jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2303649 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | SELARL AVOCATLOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 décembre 2023 et 24 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Jacquenet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 novembre 2023 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé le renouvellement de sa carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre au directeur du CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle lui permettant d'exercer l'activité privée de sécurité de " transport de fonds - opérateur de traitement de valeur " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du directeur du CNAPS la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- le signataire de l'acte est incompétent ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'agent ayant mené l'enquête n'avait pas d'habilitation pour consulter le système de traitement des antécédents judiciaires ;
- son droit d'être entendu a été méconnu, en violation de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle retient deux mises en cause alors qu'entre 2009 et 2019, il a toujours présenté un casier judiciaire vierge, et aucun antécédent qui aurait pu empêcher la délivrance de sa carte professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de la sécurité intérieure,
- le code de justice administrative.
Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience, n'étaient ni présentes ni représentées.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Samson-Dye, présidente-rapporteure,
- et les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, titulaire d'une carte professionnelle l'autorisant à exercer des activités de sécurité privée, a sollicité le renouvellement de cette carte professionnelle. Par une décision du 3 novembre 2023, le directeur du CNAPS lui en a refusé le renouvellement sur le fondement du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : () 2° A transporter et à surveiller, jusqu'à leur livraison effective, des bijoux représentant une valeur d'au moins 100 000 euros, des fonds, sauf, pour les employés de La Poste ou des établissements de crédit habilités par leur employeur, lorsque leur montant est inférieur à 5 335 euros, ou des métaux précieux ainsi qu'à assurer le traitement des fonds transportés ; () ". L'article L. 612-20 du même code dispose que : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à la délivrance d'une carte professionnelle pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
4. Pour rejeter la demande de renouvellement de la carte professionnelle de M. B, le directeur du CNAPS s'est fondé sur la circonstance que les agissements de ce dernier étaient contraires à la probité, dès lors qu'il avait été mis en cause, en qualité d'auteur, le 9 décembre 2021 à Lunéville pour un fait de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, menace de mort réitérée par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité et destruction d'un bien appartenant à autrui et, le 18 janvier 2020, à Epinal pour injure publique. Dès lors, bien que la décision en litige fasse suite à une demande de M. B, elle est fondée sur des motifs relatifs au comportement personnel de celui-ci. Dans ces conditions, ces motifs ne pouvaient lui être opposés sans qu'il ait été préalablement mis en mesure de présenter ses observations, en application de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Ainsi que le soutient M. B, le CNAPS a méconnu l'exigence d'une procédure contradictoire prévue par ces dispositions, en s'abstenant de mettre en œuvre une telle procédure avant l'édiction de la décision litigieuse, l'intéressé n'ayant au demeurant pas présenté d'observations de manière spontanée. Ce vice de procédure a effectivement privé le requérant d'une garantie, en faisant obstacle à ce qu'il évoque, devant le CNAPS, le fait qu'il contestait la matérialité des faits d'injure publique, ainsi que le contexte dans lequel se sont inscrits les faits de violence conjugale.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à soutenir que la décision du directeur du CNAPS en date du 3 novembre 2023 est illégale et à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. L'annulation prononcée par le présent jugement implique seulement, compte tenu du motif sur lequel elle repose, que l'autorité administrative compétente réexamine la demande de carte professionnelle de M. B, dans le respect des exigences procédurales applicables, et en prenant en compte les éléments de faits susceptibles d'être pris en considération à la date de ce réexamen. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au CNAPS de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
7. D'une part, la présente instance n'a pas donné lieu à des frais susceptibles d'être qualifiés de dépens, au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
8. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CNAPS, partie perdante, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité du 3 novembre 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de réexaminer la demande de carte professionnelle de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience publique du 17 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Samson-Dye, présidente-rapporteure,
M. Bastian, conseiller,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
La présidente-rapporteur
A. Samson-Dye
L'assesseur le plus ancien,
P. Bastian
La greffière
L. Bourger
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2303649
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026