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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2400044

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2400044

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2400044
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantCISSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Cissé, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 juillet 2023 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a classé sans suite sa demande de titre de séjour au titre de la santé ;

2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 5 décembre 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de M. A.

Des observations présentées en réponse à ce moyen d'ordre public ont été enregistrées le 17 mai 2024 pour M. A, et ont été communiquées.

Un mémoire enregistré le 6 juin 2024 présenté par la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Marti rapporteur,

- et les observations de Me Cissé, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

Sur la requête de M. A :

1. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite le renouvellement de son titre de séjour a le droit, s'il a déposé un dossier complet, d'obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé correspondant, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En outre, le refus d'enregistrer une demande tendant à l'octroi d'un titre de séjour, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir, sauf à ce que le requérant justifie du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.

2. En l'espèce, le préfet de Meurthe-et-Moselle a classé sans suite la demande d'admission au séjour présentée par M. A le 15 décembre 2022 au motif que cette demande était identique à celle qui avait été rejetée par décision du 20 août 2021 et dont la légalité avait été confirmée par jugement du tribunal administratif de Nancy du 24 février 2022 et arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy du 1er février 2024. En effet, le certificat médical en date du 8 mars 2022 produit ne permet pas de caractériser l'existence d'une situation défavorable de l'état de santé du requérant de nature à rendre obsolète l'avis du collège de médecins de l'OFII du 8 janvier 2020. Les certificats médicaux en date du 25 mai 2023, produits par M. A dans le cadre de la présente requête, confirment que ce dernier est atteint des mêmes pathologies que celles déjà portées à la connaissance du collège des médecins de l'OFII. En l'absence d'éléments nouveaux au soutien de sa nouvelle demande d'admission au séjour, la préfète de Meurthe-et-Moselle a légalement pu estimer que celle-ci présentait un caractère abusif et procéder à son classement sans suite. Cette décision ne faisant pas grief à M. A, la requête doit être rejetée comme étant irrecevable.

3. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par M. A et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être également rejetées.

Sur le retrait de l'aide juridictionnelle :

4. En application de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () le bénéfice de l'aide juridictionnelle () est retiré () dans les cas suivants : () 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle a été jugée dilatoire, abusive ou manifestement irrecevable ". L'article 51 du même texte précise que : " Le retrait est prononcé par le bureau qui a accordé l'aide juridictionnelle, excepté dans le cas mentionné au 4° de l'article 50, où il est prononcé par la juridiction saisie ". En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et compte tenu de l'irrecevabilité manifeste de sa requête, de retirer à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale est retiré à M. A.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Cissé.

Délibéré après l'audience publique du 13 juin 2024 à laquelle siégeaient :

M. Marti, président,

M. Durand, premier conseiller,

Mme Wolff, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

Le président,

D. MartiL'assesseur le plus ancien,

F. Durand

Le greffier,

F. Richard

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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