mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2303338 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL NIANGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 novembre 2023 et le 28 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Savouret, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Longlaville a refusé de lui délivrer un permis de construire pour la réhabilitation d'un bâtiment en six appartements, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Longlaville de lui délivrer un permis de construire dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Longlaville la somme de 5 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
- l'article UA12 du plan local d'urbanisme ne s'applique pas au projet, dès lors qu'il s'agit d'une réhabilitation de bâtiment et non d'une construction nouvelle ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme dès lors que des aires de stationnement sont prévues dans l'environnement immédiat du terrain d'assiette du projet ;
- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme ainsi que de l'article UA12 du plan local d'urbanisme, en ce qu'il a ajouté à ces dispositions une condition de pérennité des stationnements crées ;
- elle a transmis un plan de situation des terrains sur lesquels seraient réalisées les aires de stationnement ainsi qu'une attestation justifiant de sa propriété sur ces terrains, de sorte que les dispositions de l'article R. 431-26 du code de l'urbanisme sont respectées ;
- le projet ne porte pas atteinte à la sécurité publique, et pouvait en tout état de cause être autorisé en l'assortissant de prescriptions particulières quant à la réalisation des aires de stationnement, conformément aux dispositions de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme ;
- le projet est conforme aux prescriptions de l'article UA3 du plan local d'urbanisme, dès lors que le terrain d'assiette du projet est desservi par une voie publique d'une largeur d'au moins six mètres hors trottoir, et que le service départemental d'incendie et de secours a émis un avis favorable à celui-ci.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mai 2024, la commune de Longlaville, représentée par Me Niango, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés ;
- le refus de permis de construire aurait également pu être fondé, d'une part, sur l'éloignement excessif des aires de stationnement prévues et, d'autre part, sur l'article UA13 du plan local d'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jouguet, rapporteure,
- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public,
- et les observations de Me Niango, représentant la commune de Longlaville.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé le 21 mars 2023 une demande de permis de construire portant réhabilitation d'un immeuble existant en six appartements, sur la parcelle cadastrée AC n° 913, située 15 rue Jeanne d'Arc à Longlaville (Meurthe-et-Moselle). Par arrêté en date du 23 juin 2023, le maire de la commune de Longlaville a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité. Par un courrier du 23 août 2023, Mme A a formé un recours gracieux qui a été implicitement rejeté. Par la requête susvisée, Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 23 juin 2023, ensemble la décision implicite de rejet née le 25 octobre 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. La motivation n'est pas nécessaire lorsque la dérogation est accordée en application des 1° à 6° de l'article L. 152-6 ".
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour refuser le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Longlaville s'est borné à viser les articles R. 111-2, R. 111-25 et L. 151-33 du code de l'urbanisme et à indiquer que " l'attestation ne permet pas de justifier la pérennité du stationnement " et " qu'il y a un risque de sécurité publique ", sans préciser les éléments de fait sur lesquels il s'est appuyé pour porter une telle appréciation. Dans ces conditions, l'énoncé de ces motifs ne permettait pas à Mme A de comprendre en quoi les exigences du code de l'urbanisme n'étaient pas respectées au regard de la sécurité publique et de la pérennité des stationnements et de pouvoir en contester, le cas échéant, le bien-fondé. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 151-44 du code de l'urbanisme : " Afin d'assurer le stationnement des véhicules motorisés ou des vélos hors des voies publiques, dans le respect des objectifs de diminution de déplacements motorisés, de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile et de réduction de la consommation d'espace ainsi que de l'imperméabilisation des sols, le règlement peut prévoir des obligations de réalisation d'aires de stationnement dans les conditions mentionnées aux articles L. 151-30 à L. 151-37 et dans les conditions du présent paragraphe. / Ces obligations tiennent compte de la qualité de la desserte en transport collectif, de la densité urbaine et des besoins propres au projet au regard des capacités de stationnement ouvertes au public à proximité ". Aux termes de l'article L. 151-33 de ce même code : " Lorsque le règlement impose la réalisation d'aires de stationnement pour les véhicules motorisés, celles-ci peuvent être réalisées sur le terrain d'assiette ou dans son environnement immédiat. / Lorsque le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ne peut pas satisfaire aux obligations résultant du premier alinéa, il peut être tenu quitte de ces obligations en justifiant, pour les places qu'il ne peut réaliser lui-même, soit de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à proximité de l'opération, soit de l'acquisition ou de la concession de places dans un parc privé de stationnement répondant aux mêmes conditions. / Lorsqu'une aire de stationnement a été prise en compte dans le cadre d'une concession à long terme ou d'un parc privé de stationnement, au titre des obligations prévues aux articles L. 151-30 et L. 151-32, elle ne peut plus être prise en compte, en tout ou en partie, à l'occasion d'une nouvelle autorisation ". Aux termes de l'article UA12 du PLU : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques sur des emplacements aménagés. / Suivant la nature et l'utilisation des constructions, les places de stationnement doivent être créées selon les normes suivantes : / Constructions nouvelles à usage d'habitation : / 1 emplacement par tranche de 50 m2 de surface de plancher / () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, pour justifier le refus de délivrance du permis de construire sollicité, le maire de la commune de Longlaville s'est notamment fondé sur les dispositions précitées de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme et sur la circonstance que l'attestation présentée par la pétitionnaire dans son dossier de demande ne permettait pas de justifier de la pérennité du stationnement, en méconnaissance de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme. Il fait valoir que si le projet de réhabilitation d'un bâtiment existant, tel qu'envisagé par Mme A, n'était pas soumis à une obligation spécifique de création d'aires de stationnement telle que fixée par l'alinéa 2 de l'article UA12, il devait respecter une obligation générale de créations d'emplacements dédiés au stationnement, telle qu'établie par le premier alinéa de ce même article. Il résulte toutefois des termes mêmes de cet article, d'une part, que le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions doit être assuré en dehors de la voie publique sur des emplacements aménagés, et, d'autre part, que suivant la nature et l'utilisation des constructions, des normes précises sont édictées quant à la création des aires de stationnement ad hoc. L'article UA12 prévoit dès lors quatre types d'obligations de création d'aires de stationnement selon qu'il s'agit de constructions nouvelles à usage d'habitation, de constructions à usage de bureaux, d'établissements commerciaux ou d'établissements artisanaux. La liste ainsi établie par cet article ne vise pas les réhabilitations de bâtiments existants et ne prévoit en conséquence aucune norme de stationnement spécifique pour ce type de constructions. Cet article ne fixe en outre aucune règle applicable aux constructions ou établissements non listés par lui. Dans ces conditions, dès lors que l'article UA12 du PLU, dont le premier alinéa ne peut être décorrélé du second qu'il introduit, n'impose la création d'aires de stationnement que pour les constructions nouvelles à usage d'habitation, Mme A est fondée à soutenir que l'article UA12 du PLU ne s'appliquait pas au projet en litige. Il en résulte qu'en fondant son refus sur les dispositions de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme, le maire de la commune de Longlaville a commis une erreur de droit.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article R. 111-25 du même code : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement hors des voies publiques des véhicules correspondant aux caractéristiques du projet. / () ".
7. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
8. Pour refuser de faire droit à la demande de Mme A, le maire de la commune de Longlaville s'est également fondé sur l'existence d'une atteinte à la sécurité publique. Il fait ainsi valoir un risque de stationnement irrégulier et anarchique devant le 15 rue Jeanne d'Arc, en raison de l'implantation du parking à 280 mètres des logements, que les usagers n'utiliseront pas en raison de son éloignement, induisant un danger pour la circulation dans cette rue étroite. Toutefois, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la rue précitée serait d'une particulière étroitesse, celle-ci permettant une circulation sur deux voies, avec un trottoir de chaque côté. D'autre part, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les usagers délaisseront les aires de stationnement affectées aux logements, au profit d'un stationnement irrégulier devant le 15 rue Jeanne d'Arc, ni qu'un tel stationnement aurait un impact significatif sur le flux de circulation de cette rue, de telle sorte qu'il présenterait un risque d'atteinte à la sécurité publique. Enfin, il ressort des clichés photographiques librement accessibles sur le site internet " google maps ", que seul le stationnement et non l'arrêt des véhicules est interdit sur la portion de la rue dans laquelle se situe le projet. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que le maire de la commune de Longlaville ne pouvait légalement fonder son refus de permis de construire sur les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
9. En dernier lieu, l'administration peut faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existante à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
10. Cependant, l'administration ne peut utilement demander la substitution au motif illégal retenu par la décision contestée, d'autres motifs, dès lors que la décision n'est pas illégale pour un vice tenant aux motifs qui la fondent, mais pour une irrégularité de forme.
11. Ainsi qu'il a été dit au point 3, l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation. Eu égard à cette irrégularité de forme, la commune de Longlaville ne peut utilement demander la substitution, aux deux motifs illégaux opposés dans l'arrêté attaqué, les motifs qu'elle invoque, tirés de ce que le refus de permis de construire aurait également pu être fondé d'une part, sur l'article UA13 du plan local d'urbanisme, et, d'autre part, sur l'éloignement excessif des aires de stationnement prévues. Dès lors, les demandes de substitution de motif sollicitées par la commune de Longlaville ne peuvent qu'être écartées.
12. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature, en l'état du dossier, à fonder l'annulation de la décision attaquée.
13. Il résulte de tout ce qui précède, que Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que la maire de la commune de Longlaville a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité et par suite, à demander l'annulation de l'arrêté du 23 juin 2023, ensemble la décision du 25 octobre 2023 portant rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
14. D'une part, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
15. Lorsque l'exécution d'un jugement ou d'un arrêt implique normalement, eu égard aux motifs de ce jugement ou de cet arrêt, une mesure dans un sens déterminé, il appartient au juge administratif, saisi de conclusions sur le fondement des dispositions précitées ou d'office, de se prononcer sur la nécessité de prendre une telle mesure, en tenant compte, le cas échéant après une mesure d'instruction, de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si, au vu de cette situation de droit et de fait, il apparaît toujours que l'exécution du jugement ou de l'arrêt implique nécessairement une mesure d'exécution, il incombe au juge de la prescrire à l'autorité compétente.
16. D'autre part, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande () elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet () notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 600-4-1 du même code : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier ".
17. Il résulte de ce qui précède que, lorsque le juge annule un refus d'autorisation après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ou même d'office, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme, demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
En ce qui concerne l'éloignement des aires de stationnement :
18. Conformément à ce qui a été énoncé au point 5 du présent jugement, la commune de Longlaville ne peut utilement opposer à la requérante l'éloignement excessif des aires de stationnement prévues dans le projet. Par suite, ce motif ne fait pas obstacle à la délivrance de l'autorisation d'urbanisme sollicitée.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UA3 du PLU :
19. Aux termes de l'article UA3 du PLU : " 3.1. Accès / Toute occupation et utilisation du sol nécessitant un accès est interdite sur les terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance l'ensemble d'immeubles envisagé et voies rendent difficiles la circulation l'incendie, ou à la destination de l'immeuble ou de notamment, si les caractéristiques de ces ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / 3.2. Voirie / Les voiries automobiles en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre aux véhicules privés et aux véhicules de services publics (lutte contre l'incendie, enlèvements des ordures ménagères) de faire aisément demi-tour ".
20. La commune de Longlaville fait valoir que le projet méconnait les dispositions précitées, particulièrement en ce qui concerne l'accès des véhicules de secours. Il résulte toutefois de l'instruction que les véhicules de secours peuvent aisément accéder à l'immeuble en litige via la rue Jeanne d'Arc, et il ne ressort nullement des pièces du dossier que compte tenu des caractéristiques du projet, ces derniers seraient nécessairement contraints d'accéder à la cour située derrière l'immeuble. Par ailleurs, le SDIS de Meurthe-et-Moselle a émis un avis favorable au projet le 28 mars 2023. Par suite, ce motif ne fait pas obstacle à la délivrance de l'autorisation d'urbanisme sollicitée.
21. Il résulte de tout ce qui précède que le présent jugement annule le refus de permis de construire opposé à Mme A le 23 juin 2023, après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncé dans sa décision, ainsi que ceux qu'elle a pu invoquer en cours d'instance. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée interdisent de prescrire la délivrance du permis de construire pour un motif que l'administration n'a pas relevé ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y ferait obstacle. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Longlaville de délivrer à Mme A le permis de construire sollicité le 21 mars 2023 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux dépens :
22. La présente instance ne comporte aucuns dépens. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par les parties doivent, en tout état de cause, être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Longlaville demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Longlaville une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 23 juin 2023 du maire de la commune de Longlaville est annulé, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux née le 25 octobre 2023.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Longlaville de délivrer le permis de construire sollicité par Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Longlaville versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à Mme A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Longlaville présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles présentées au titre des dépens sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Longlaville.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
A. JouguetLe président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026