jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2303368 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 novembre 2023, M. D A, représenté par Me Bochnakian, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 7 novembre 2023 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 50 euros par jour de retard dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été pris à la suite d'une procédure irrégulière dès lors que la date et la composition de la commission du titre de séjour ne peuvent être vérifiées et qu'il n'est établi ni que la préfète a transmis son dossier aux membres de la commission en l'absence de production de la preuve de cette transmission, ni qu'il a pu présenter ses observations en l'absence de procès-verbal de séance ;
- il est entaché d'une erreur de fait et d'une contradiction de motifs dès lors qu'il indique à tort qu'il ne dispose d'aucune promesse d'embauche ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est présent sur le territoire depuis plus de dix ans ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en France et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'il porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolff, rapporteure,
- et les observations de Me Bochnakian, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant arménien, né le 13 novembre 1981, est entré sur le territoire français le 22 février 2010. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) du 28 juin 2010, refus confirmé par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 9 juin 2011. M. A a ensuite résidé en France régulièrement sous couvert d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " renouvelé annuellement entre le 1er octobre 2014 et le 4 novembre 2016. Le 23 novembre 2016, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " qui lui a été refusée par le préfet de Meurthe-et-Moselle par une décision du 3 août 2017. Le 14 novembre 2017, M. A a présenté une nouvelle demande de délivrance d'un titre de séjour, en se prévalant de sa situation personnelle et familiale, qui lui a été refusée par le préfet de Meurthe-et-Moselle par un arrêté du 28 mai 2018. Le 29 octobre 2019, M. A a formé une nouvelle demande de titre de séjour qui a fait l'objet d'un refus par décision préfectorale du 21 janvier 2020. En dernier lieu, le 21 janvier 2022, M. A a formé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour et de la vie privée et familiale. Le préfet de Meurthe-et-Moselle a saisi la commission du titre de séjour qui a émis un avis défavorable à la délivrance d'un titre de séjour le 10 mars 2023. Par un arrêté du 7 novembre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ". La demande d'avis est accompagnée, conformément à l'article R. 432-7 de ce code, " des documents nécessaires à l'examen de l'affaire, comportant notamment les motifs qui conduisent le préfet à envisager une décision de refus de délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour () ainsi que les pièces justifiant que l'étranger qui sollicite une admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 réside habituellement en France depuis plus de dix ans ". Enfin, aux termes de l'article R. 432-14 du même code : " Devant la commission du titre de séjour, l'étranger fait valoir les motifs qu'il invoque à l'appui de sa demande d'octroi ou de renouvellement d'un titre de séjour. Un procès-verbal enregistrant ses explications est transmis au préfet avec l'avis motivé de la commission. L'avis de la commission est également communiqué à l'intéressé ".
3. Une irrégularité affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'elle a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'elle a privé les intéressés d'une garantie.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal de la séance de la commission du titre de séjour produit en défense, qui recense les membres de la commission présents, et dont la liste est conforme aux dispositions de l'article L. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que celle-ci s'est réunie le 10 mars 2023.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A, accompagné de son conseil, a été entendu par la commission du titre de séjour le 10 mars 2023 et que ses observations ont été retranscrites dans le procès-verbal de séance.
6. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier du courriel envoyé aux membres de la commission départementale du titre de séjour par les services de la préfecture de Meurthe-et-Moselle, le 3 mars 2023 qu'ils ont été rendus destinataires d'une note descriptive de la situation de M. A. Cet envoi précise que les pièces justificatives de sa présence en France peuvent leur être transmises sur demande et, qu'à défaut, elles seront mises à leur disposition en séance. Le procès-verbal de la commission précise que ces pièces ont effectivement été transmises aux membres et qu'elles étaient mises à disposition lors de la séance. Á l'issue de sa réunion, la commission s'est estimée suffisamment informée sur la situation de l'intéressé et s'est prononcée défavorablement à la délivrance d'un titre de séjour au motif d'une fausse déclaration de nationalité à son arrivée en France et d'absence de facteur d'intégration particulier dans la société française. En tout état de cause, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les membres de la commission, lorsqu'ils ont examiné le dossier de M. A, ne disposaient pas des éléments leur permettant de se prononcer de manière éclairée sur sa situation. Dans ces conditions, la circonstance, à la supposer établie, que le préfet n'aurait pas accompagné sa saisine de l'ensemble des pièces qui justifiaient de la présence en France de M. A depuis plus de dix ans, qui n'est d'ailleurs pas contestée, n'est pas susceptible en l'espèce d'avoir exercé une influence sur le sens de la décision de la préfète et n'a privé l'intéressé d'aucune garantie.
En ce qui concerne la légalité interne :
7. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".
8. En présence d'une demande de régularisation sur le fondement de l'article L. 435-1 précité, présentée par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
9. En premier lieu, pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité, la préfète de Meurthe-et-Moselle s'est fondée sur les motifs tirés de ce que, malgré sa présence en France depuis une durée supérieure à dix ans, le requérant ne justifiait pas d'éléments constitutifs de considérations humanitaires ou exceptionnelles, qu'il ne produisait aucune promesse d'embauche, et qu'en tout état de cause, une telle promesse ne constituait une condition ni nécessaire ni suffisante pour permettre la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En retenant de tels motifs, alors que la promesse d'embauche du 7 juin 2022 produite à l'instance est postérieure à sa demande de titre de séjour, la préfète, qui a examiné la situation du requérant au regard des éléments que ce dernier avait fait valoir à l'appui de cette demande, n'a pas entaché sa décision d'une erreur de fait ou d'une contradiction de motifs au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En deuxième lieu, d'une part, le requérant se prévaut de sa présence en France depuis plus de dix ans, de la présence régulière de son frère sur le territoire et de sa vie commune avec sa compagne, Mme B C, et leurs deux enfants, nés respectivement le 28 décembre 2016 et le 13 mai 2019 et scolarisés en France. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en février 2010 et a fait, après avoir été admis au séjour à titre temporaire en qualité d'étudiant du 1er octobre 2014 au 4 novembre 2016, ce qui ne lui donnait pas vocation à s'installer durablement sur le territoire, l'objet de trois refus de séjour les 3 août 2017, 28 mai 2018 et 21 janvier 2020 et, en dernier lieu, d'une obligation de quitter le territoire français. Lors de sa séance du 10 mars 2023, la commission du titre de séjour, sans remettre en cause sa présence en France depuis plus de dix ans, a émis un avis défavorable à son admission au séjour compte tenu de l'absence de facteur d'intégration particulier dans la société française et de la possibilité pour la cellule familiale de se recomposer en Arménie. M. A ne produit aucune autre pièce de nature à établir son intégration et les liens qu'il entretient sur le territoire. S'il n'est pas contesté qu'il a pratiqué à haut niveau la boxe anglaise, il n'en justifie plus depuis 2014. Enfin, il ressort des pièces du dossier que sa compagne, Mme C, ressortissante arménienne, est en situation irrégulière sur le territoire français, qu'elle n'a pas vocation à se maintenir en France et, alors que leurs enfants étaient respectivement âgés de sept et quatre ans à la date de la décision attaquée, il n'est pas fait d'état d'obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue hors de France.
11. D'autre part, pour contester la décision de refus de séjour opposé par la préfète de Meurthe-et-Moselle, M. A se prévaut de sa bonne intégration sur le territoire français et de ses perspectives professionnelles. Il n'est pas contesté qu'il a travaillé en qualité de manœuvre sous couvert de ses titres de séjour en qualité d'étudiant en 2014, 2015 et 2016 et, sous couvert d'une autorisation provisoire de séjour, en 2017, et qu'il a bénéficié d'une précédente promesse d'embauche de la société Adami construction, caduque depuis septembre 2017. Toutefois, au soutien de sa demande d'admission exceptionnelle au titre du travail, M. A se borne à produire une promesse d'embauche datée du 7 juin 2022, soit postérieurement à sa demande de titre de séjour du 21 janvier 2022, au sein de l'entreprise Sahin, en contrat à durée indéterminée en qualité de manœuvre. Cet élément, en l'absence de toute autre pièce relative à son intégration socio-professionnelle, est insuffisant à constituer, à lui-seul, un motif exceptionnel d'admission au séjour au titre du travail.
12. Dans ces conditions, en l'état des pièces du dossier, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle a entaché sa décision d'une erreur manifeste en ne régularisant pas sa situation, à titre exceptionnel, au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
13. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
14. M. A fait valoir qu'il vit en France depuis 2010, qu'il a deux enfants nés sur le territoire, issus de sa relation avec sa compagne, Mme C, qu'il a travaillé de manière régulière en 2014, 2015, 2016 et 2017 alors qu'il était étudiant puis titulaire d'une autorisation provisoire de séjour et a des perspectives d'emploi sérieuses, compte tenu d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée datée du 7 juin 2022, qu'il fait des efforts d'insertion importants, en particulier au regard de sa pratique sportive, et n'a plus aucune attache dans son pays d'origine. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France alors qu'il était âgé de vingt-neuf ans. De plus, la seule circonstance que deux enfants soient nés en France le 26 décembre 2016 et le 13 mai 2019 de sa relation avec une compatriote ne suffit pas à donner un droit au séjour au requérant. Enfin, par les pièces qu'il produit, M. A n'apporte aucun élément de nature à apprécier son insertion dans la société française nonobstant l'ancienneté de son séjour. Il n'établit pas être dépourvu de toute attache familiale ou sociale dans son pays d'origine, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que sa compagne, également de nationalité arménienne, ne pourrait pas l'y suivre. Dans ces conditions, en refusant de délivrer à M. A un titre de séjour, la préfète n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis par la décision en litige. Par suite, en l'état des pièces du dossier, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées doit être écarté.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
16. M. A fait valoir que la préfète aurait méconnu les stipulations précitées dès lors que ses enfants, en particulier sa fille ainée, ont suivi toute leur scolarité en France, y ont acquis les fondamentaux et devront, en cas de retour en Arménie, apprendre une nouvelle langue et écrire dans un nouvel alphabet. Toutefois, ses enfants sont respectivement âgés de sept et quatre ans et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils ne pourraient pas suivre leurs parents en Arménie et y poursuivre leur scolarisation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 22 novembre 2023 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 25 janvier 2024 à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
La rapporteure,
É. WolffLe président,
D. Marti
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2303368
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026