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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2400147

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2400147

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2400147
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU OQTF 6 semaines

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2024, M. A C demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2024 par lequel la préfète de l'Yonne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire est entachée d'incompétence ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'incompétence ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle de M. C par une décision du 5 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né en 1994, serait arrivé irrégulièrement en France en 2022 selon ses déclarations. Ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français et s'y être maintenu sous couvert d'un titre de séjour, le préfet de l'Yonne a pris à son encontre, sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une mesure d'éloignement sans délai de départ volontaire par un arrêté du 16 janvier 2024 dont M. C demande l'annulation.

2. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de l'Yonne a donné délégation à Mme Pauline Girardot, secrétaire générale de la préfecture de l'Yonne, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figure pas la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué en ce qu'il oblige M. C à quitter le territoire national, refuse de lui accorder un délai de départ volontaire et fixe le pays de destination doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". () ".

4. Si M. C, qui serait arrivé en France en 2022, fait valoir qu'il est technicien en fibre optique et a des amis en France, il n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait des attaches particulières en France. Il n'est ainsi pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette mesure a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

5. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire et celle fixant le pays de destination sont illégales en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 janvier 2024. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de l'Yonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.

Le président,

S. B

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400147

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