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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2303471

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2303471

vendredi 15 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2303471
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantCOCHE-MAINENTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 décembre 2023 à 15 heures 10 sous le n° 2303471, Mme G B, représentée par Me Coche-Mainente, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 novembre 2023 par laquelle la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin de lui permettre de déposer sa demande d'asile en France ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile hors procédure Dublin sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- la décision méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 16 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- elle méconnaît les dispositions des article 3-2 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- la préfète n'a pas évalué sa vulnérabilité avant l'édiction de la mesure de transfert ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 décembre 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Wolff, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Wolff,

- les observations de Me Coche-Mainente, représentant Mme B, présente à l'audience, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et qui insiste sur le fait que la sœur de la requérante est présente sur le territoire et qu'elle héberge le compagnon de la requérante. Elle précise que leur relation a débuté en juin 2023 et qu'ils se sont fiancés récemment. Elle soutient à l'audience que Mme B justifie d'une solide vie privée et familiale sur le territoire. Elle indique également que la requérante n'a pas déposé de demande d'asile en Italie, pays dans lequel sa pathologie ne sera pas prise en charge. Elle précise que depuis la circulaire du ministre de l'Intérieur italien de décembre 2022, les conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Italie se sont dégradées, d'autant que seul un accord implicite a été donné à la prise en charge de Mme B. Enfin, elle précise que le transfert vers l'Italie crée un risque de renvoi au D " par ricochet ", pays dans lequel elle est exposée à un risque de traitements inhumains et dégradants.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Une note en délibéré, présentée pour Mme B, a été enregistrée le 11 décembre 2023 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante camerounaise, née le 15 novembre 1978, est entrée en France, selon ses déclarations, le 26 avril 2023. Le 2 mai 2023, elle s'est présentée au guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture de la Moselle où une attestation de demandeur d'asile lui a été remise. Après avoir relevé ses empreintes décadactylaires, la consultation de la borne Eurodac a révélé que l'intéressée a transité par l'Italie. Saisies le 27 juin 2023 d'une demande de reprise en charge fondée sur l'article 13, paragraphe 1 du règlement (UE) n° 604/2013, les autorités italiennes ont implicitement accepté la réadmission de l'intéressée. Par un arrêté du 13 novembre 2023, notifié le 21 novembre 2023, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné le transfert de Mme B aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par la présente requête, elle demande l'annulation de cet arrêté du 13 novembre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a déposé sa demande d'asile à la préfecture de la Moselle et a bénéficié, le 2 mai 2023, de l'entretien prévu à l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. A cette occasion, elle s'est vue remettre le 2 mai 2023, soit le jour même où sa demande d'asile a été enregistrée, le guide du demandeur d'asile ainsi que les deux brochures d'information A " j'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et B " je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " en langue française, qu'elle a déclaré comprendre. Ces documents, sur lesquels elle a apposé sa signature sur les premières pages, comprennent l'ensemble des informations devant être communiquées en vertu des dispositions précitées. Il suit de là que Mme B doit être regardée comme ayant reçu les informations prescrites à l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 et dans une langue qu'elle comprend. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. () ".

5. L'intéressée fait valoir qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel dont elle a bénéficié le 2 mai 2023 a été conduit par un agent qualifié au sens des dispositions précitées. Si le résumé de l'entretien individuel de Mme B ne comporte pas le nom et la qualité de l'agent qui a conduit l'entretien, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée a été reçue à la préfecture de la Moselle. Les agents des services de la préfecture de la Moselle, et en particulier les agents recevant les étrangers au sein du guichet unique des demandeurs d'asile mis en place dans cette préfecture, doivent être regardés comme ayant la qualité, au sens de l'article 5 précité du règlement n° 604/2013, de " personne qualifiée en vertu du droit national " pour mener l'entretien prévu à cet article. Le résumé d'entretien, qui a été signé par la requérante, mentionne en outre que l'entretien a été mené par " un agent qualifié de la préfecture ", dans des conditions en garantissant la confidentialité. Dans ces conditions, l'absence d'indication de l'identité de l'agent ayant conduit l'entretien individuel ne l'a pas privée de la garantie tenant au bénéfice de cet entretien et à la possibilité de faire valoir toutes observations utiles. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que les règles de confidentialité n'ont pas été respectées dès lors que l'entretien ne s'est déroulé qu'en présence de l'agent de la préfecture et de Mme B. Enfin, il n'est pas démontré que l'intéressée n'a pas pu faire valoir toutes les observations qu'elle estimait utiles lors de cet entretien alors qu'elle a déclaré être célibataire, ne pas avoir de famille en France et avoir trois enfants au D. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

6. En troisième lieu, contrairement à ce qu'elle soutient, Mme B a indiqué lors de l'entretien individuel conduit le 2 mai 2023 qu'elle était célibataire, qu'elle n'avait pas de famille en France et qu'elle présentait des problèmes de santé, ce que la décision attaquée mentionne. Dans ces conditions, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle avant d'ordonner son transfert aux autorités italiennes. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 16 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 : " 1. Lorsque, du fait d'une grossesse, d'un enfant nouveau-né, d'une maladie grave, d'un handicap grave ou de la vieillesse, le demandeur est dépendant de l'assistance de son enfant, de ses frères ou sœurs, ou de son père ou de sa mère résidant légalement dans un des États membres, ou lorsque son enfant, son frère ou sa sœur, ou son père ou sa mère, qui réside légalement dans un État membre est dépendant de l'assistance du demandeur, les États membres laissent généralement ensemble ou rapprochent le demandeur et cet enfant, ce frère ou cette sœur, ou ce père ou cette mère, à condition que les liens familiaux aient existé dans le pays d'origine, que l'enfant, le frère ou la sœur, ou le père ou la mère ou le demandeur soit capable de prendre soin de la personne à charge et que les personnes concernées en aient exprimé le souhait par écrit. / 2. Lorsque l'enfant, le frère ou la sœur, ou le père ou la mère visé au paragraphe 1 réside légalement dans un État membre autre que celui où se trouve le demandeur, l'État membre responsable est celui dans lequel l'enfant, le frère ou la sœur, ou le père ou la mère réside légalement, à moins que l'état de santé du demandeur ne l'empêche pendant un temps assez long de se rendre dans cet État membre. Dans un tel cas, l'État membre responsable est celui dans lequel le demandeur se trouve. Cet État membre n'est pas soumis à l'obligation de faire venir l'enfant, le frère ou la sœur, ou le père ou la mère sur sole n territoire ".

8. Mme B se prévaut de la présence en France de sa sœur, Mme E C, et indique qu'elle la soutient, notamment dans son suivi médical. Si Mme B produit plusieurs certificats médicaux datés des mois de mai, octobre et novembre 2023 aux termes desquels elle a réalisé des examens médicaux et s'est vue prescrire un traitement médical, elle ne démontre pas être en situation de dépendance vis-à-vis de sa sœur pour des raisons de grossesse, de naissance d'un enfant, de maladie grave, de handicap grave ou de vieillesse. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par la préfète dans l'application des dispositions de l'article 16 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 572-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La procédure de transfert vers l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile ne peut être engagée dans le cas de défaillances systémiques dans l'Etat considéré mentionné au 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ". Par ailleurs, l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 dispose que : " 2. () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un Etat membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier Etat membre auprès duquel la demande a été introduite, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable devient l'Etat membre responsable. ". Enfin, aux termes de l'article 17 du même texte : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ".

10. L'Italie est partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit dès lors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet État membre est conforme aux exigences de la convention de Genève ainsi qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette présomption est toutefois réfragable lorsqu'il y a lieu de craindre qu'il existe des défaillances systémiques de la procédure d'asile et des conditions d'accueil des demandeurs d'asile dans l'État membre responsable, impliquant un traitement inhumain ou dégradant.

11. D'une part, si Mme B se prévaut de ce que l'Italie se caractérise par l'existence de défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile, aucun document versé au dossier ne permet de démontrer que les autorités italiennes ne seraient pas en mesure de traiter sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. En outre, si Mme B produit des certificats médicaux des mois de mai, octobre et novembre 2023 selon lesquels elle a réalisé des examens médicaux et a bénéficié de traitements au centre hospitalier régional universitaire de Nancy, elle ne démontre pas que ces traitements et examens ne puissent être dispensés en Italie et n'établit ainsi pas se trouver dans une situation de particulière gravité rendant nécessaire, pour le pays qui envisage le transfert, d'obtenir au préalable, avant toute exécution matérielle, une garantie individuelle concernant une prise en charge adaptée.

12. D'autre part, Mme B fait valoir qu'elle est fiancée avec M. F A, ressortissant français, et que sa sœur aînée, Mme E C, ressortissante française, est présente sur le territoire. Si Mme B produit des photographies des fiançailles et plusieurs attestations de témoins ayant assisté à cet évènement, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette relation a débuté au mois de juin 2023, soit depuis moins de six mois à la date de la décision attaquée. En outre, si elle justifie, par la production d'actes de naissance camerounais, être la demi-sœur de Mme E C, la seule attestation de cette dernière, selon laquelle le souhait de son époux décédé en septembre dernier était qu'elle les rejoigne en France, ne permet pas d'établir l'intensité de leurs liens. Enfin, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, qui mentionne d'ailleurs les problèmes de santé dont Mme B s'est prévalu lors de son entretien individuel, ni des pièces du dossier que la préfète n'aurait pas procédé à une évaluation de la vulnérabilité de la requérante. Par suite, la préfète n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 3-2 et de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 et dans les conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. Mme B soutient à l'audience que la décision contestée porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Ainsi qu'il a été dit au point 12 ci-dessus, au regard du caractère récent de la relation qu'elle entretient avec M. A, et en l'absence d'élément de nature à démontrer l'intensité de ses liens personnels et familiaux en France, la décision contestée n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, ce moyen doit être écarté.

15. En dernier lieu, la décision de transfert aux autorités italiennes en litige n'a ni pour objet ni pour effet d'éloigner Mme B à destination du D. Le moyen tiré de ce qu'elle serait exposée dans son pays d'origine à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté comme inopérant.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 13 novembre 2023 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné le transfert de Mme B aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

17. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que les sommes demandées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soient mises à la charge de l'État qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G B, à Me Coche-Mainente et à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2023.

La magistrate désignée,

É. Wolff

La greffière

L. Rémond

La République mande et ordonne à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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