lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2303309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 novembre 2023, Mme B A conteste la décision du 11 octobre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Vosges a refusé de lui accorder la remise de sa dette correspondant à un indu de prime d'activité d'un montant de 1 714,25 euros au titre de la période allant du 1er décembre 2020 au 31 mai 2022.
Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par Mme A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a bénéficié de la prime d'activité à compter du mois de mars 2019. Le 22 décembre 2021, un contrôle de ses ressources est effectué par la caisse d'allocations familiales des Vosges, qui a constaté que la requérante n'a pas inclus dans les ressources qu'elle a déclarées la saisie sur ses salaires effectuée en 2020 et 2021, ni l'intéressement qu'elle a perçu en juin 2021, ni ses indemnités maladie de novembre 2021. La régularisation de son dossier a ainsi généré un trop-perçu de prime d'activité d'un montant de 1 714,25 euros au titre de la période allant du 1er décembre 2020 au 31 mai 2022, qui lui a été notifié par une décision du 5 septembre 2023. Par un courrier du 18 septembre 2023, Mme A a sollicité la remise de sa dette auprès de la CAF des Vosges, qui lui a été refusée par une décision du 11 octobre 2023. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision et, d'autre part, de lui accorder la remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur ou sa bonne foi justifie que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Mme A, dont la bonne foi n'est pas remise en cause, soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette. Il résulte de l'instruction que l'intéressée perçoit des revenus mensuels de 1 050 euros composés de sa pension de retraite, de sa complémentaire, et de prestations sociales, tandis qu'elle doit s'acquitter de charges fixes d'un montant de 800 euros par mois, consistant en des frais de loyer, d'énergie, de téléphonie et d'internet, d'assurance automobile, et de remboursement d'une dette à sa caisse de retraite. Si la CAF fait valoir en défense que les ressources mensuelles de Mme A s'élèvent à 2 649 euros, elle ne précise pas le détail de ce montant, alors qu'elle produit des bulletins de salaires de Mme A de plus de deux ans à la date du présent jugement, qui ne reflètent ainsi pas sa situation financière actuelle. Ainsi, le reste à vivre dont dispose la requérante, après déduction de ses charges, pour ses dépenses de la vie courante, s'élève à 250 euros par mois. Dans ces conditions, la situation financière de Mme A justifie que lui soit accordée la remise totale de sa dette.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales des Vosges a refusé d'accorder une remise de dette à Mme A doit être annulée et qu'une remise totale de dette d'un montant de 1 714,25 euros doit lui être accordée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 octobre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Vosges a rejeté la demande de remise de dette de Mme A est annulée.
Article 2 : Une remise totale de dette d'un montant de 1 714,25 euros résultant d'un indu de prime d'activité pour la période allant du 1er décembre 2020 au 31 mai 2022 est accordée à Mme A.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales des Vosges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
Une copie sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales des Vosges.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2303309
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026