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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2400490

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2400490

mercredi 28 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2400490
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantGEHIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 février 2024 à 11h57, et un mémoire complémentaire enregistré le 26 février 2024, Mme G F, représentée par Me Géhin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 2 février 2024, notifié le même jour à 13h50, par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé de son transfert aux autorités portugaises responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un défaut de compétence de son auteur ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il a été pris en méconnaissance des articles 4 et 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 à défaut d'entretien individuel et d'information suffisante ;

- l'entretien individuel n'a pas été mené par une personne qualifiée en vertu du droit national, en méconnaissance de l'article 5.5 du règlement Dublin ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article 29 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, la brochure d'information prévue par ces dispositions ne lui ayant pas été remise ;

- les autorités portugaises n'ayant pas été saisies avant le 7 septembre 2023, la France doit être regardée comme étant responsable de l'examen de sa demande d'asile ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article 18 1 b) du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article 26 de ce règlement dès lors que le Portugal n'a pas donné son accord sur la prise en charge de son second enfant né le 6 décembre 2023 ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait et méconnait l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 et de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 26 février 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Milin-Rance pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Milin-Rance, magistrate désignée,

- les observations de Mme F, assistée d'une interprète en langue lingala, qui indique que sa mère, son frère et sa sœur résident en France mais qu'elle ne connait personne au Portugal,

- la préfète du Bas-Rhin n'étant ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique conformément à l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F, née le 17 octobre 2000, de nationalité congolaise, est entrée en France en vue d'y déposer une demande d'asile qui a été enregistrée le 6 septembre 2023 au guichet unique des demandeurs d'asile de la Moselle. La consultation du fichier VIS ayant révélé qu'elle avait été mise en possession d'un visa délivré par les autorités portugaises et périmé depuis moins de six mois, la préfète du Bas-Rhin a saisi les autorités portugaises d'une demande de prise en charge sur le fondement de l'article 12-4 du règlement UE n°604/2013 du 26 janvier 2013 qui a été expressément acceptée le 26 octobre 2023. Elle demande l'annulation de l'arrêté en date du 26 janvier 2024, par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé de son transfert aux autorités portugaises responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme F au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions en annulation :

4. En premier lieu, l'arrêté contesté est signé par Mme A D, attachée cheffe du pôle régional Dublin, à laquelle la préfète du Bas-Rhin établit avoir délégué sa signature à l'effet de signer les décisions de transfert et d'assignation à résidence, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme E B, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, par un arrêté en date du 26 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise l'article 12-4 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 et mentionne la circonstance que les autorités portugaises, saisies d'une demande de prise en charge, ont donné leur accord le 26 octobre 2023. Il comprend ainsi les éléments de faits et de droit sur lesquels il se fonde. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écart.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement n° 604/1013 du 26 juin 2013 susvisé : " Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment (). / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. ". Aux termes de l'article 5 du même règlement : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4 (). 3. () L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. () 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. () ".

7. Il ressort des termes du résumé de l'entretien individuel dont Mme F a bénéficié le 6 septembre 2023 que cet entretien a été conduit par un agent qualifié de la préfecture de la Moselle, comme en atteste le tampon apposé par le service, dont aucun élément au dossier ne permet de remettre en cause qu'il ait été mandaté à cet effet, après avoir suivi une formation appropriée. Cet entretien a été mené par le biais d'un interprète en lingala, langue que la requérante ne conteste pas comprendre. Il ressort également des pièces du dossier qu'à cette occasion, elle s'est vu remettre le guide du demandeur d'asile, une brochure d'information " A " relative à la détermination de l'Etat responsable et une brochure " B " concernant la procédure Dublin, également rédigées en langue lingala, comportant les informations mentionnées à l'article 4 du règlement du 26 juin 2013. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 4 et 5 du règlement du 26 juin 2013 doivent être écartés.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Toute personne relevant de l'article 9, paragraphe 1, de l'article 14, paragraphe 1, ou de l'article 17, paragraphe 1, est informée par l'Etat membre d'origine par écrit et, si nécessaire, oralement, dans une langue qu'elle comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'elle la comprend : / a) de l'identité du responsable du traitement au sens de l'article 2, point d), de la directive 95/46/CE, et de son représentant, le cas échéant ; / b) de la raison pour laquelle ses données vont être traitées par Eurodac, y compris une description des objectifs du règlement (UE) n° 604/2013, conformément à l'article 4 dudit règlement, et des explications, sous une forme intelligible, dans un langage clair et simple, quant au fait que les Etats membres et Europol peuvent avoir accès à Eurodac à des fins répressives ; / c) des destinataires des données ; / d) dans le cas des personnes relevant de l'article 9, paragraphe 1, ou de l'article 14, paragraphe 1, de l'obligation d'accepter que ses empreintes digitales soient relevées ; / e) de son droit d'accéder aux données la concernant et de demander que des données inexactes la concernant soient rectifiées ou que des données la concernant qui ont fait l'objet d'un traitement illicite soient effacées, ainsi que du droit d'être informée des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris les coordonnées du responsable du traitement et des autorités nationales de contrôle visées à l'article 30, paragraphe 1 / () 3. Une brochure commune, dans laquelle figurent au moins les informations visées au paragraphe 1 du présent article et celles visées à l'article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 est réalisée conformément à la procédure visée à l'article 44, paragraphe 2, dudit règlement. / () ".

9. L'obligation d'information prévue par les dispositions de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Il s'ensuit que la méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles le préfet transfère un demandeur d'asile aux autorités compétentes de l'Etat qui s'est reconnu responsable de l'examen de sa demande. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013: " 1. L'État membre auprès duquel une demande de protection internationale a été introduite et qui estime qu'un autre État membre est responsable de l'examen de cette demande peut, dans les plus brefs délais et, en tout état de cause, dans un délai de trois mois à compter de la date de l'introduction de la demande au sens de l'article 20, paragraphe 2, requérir cet autre État membre aux fins de prise en charge du demandeur./()Si la requête aux fins de prise en charge d'un demandeur n'est pas formulée dans les délais fixés par le premier et le deuxième alinéas, la responsabilité de l'examen de la demande de protection internationale incombe à l'État membre auprès duquel la demande a été introduite ".

11. En l'espèce, la préfète du Bas-Rhin justifie de la saisine des autorités portugaises le 7 septembre 2023, par l'intermédiaire du réseau Dublinet, aux fins de prise en charge de Mme F dans le délai prévu par les dispositions de l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013. Par suite, ce moyen doit être écarté.

12. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que la demande de prise en charge adressée par la préfète du Bas-Rhin était fondée sur l'article 12-4 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 et sur la circonstance que les autorités portugaises ont délivré à Mme F un visa expiré depuis moins de six mois à la date de la demande d'asile. L'arrêté de transfert contesté n'étant ainsi pas fondé sur le b) du 1 de l'article 18 de ce règlement, le moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition doit être écarté.

13. En septième lieu, la requérante, qui se prévaut de la naissance de sa deuxième fille le 6 décembre 2023, doit être regardée comme soulevant un moyen tiré de la méconnaissance de l'article 20 du règlement UE n° 604/2013 du 6 juin 2013. Aux termes de ces dispositions : " 3. Aux fins du présent règlement, la situation du mineur qui accompagne le demandeur et répond à la définition de membre de la famille est indissociable de celle du membre de sa famille et relève de la responsabilité de l'État membre responsable de l'examen de la demande de protection internationale dudit membre de la famille, même si le mineur n'est pas à titre individuel un demandeur, à condition que ce soit dans l'intérêt supérieur du mineur. Le même traitement est appliqué aux enfants nés après l'arrivée du demandeur sur le territoire des États membres, sans qu'il soit nécessaire d'entamer pour eux une nouvelle procédure de prise en charge. "

14. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin a informé les autorités portugaises le 7 septembre 2023 que Mme F était enceinte de six mois et le 19 janvier 2024 que la naissance de sa fille C était intervenue le 6 décembre 2023. L'accord de prise en charge de la requérante étant intervenue le 26 octobre 2023, complétée le 8 janvier 2024 par un accord concernant sa fille ainée Alfania, il ne ressort pas des dispositions précitées que la décision de transfert était subordonnée à un nouvel accord des autorités portugaises sur la prise en charge de l'enfant C née en cours de procédure. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

15. En huitième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est dépourvu des précisions permettant d'en vérifier le bien-fondé.

16. Enfin aux termes aux termes de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 précité, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

17. Si la requérante invoque la nécessité que sa demande d'asile soit examinée en France en se prévalant de la présence régulière de sa mère, de sa sœur et de deux frères, elle ne justifie pas de tels liens de parenté et ne démontre pas entretenir avec ces personnes des liens anciens, intenses et stables, alors que les documents qu'elle produit indiquent que les intéressés ont demandé leur admission au séjour dans les départements de l'Essonne, du Lot-et-Garonne, en Seine-Maritime et dans le Jura. Dans ces conditions, la préfète du Bas-Rhin n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation ni porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 janvier 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé de transférer Mme F aux autorités portugaises responsables de l'examen de sa demande d'asile, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance, doivent être rejetées.

D E C I D E

Article 1er : Mme F est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G F, à Me Géhin et à la préfète du Bas-Rhin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2024.

La magistrate désignée,

F. Milin-RanceLa greffière,

A. Mercy

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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