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantJACQUIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 novembre 2023 à 12 heures 14 et le 7 novembre 2023, M. A C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2023 par lequel le préfet de la Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de 15 jours suivant la notification de la décision à intervenir, en application des dispositions des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;

- les décisions sont insuffisamment motivées ;

- l'arrêté ne lui a pas été notifié dans une langue qu'il comprend ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

- le préfet n'a pas procédé à un examen individuel de sa situation dès lors qu'il n'a pas mentionné les garanties de représentation effective dont il dispose ;

- son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;

- le préfet a commis une erreur d'appréciation quant au risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée ;

- la décision porte une atteinte grave et disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2023, le préfet de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Grandjean, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, magistrate désignée,

- les observations de Me Jacquin, avocate commise d'office, représentant M. C qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et insiste sur l'atteinte que portent les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé, celui-ci étant présent en France depuis cinq ans et disposant de nombreux liens familiaux, amicaux et de voisinage en France, ainsi que sur le caractère disproportionné de la durée de trois ans de l'interdiction de retour sur le territoire français ;

- les observations de M. C, assisté d'une interprète en langue arabe, qui indique qu'il vit bien à Nantes chez son frère en situation régulière et non à Reims où il n'est venu il y a un mois que pour rendre visite à sa nièce étudiante ;

- et les observations de M. D, représentant le préfet de la Marne, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, également connu sous le nom de A B ou Nassim Bet Otman, ressortissant tunisien né le 20 janvier 1992, est, selon ses déclarations, entré en France, sous couvert d'un passeport en cours de validité et revêtu d'un visa court séjour, au printemps 2018. L'intéressé a fait l'objet de précédentes obligations de quitter le territoire français en date des 4 décembre 2019, 13 juillet 2020 et 13 juin 2022. À la suite de son interpellation à Reims pour des faits de dégradations volontaires, le préfet de la Marne a, par un arrêté du 2 novembre 2023, fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français sur le fondement du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et lui a opposé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. C, placé en centre de rétention par une décision du même jour, demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble de décisions :

2. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. Raymond Yeddou, secrétaire général de la préfecture, auquel le préfet de la Marne établit avoir délégué sa signature aux fins de signer les décisions en litige par un arrêté en date du 18 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.

3. En second lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Le requérant ne peut ainsi utilement faire valoir que l'arrêté contesté n'aurait pas été notifié dans une langue qu'il comprend. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait qui fondent la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre du requérant. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Si M. C se prévaut de sa présence sur le territoire français depuis plus de cinq années et de la présence régulière en France d'un de ses frères et de nombreux membres de sa famille, il ne justifie ni de l'une ni de l'autre. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que le requérant aurait noué sur le territoire français de liens d'une particulière intensité alors par ailleurs qu'il ne soutient pas ne plus avoir d'attaches en Tunisie où il a vécu la majeure partie de sa vie et où il ressort des pièces du dossier que vivent sa mère et deux de ses frères. Enfin, il ne peut se prévaloir d'une quelconque intégration en France alors qu'il a été interpellé à différentes reprises pour divers délits, a été condamné le 13 octobre 2020 par le tribunal correctionnel de Nantes à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits d'agression sexuelle, peine qu'il a purgée en 2021 et ne justifie d'aucune activité professionnelle, nonobstant les compétences informatiques dont il allègue disposer. Dans ces conditions, l'obligation de quitter le territoire français que lui a opposé le préfet de la Marne ne peut être regardée comme portant au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision refusant un délai de départ volontaire :

7. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

8. En premier lieu, la décision contestée souligne d'une part, que le requérant a explicitement déclaré son intention de ne pas quitter le territoire français, qu'il est dépourvu de tout document d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifie d'aucune résidence effective et permanente en France, d'autre part, qu'il entre ainsi dans le champ d'application des dispositions citées au point précédent, qui définissent notamment les situations dans lesquelles l'étranger présente un risque de se soustraire à une mesure d'éloignement. Par suite, le préfet, qui a visé le 3° de l'article L. 612-2 et les 2°), 4°), 5°) et 8°) de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a suffisamment motivé sa décision.

9. En deuxième lieu, M. C ne justifie pas, nonobstant ses allégations, disposer d'un hébergement stable et a, en outre, lui-même déclaré, lors de son audition par les services de police de Reims le 2 novembre 2023, résider à Reims depuis six mois sans pouvoir préciser d'adresse. S'il soutient à la barre ne s'être rendu à Reims que pour rendre visite à sa nièce étudiante, cela ne ressort pas de son audition et, en tout état de cause, il n'en justifie pas. Dans ces conditions, le requérant ne peut soutenir que le préfet de la Marne n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. C au motif que l'arrêté ne mentionne pas que, hébergé par son frère à Nantes, il disposerait de garanties de représentation. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

10. En troisième lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que M. C, qui dit être entré sous couvert d'un visa d'une durée de validité de vingt-neuf jours, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour en France depuis l'expiration de celui-ci le 9 avril 2018 et qu'il s'est soustrait à l'exécution de précédentes obligations de quitter le territoire français. D'autre part, le requérant n'est pas en mesure de justifier d'un document de voyage en cours de validité, ni n'établit, malgré ses déclarations, disposer d'un lieu de résidence effective et permanente sur le territoire français. Enfin, il a explicitement exprimé, lors de son audition par les services de police, sa volonté de se maintenir sur le territoire français. Par suite, en refusant d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire, le préfet de la Marne n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation.

11. En dernier lieu, dès lors que le préfet n'a pas fondé la décision refusant un délai de départ sur ce motif, le moyen tiré de ce que le comportement du requérant ne constitue pas une atteinte pour l'ordre public doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait qui fondent la décision fixant le pays de destination, en l'espèce celui dont le requérant a la nationalité. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.

13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. M. C se borne à soutenir que la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 précité de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sans autre précision. Ce faisant, il ne met pas le tribunal en mesure d'apprécier la portée de ce moyen sur la légalité de la décision contestée.

16. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est, en l'espèce, inopérant à l'encontre d'une décision fixant le pays de destination. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

18. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

19. Il résulte de ces dispositions que seules des circonstances humanitaires peuvent faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour lorsque l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et que la durée de cette interdiction doit alors être fixée en prenant en compte la durée de présence en France, les liens tissés, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et la menace à l'ordre public. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, cette circonstance n'est pas retenue au nombre des motifs justifiant la durée de l'interdiction, l'autorité administrative n'est pas tenue, sous peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

20. D'une part, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui fondent la décision portant interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre du requérant. Le moyen tiré de ce que cette mesure d'interdiction de retour serait insuffisamment motivée ne peut donc qu'être écarté comme manquant en fait.

21. D'autre part, M. C n'invoque aucune circonstance humanitaire qui pourrait faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas de la présence régulière alléguée de membres de sa famille, ni en tout état de cause des liens qu'il entretiendrait avec eux alors qu'il ressort des pièces du dossier que sa mère et deux de ses frères notamment vivent en Tunisie où il a lui-même vécu jusqu'à au moins l'âge de vingt-six ans. Eu égard à l'absence de tout élément d'insertion du requérant, qui a en outre été condamné le 13 octobre 2020 à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits d'agression sexuelle et été interpellé à plusieurs reprises pour différents délits, sur le territoire français et à la circonstance qu'il a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement antérieures, le requérant ne démontre pas que, malgré la durée de cinq années de son séjour en France et la présence régulière alléguée de son frère et de sa nièce en France, le préfet de la Marne aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni qu'il aurait commis une erreur d'appréciation en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'instance :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. C au bénéfice de son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Marne.

Lu en audience publique le 8 novembre 2023 à 14 heures 52.

La magistrate désignée,

G. GrandjeanLe greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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