lundi 24 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2400030 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 janvier 2024, Mme A B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 septembre 2023 par laquelle la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande de remise de dette correspondant à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 17 0647,07 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 17 647,07 euros ;
3°) de mettre à la charge du département de Meurthe-et-Moselle la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle a exercé, préalablement à l'introduction de sa requête, un recours administratif préalable obligatoire ;
- sa requête est recevable dès lors qu'elle a été introduite dans le délai de recours contentieux et qu'elle est dirigée contre une décision lui faisant grief ;
- la décision mettant à sa charge l'indu en litige est entachée de nullité au regard des dispositions des articles R. 133-9-2 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale ;
- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente dès lorsqu'il n'est pas justifié de la publication régulière d'une délégation pour ce faire ;
- la décision contestée a été prise sans que la commission de recours amiable ait été saisie, en méconnaissance des articles R. 262-60 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles ;
- il n'est pas démontré que l'agent de la caisse d'allocations familiales (CAF) en charge du contrôle ait été assermenté, conformément aux dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale ;
- la décision contestée a été prise en méconnaissance de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale, en l'absence d'information de l'usage du droit de communication ;
- la décision attaquée méconnaît les droits de la défense, la procédure contradictoire et l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'administration n'a pas vérifié les motifs pour lesquels elle a résidé à l'étranger ;
- elle ignorait son obligation de résidence stable et effective en France et la CAF a manqué à son devoir d'information en méconnaissance de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale ;
- le département de Meurthe-et-Moselle a commis une erreur de droit en s'abstenant d'examiner la réalité de sa situation ;
- sa bonne foi et sa situation financière justifient que lui soit accordé la remise totale de sa dette.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 août et 13 décembre 2024, le département de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il doit être mis hors de cause s'agissant des décisions relatives à la prime exceptionnelle de fin d'année et à la prime d'activité ;
- les moyens soulevés par Mme B à l'encontre de l'indu de RSA ne sont pas fondés ;
- il ne saurait lui être accordée la remise de sa dette dès lors que sa bonne foi est remise en cause.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 novembre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
1. Mme B a bénéficié du revenu de solidarité active (RSA). A la suite d'un contrôle de sa situation, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle a notifié à l'intéressée un indu de RSA d'un montant de 17 647,07 euros au titre de la période allant de janvier 2020 à décembre 2022, par une décision du 18 janvier 2023. Par un courrier du 5 août 2023, Mme B a sollicité la remise de sa dette, laquelle lui a été refusée par une décision du 21 septembre 2023. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision du 21 septembre 2023 et, d'autre part, de la décharger de l'obligation de payer la somme de 17 647,07 euros.
Sur la demande de remise de dette :
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les moyens tirés de ce que l'indu en litige est entaché de nullité au regard des dispositions des articles R. 133-9-2 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale, de l'incompétence du signataire de la décision en litige, de l'absence d'avis préalable de la commission de recours amiable, du défaut d'assermentation de l'agent de la CAF ayant mené le contrôle, de l'absence d'information de l'usage du droit de communication, de l'insuffisance de motivation et de la méconnaissance des droits de la défense, qui tendent à mettre en cause des vices propres de la décision en litige, sont inopérants et ne peuvent, dès lors, qu'être écartés.
5. En deuxième lieu, si Mme B fait valoir que la CAF de Meurthe-et-Moselle a commis des erreurs de droit en s'abstenant, d'une part, de vérifier les motifs pour lesquels elle a résidé à l'étranger, et d'autre part, d'examiner la réalité de sa situation, ces moyens, qui tendent à remettre en cause le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge, ne peuvent être utilement invoqués à l'appui d'une demande de remise de dette de cet indu.
6. En troisième lieu, si la requérante soutient qu'elle est de bonne foi et que sa situation financière justifie que lui soit accordée la remise totale de sa dette, elle ne donne aucun détail de ses ressources et de ses charges, ni ne produit de justificatifs pour en faire état. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la bonne foi de l'intéressée, Mme B ne démontre pas se trouver dans une situation telle qu'elle devrait se voir accorder la remise partielle ou totale de sa dette.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle du 21 septembre 2023 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin de décharge ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle et à Me Desfarges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2025.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2400030
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026