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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2400467

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2400467

mercredi 21 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2400467
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 février 2024, à 17 heures 36 et des mémoires enregistrés les 19, 20 et 21 février 2024, Mme A D, représentée par Me Sayagh, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet de l'Yonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Yonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du préfet la somme de 3 000 euros à verser à son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable.

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

- elles sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elles sont insuffisamment motivées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision contestée, en ce qu'elle fait application de la loi du 26 janvier 2024 et du nouvel article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, méconnaît le principe de non rétroactivité des actes administratifs ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte atteinte à sa vie privée et familiale ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 631-2 et L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale, la sûreté publique, le bien-être économique ou la sûreté de l'Etat et ses intérêts fondamentaux.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle porte atteinte aux articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle ne présente pas de risque de fuite.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2024, le préfet de l'Yonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

Par un courrier du 21 février 2022, Me Sayagh a informé la juridiction de ce que Mme D serait désormais représentée par l'avocat commis d'office présent à l'audience.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Cabecas, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cabecas ;

- les observations de Mme D, qui accepte d'être désormais représentée par Me Fournier ;

- les observations de Me Fournier, qui accepte de représenter Mme D, en tant qu'avocat commis d'office. Il reprend les moyens et conclusions de la requête et fait valoir en outre que la requérante dispose de l'ensemble de ses attaches familiales sur le territoire français où elle a vécu la majorité de sa vie, que ses deux enfants mineurs, qui résidaient avec leur père durant son incarcération, attendent sa sortie de prison pour vivre de nouveau avec elle et qu'étant jusqu'alors en détention, elle n'était pas en mesure de rassembler les pièces justifiant des liens avec ses enfants et de son droit à obtenir un titre de séjour ;

- et les observations de M. E, représentant du préfet de l'Yonne qui reprend les termes du mémoire en défense et fait en outre valoir que la requérante n'établit pas avoir conservé des liens avec ses enfants et qu'eu égard à ses multiples condamnations, sa présence sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante serbe née le 27 mars 1977, serait entrée pour la dernière fois sur le territoire français au cours de l'année 2000, selon ses déclarations. Elle a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, du 7 septembre 2010 au 25 janvier 2020. Le 18 août 2023, Mme D a sollicité la délivrance d'un titre de séjour auprès des services de la préfecture de l'Yonne. Par un arrêté du 12 février 2024, le préfet de l'Yonne a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant son pays de destination et en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Placée en rétention administrative, Mme D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'étendue du litige :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 ou une décision de placement en rétention prise en application de l'article L. 741-1, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures ". Aux termes de l'article L. 614-9 du même code : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction, (), statue au plus tard quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours. / Dans le cas où la décision d'assignation à résidence ou de placement en rétention intervient en cours d'instance, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue dans un délai de cent quarante-quatre heures à compter de la notification de cette décision par l'autorité administrative au tribunal ". Aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative au sein de la section III " dispositions applicables en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence " : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire ou après avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle en vue de l'introduction d'un tel recours, la procédure se poursuit selon les règles prévues par la présente section. Les actes de procédure précédemment accomplis demeurent valables. () Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire () ".

3. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 614-8 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative qu'il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français, dont il pourrait être saisi. Toutefois, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'un refus de séjour. Ainsi, il n'y a lieu de statuer que sur les conclusions de la requête de Mme D tendant à l'annulation des décisions du 12 février 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du même jour par laquelle le préfet de l'Yonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être réservées jusqu'en fin d'instance devant une formation collégiale du tribunal administratif de Nancy.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

4. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, publié au recueil des actes administratifs du même jour de la préfecture de l'Yonne, le préfet de l'Yonne a donné délégation à Mme B C, sous-préfète, secrétaire générale de la préfecture à l'effet de signer toutes décisions relevant des attributions de l'État dans le département. Dès lors que Mme C était compétente pour signer les décisions en litige, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté contesté contient l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, les dispositions des articles L. 631-2 et L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont applicables aux étrangers ayant fait l'objet d'une mesure d'expulsion. Ils ne peuvent, dès lors, être utilement invoqués par Mme D à l'appui de ses conclusions sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme D réside depuis de nombreuses années sur le territoire français et qu'elle a bénéficié d'un titre de séjour, valable du 7 septembre 2010 au 25 janvier 2020, période durant laquelle elle a exercé un emploi. S'il ressort également des pièces du dossier que Mme D a cinq enfants, de nationalité française, dont deux mineurs, elle ne produit aucune pièce, à l'appui de ses allégations, de nature à établir l'intensité des liens avec ceux-ci. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le comportement de Mme D constitue une menace à l'ordre public dès lors qu'elle a notamment été condamnée, le 29 juillet 2013, à une peine de huit mois d'emprisonnement pour des faits de vol, puis, le 27 août 2015, à une peine de 10 mois d'emprisonnement pour des faits de vol en réunion et, le 28 octobre 2021, à une peine de 4 ans d'emprisonnement pour des faits de participation à une association de malfaiteurs et provocation directe de mineurs à commettre habituellement des crimes ou des délits. Dans ces conditions, eu égard à la menace à l'ordre public qu'elle représente, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

10. Il ressort de ce qui a été dit au point 8 ci-dessus que le comportement de Mme D constitue une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, elle ne dispose pas de garanties de représentation suffisantes dès lors qu'elle n'a pas déclaré de lieu de sa résidence effective et permanente. Elle se trouvait ainsi entrer dans les cas prévus au 8° de l'article L. 612-3 précité, permettant de regarder comme établi, sauf circonstance particulière, le risque qu'elle se soustraie à l'obligation qui lui avait été faite de quitter le territoire français. Elle n'est par conséquent pas fondée à soutenir que le préfet aurait inexactement appliqué les dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

11. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux cités au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. En deuxième lieu, la requérante ne produit aucun élément de nature à démontrer que la décision en litige méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

14. Si, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le comportement de Mme D constitue une menace à l'ordre public, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'elle a résidé de nombreuses années en France dont presque dix ans en situation régulière et qu'elle a cinq enfants de nationalité française. Par suite, la requérante est fondée à soutenir qu'en prononçant à l'encontre de Mme D une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze ans, le préfet a inexactement appliqué les dispositions citées au point 13 ci-dessus.

15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 février 2024 du préfet de l'Yonne uniquement en tant qu'elle prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme D tendant à l'annulation du refus de séjour, ainsi que les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont réservées jusqu'en fin d'instance pour être jugées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Nancy.

Article 2 : L'arrêté du 12 février 2024 du préfet de l'Yonne est annulé en tant qu'il prononce à l'encontre de Mme D une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au préfet de l'Yonne.

Lu en audience publique, le 21 février 2024 à 15 heures 36.

La magistrate désignée,

L. Cabecas La greffière

L. Rémond

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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