mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2303329 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | COCHE-MAINENTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Coche-Mainente, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2023 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour de six mois renouvelables l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens ainsi qu'une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé et la préfète ne démontre pas avoir procédé à un examen sérieux de sa situation ;
En ce qui concerne la décision refusant le titre de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle peut bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 qui est opposable, dès lors qu'elle justifie d'une présence stable et ininterrompue sur le territoire français depuis 2014 et d'un contrat de travail à durée indéterminée conclu le 7 octobre 2021 ;
- elle peut bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est dépourvue de base légale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant refus de séjour elle-même illégale ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :
- la décision doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est dépourvue de base légale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête de Mme B est irrecevable dès lors que, par un jugement du 10 octobre 2023, le tribunal administratif a rejeté la requête de cette dernière tendant à annuler la décision implicite par laquelle son admission au séjour avait été refusée après avoir été regardée comme tendant à l'annulation de la décision explicite intervenue le 4 septembre 2023.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 20 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- et les observations de Me Coche-Mainente, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante russe née le 16 janvier 1982, est entrée en France au cours de l'année 2014 selon ses déclarations, pour y solliciter le statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 2 novembre 2015 et de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 27 juin 2016. Sa demande de réexamen a également été rejetée par l'OFPRA et par la CNDA respectivement les 17 juillet 2018 et 17 janvier 2019. Elle a fait l'objet de deux mesures d'éloignement en date des 26 août 2016 et 3 septembre 2020 qu'elle n'a pas exécutées. Par un courrier du 30 juin 2022, reçu le 13 juillet 2022 par le préfet de Meurthe-et-Moselle, Mme B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Le préfet a implicitement rejeté cette demande. Par un arrêté du 21 mars 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle, qui a également placé Mme B en rétention administrative, lui a fait obligation, sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra, le cas échéant, être reconduite et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de dix-huit mois. Par un jugement du 11 mai 2023, la magistrate désignée du tribunal administratif de Nancy a annulé cet arrêté. Par un jugement du 10 octobre 2023, le tribunal administratif de Nancy a rejeté le recours formé par la requérante contre la décision que le préfet de Meurthe-et-Moselle a implicitement opposée à la demande de titre de séjour du 13 juillet 2022, ainsi que contre la décision du 4 septembre 2023 intervenue en cours d'instance par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a expressément rejeté sa demande de titre de séjour et à l'égard de laquelle les moyens soulevés contre la décision implicite ont été regardés comme dirigés. Par la requête susvisée, Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 4 septembre 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. Julien Le Goff, secrétaire général, auquel la préfète de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature aux fins de signer les décisions en litige par un arrêté en date du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, sans subordonner cette délégation à une condition d'absence ou d'empêchement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il expose les conditions de l'entrée et du séjour en France de la requérante, sa situation personnelle et familiale et indique de manière détaillée les raisons pour lesquelles la préfète estime que Mme B ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions. Cet arrêté comporte ainsi l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement du refus de titre de séjour. S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire, qui a été prise concomitamment à un refus de titre de séjour, l'arrêté vise les 1° et 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la motivation en fait de la mesure d'éloignement se confond avec celle du refus de titre de séjour, laquelle est, tel qu'il vient d'être dit, suffisante. En outre, l'arrêté attaqué vise les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique qu'aucune circonstance particulière ne justifie qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours soit accordé à Mme B. Cette décision relative au délai de départ de trente jours est, par suite, également suffisamment motivée. Enfin, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait qui fondent la décision fixant le pays de destination, distinctes des considérations attachées aux autres décisions contenues dans l'arrêté en litige. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'ensemble de ces décisions manque en fait et doit, par suite, être écarté.
4. En dernier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, quand bien même plusieurs erreurs matérielles entachent les décisions contestées, ni des pièces du dossier, que la préfète de Meurthe-et-Moselle se serait abstenue de procéder à un examen particulier de la situation de la requérante avant de prendre les décisions litigieuses. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
6. Mme B se prévaut de la durée de sa présence en France depuis 2014 et de la relation qu'elle entretient avec un ressortissant français depuis le mois de juin 2021. Toutefois, alors en outre qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il existe une communauté de vie entre les intéressés, cette relation présente un caractère récent à la date de la décision en litige et le pacte de solidarité (PACS) conclu par les intéressés le 12 février 2024 est, en tout état de cause, postérieur à la décision attaquée. Par ailleurs, si la requérante justifie de liens amicaux tissés grâce à ses diverses activités bénévoles, elle ne démontre pas pour autant, nonobstant son divorce d'avec son époux de nationalité russe, être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-deux ans. Enfin, la seule circonstance qu'elle occupe un emploi à durée indéterminée depuis le 7 octobre 2021 n'est pas, à elle seule, de nature à lui conférer un droit au séjour. Dans ces conditions, et en dépit de ses efforts d'intégration, le refus de titre de séjour en litige n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative doit d'abord vérifier si des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifient la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale ", ensuite, en cas de motifs exceptionnels, si la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " est envisageable. Dans ce dernier cas, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ".
8. Ni la durée de la présence en France de Mme B, ni sa situation personnelle et familiale telle qu'elle a été exposée au point 6 du présent jugement ne constituent des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, l'emploi que Mme B occupe en qualité d'employée polyvalente ne nécessite pas de qualification particulière et la circonstance qu'elle disposait, à la date de la décision attaquée, d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 7 octobre 2021 ne peut non plus suffire à lui donner droit à un titre de séjour " salarié " sur le fondement de cet article. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait porté une appréciation manifestement erronée de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En dernier lieu, les énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur en date du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne constituent pas des lignes directrices dont les intéressés peuvent utilement se prévaloir devant le juge de l'excès de pouvoir. En tout état de cause, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire afin de lui délivrer un titre de séjour, la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme B n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, le moyen tiré de l'illégalité du refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. En second lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux énoncés au point 6 du présent jugement, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait porté une atteinte disproportionnée au respect de son droit à mener une vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation fixant le délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, pour les motifs précédemment exposés, il n'est pas établi que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'éloignement.
13. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
14. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait commis une erreur de droit ou une erreur manifeste d'appréciation en fixant à trente jours le délai de départ volontaire accordé à Mme B pour quitter le territoire français.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision fixant le pays de destination :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
16. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
17. Mme B n'apporte pas suffisamment d'éléments de nature à établir la réalité des craintes qu'elle allègue en cas de retour dans son pays d'origine alors qu'au surplus, le bénéfice de l'asile lui a été refusé à deux reprises par l'OFPRA et la CNDA. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article précité doit être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de Meurthe-et-Moselle, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux dépens :
20. La présente instance ne comporte aucuns dépens. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par Mme B doivent, en tout état de cause, être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par Mme B au bénéfice de son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Coche-Mainente.
Délibéré après l'audience publique du 12 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026