mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2400136 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | MOUDNI-ADAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 janvier 2024, M. D B, représenté par Me Moudni-Adam, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 15 décembre 2023 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays pour lequel il établit être légalement admissible ;
2°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente car le signataire ne justifie pas d'une délégation de signature du préfet ;
- il est entaché d'un défaut de motivation en droit et en fait ;
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine régulière de la commission du titre de séjour et de convocation régulière ; n'ayant pas été convoqué à la bonne adresse, il n'a pu présenter ses observations devant la commission ; il disposait d'éléments susceptibles d'avoir une incidence sur le sens de la décision ;
- il est entaché d'erreur de droit puisqu'il justifie être le père d'un enfant français, exercer l'autorité parentale et participer à son entretien et son éducation ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il porte une atteinte disproportionnée aux intérêts supérieurs de son enfant, tels que défendus par l'article 3-1 de la convention de New York ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut de compétence de son auteur ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une décision en date du 5 février 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin-Rance,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 21 mai 1994, de nationalité algérienne, a déclaré être entré en France le 30 avril 2021. Le 11 mai 2022, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de 24 mois, à la suite de son placement en garde-à-vue pour des faits relatifs à une infraction à la législation sur les stupéfiants. Le 10 janvier 2023, il a effectué une première demande de titre de séjour en qualité de père d'un enfant français. La commission du titre de séjour a donné un avis défavorable lors de sa séance du 13 septembre 2023. L'intéressé a formulé une seconde demande d'admission au séjour le 15 septembre 2023 en faisant valoir sa vie privée et familiale. Le 15 décembre 2023, il a été contrôlé lors d'une visite domiciliaire dans le cadre d'une procédure pour vol, et a été placé en retenue aux fins de vérification de son droit au séjour. Il demande l'annulation de l'arrêté en date du 15 décembre 2023 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays pour lequel il établit être légalement admissible.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé une demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 29 décembre 2023, sur laquelle il a été statué par une décision de la présidente du bureau d'aide juridictionnelle en date du 5 février 2024. Le délai d'un mois dont disposait le requérant pour contester l'arrêté notifié le 15 décembre 2023 ayant ainsi été interrompu, la requête enregistrée le 17 janvier 2024 est recevable.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à toutes les décisions
3. En premier lieu, l'arrêté est signé par Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture, auquel la préfète de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature par un arrêté en date du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, l'arrêté contesté vise notamment l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les articles L. 432-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les éléments de faits retenus par la préfète de Meurthe-et-Moselle pour refuser à M. B la délivrance d'un titre de séjour et l'obliger à quitter le territoire français. Il comprend ainsi les éléments de droit et de faits sur lesquels il se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
5. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco algérien modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins () ".
6. En premier lieu, si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, il n'a toutefois pas entendu écarter, sauf stipulations incompatibles expresses, l'application des dispositions de procédure qui s'appliquent à tous les étrangers en ce qui concerne la délivrance, le renouvellement ou le refus de titres de séjour. Au nombre de ces dispositions, figurent notamment celles qui résultent de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoient que le préfet doit consulter la commission du titre de séjour lorsqu'il envisage de refuser un titre de séjour à un étranger qui en remplit effectivement les conditions.
7. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles () L. 423-7 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ". Aux termes de l'article R. 432-11 du même code : " L'étranger est convoqué devant la commission du titre de séjour dans les délais prévus au premier alinéa de l'article L. 432-15 par une lettre qui précise la date, l'heure et le lieu de réunion de la commission et qui mentionne les droits résultant pour l'intéressé des dispositions du même alinéa. / A sa demande, le maire de la commune dans laquelle réside l'étranger concerné, ou son représentant, est entendu ". Lorsque l'autorité administrative saisit la commission prévue à l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la convocation de l'étranger par écrit au moins quinze jours avant la date de la réunion de cette commission, qui a pour objet d'éclairer l'autorité administrative sur la possibilité de régulariser la situation administrative de l'intéressé, constitue pour ce dernier une garantie. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle soutient qu'un étranger a été régulièrement convoqué à cette réunion, d'établir la date à laquelle ladite convocation a été notifiée à l'intéressé.
8. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 9 mars 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle a informé M. B que sa demande de titre de séjour enregistrée le 10 janvier 2023 serait soumise à l'avis de la commission du titre de séjour. Par un courrier en date du 8 août 2023, il a été informé que cette commission devait se réunir le 13 septembre 2023 et qu'il avait la possibilité d'y être entendu, seul ou assisté d'un conseil ou d'une personne de son choix. Le pli, adressé au 1A rue Bel Air à Laxou, a été présenté par les services postaux le 19 août 2023, et est revenu en préfecture avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B avait informé les services de préfecture de son changement d'adresse. Par suite, la convocation lui ayant été régulièrement notifiée, il n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé d'une garantie à défaut d'avoir pu présenter ses observations devant la commission du titre de séjour.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Si l'accord franco-algérien ne subordonne pas la délivrance d'un certificat de résidence à un ressortissant algérien à la condition que l'intéressé ne constitue pas une menace pour l'ordre public, il ne prive toutefois pas l'administration française du pouvoir qui lui appartient, en application de la réglementation générale relative à l'entrée et au séjour des étrangers en France, de refuser l'admission au séjour en se fondant sur des motifs tenant à l'ordre public.
10. M. B soutient qu'il est le père d'un enfant français né le 15 septembre 2022, sur lequel il exerce l'autorité parentale, qu'il bénéficie d'un droit de visite médiatisé régulièrement honoré et qu'il participe à l'entretien et l'éducation de son fils à hauteur de ses moyens. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, si le juge des enfants lui a accordé des droits de visites médiatisées à l'égard du jeune C, l'ordonnance en assistance éducative en date du 19 mai 2023 est intervenue à la suite d'une plainte déposée par la mère de l'enfant à son encontre pour des faits de violences conjugales, ayant conduit le juge des enfants à suspendre les droits de visites, sorties, accueils à domicile et hébergements dont M. B bénéficiait auparavant. Par un jugement en date du 10 juillet 2023, le tribunal pour enfants de A a renouvelé le placement de son fils à l'aide sociale à l'enfance de Meurthe-et-Moselle et les droits de visite médiatisés du requérant pour préserver l'enfant des tensions entre adultes. Par ailleurs, l'enquête administrative a révélé que M. B a été mis en cause le 10 mai 2022 pour des faits relatifs à des infractions à la législation sur les stupéfiants, qu'il est connu pour avoir utilisé plusieurs identités d'emprunt en France et en Allemagne, et le centre de coopération policière et douanières de Kehl a informé les autorités françaises qu'il était recherché en Allemagne pour avoir commis en 2021 des faits de violences sur les forces de l'ordre et de vols. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces faits aient donné lieu à des décisions de classement sans suite pour insuffisance de charges, de non-lieu ou de relaxe. Au vu de ces éléments, le requérant ne contestant pas la matérialité des faits qui lui sont reprochés, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a commis aucune erreur de droit ni aucune erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public faisant obstacle à la délivrance d'un certificat de résidence algérien en qualité de parent d'enfant français.
11. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. M. B fait valoir qu'il bénéficie de droits de visites médiatisées à l'égard de son fils et à l'égard de la sœur ainée de celui-ci, née le 12 juin 2020. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, compte tenu de son entrée récente en France, de ses antécédents judiciaires et de la circonstance qu'il conserve des attaches fortes en Algérie où résident notamment ses parents et ses deux frères, les éléments invoqués ne suffisent pas pour démontrer qu'en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
14. Ainsi qu'il a été exposé ci-dessus, si le requérant est le père d'un enfant français et bénéficie d'un droit de visite médiatisé à son égard et à celui de la fille de son ancienne compagne, il a été mis en cause pour des faits de violences conjugales, d'infraction à la législation sur les stupéfiants, de vols et de violences sur les forces de l'ordre. Et il ressort des pièces du dossier qu'il est sans domicile fixe. Dans ces conditions, il n'apparaît pas qu'il existerait entre le requérant, son fils et l'enfant de son ancienne compagne un lien d'une intensité telle qu'un éloignement porterait atteinte à l'intérêt supérieur de ces derniers. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
15. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait entaché sa décision portant refus de titre de séjour à M. B d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur la situation personnelle et familiale de l'intéressé.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; ". Selon l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. / Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur ".
17. En l'espèce, M. B justifie être le père du jeune C B, né le 15 septembre 2022, qu'il a reconnu à la naissance, et bénéficier d'un droit de visite médiatisé accordé par une ordonnance en assistance éducative du juge des enfants en date du 19 mai 2023 et par un jugement en assistance éducative du 10 juillet 2023 du tribunal pour enfants de A. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des rapports sociaux du 2 décembre 2022 et du 14 septembre 2023, ainsi que des factures d'achats d'effets pour enfants en date du 18 octobre 2022 et du 22 avril 2023 que l'intéressé honore son droit de visite en se rendant régulièrement au centre maternel et parental de Laxou où son fils est pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, et qu'il contribue à proportion de ses ressources à l'éducation et l'entretien de celui-ci. Il fait dès lors l'objet d'une protection contre l'éloignement au titre du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige, quelle que soit la menace à l'ordre public qu'il représente.
18. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français litigieuse, M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2023 en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
19. L'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français implique seulement, conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il soit enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de réexaminer la situation de M. B. Un tel réexamen devra avoir lieu dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
20. Il ressort des pièces du dossier que M. B est bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale, qui lui a été accordée par décision de la présidente du bureau d'aide juridictionnelle en date du 5 février 2024. Le requérant ne justifie pas avoir exposé dans le cadre de l'instance des frais autres que ceux pris en charge par l'aide juridictionnelle. Par suite, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 décembre 2023 est annulé en tant qu'il oblige M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
La rapporteure,
F. Milin-Rance
Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026