LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2400499

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2400499

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2400499
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantBACH-WASSERMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 février 2024, M. B A, représenté par Me Bach-Wassermann, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 6 novembre 2023 par lesquelles la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans le même délai ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la requête est recevable ;

- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation :

. d'une part, le préfet commet une erreur d'appréciation en considérant qu'il peut bénéficier d'un traitement approprié et peut voyager sans risque vers son pays d'origine ;

. d'autre part, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a plus de famille au Maroc ; sans la présence de sa mère, il refuse toute nourriture et tout traitement ; il est dans une situation de dépendance totale à l'égard de celle-ci.

Par des mémoires en défense enregistrés les 13 et 20 mars 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 14 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,

- et les observations de Me Jacquin, substituant Me Bach-Wassermann, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né le 23 mai 1999, est entré en France le 7 mars 2021 selon ses déclarations. Le 15 septembre 2022, M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant de son état de santé. Par un arrêté du 6 novembre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation des décisions lui refusant le séjour et l'obligeant à quitter le territoire français.

2. Par son avis émis le 14 avril 2023, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et que son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.

3. Toutefois, en l'espèce, M. A, placé sous la tutelle du centre psychothérapeutique de Nancy par un jugement du juge des tutelles du tribunal judiciaire de Nancy en date du 11 juillet 2022 pour une durée de 120 mois, verse à l'instance notamment un certificat médical du médecin psychiatre traitant, un compte rendu de sa situation par la préposée de l'établissement chargée du suivi de l'intéressé dans le cadre de la mesure de tutelle et un témoignage de sa mère qui assure son accompagnement quotidien. Il en ressort que l'intéressé, qui a développé sa pathologie au cours de son parcours migratoire, n'a, malgré le lourd traitement médicamenteux prescrit, retrouvé aucune capacité d'initiative, est assisté par sa mère dans ses actes quotidiens les plus ordinaires et refuse tout traitement qui ne lui est pas administré par cette dernière et toute autre alimentation que celle qu'elle lui prépare au point de souffrir d'anorexie sévère dans le cas contraire. Compte tenu de cette extrême dépendance à l'égard de sa mère, il ressort des pièces du dossier que M. A n'est pas en mesure de bénéficier des soins nécessaires dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de seize ans, où il sera isolé dès lors qu'il n'est pas contesté que ses grands-parents sont décédés et où sa mère, mariée à un ressortissant français avec lequel elle a eu deux enfants nés respectivement en 2014 et 2016, ne pourra le suivre.

4. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle et à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision du 6 novembre 2023 par laquelle la délivrance d'un titre de séjour lui a été refusée. Par voie de conséquence, la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être également annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Compte tenu du motif d'annulation des décisions attaquées, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. A dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.

Sur les frais liés à l'instance :

6. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Bach-Wassermann, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Bach-Wassermann de la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er :Les décisions du 6 novembre 2023 par lesquelles la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A et lui a fait obligation de quitter le territoire français sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros à Me Bach-Wassermann, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Bach-Wassermann renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Bach-Wassermann.

Délibéré après l'audience publique du 2 avril 2024 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Milin-Rance, première conseillère,

Mme Grandjean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

La rapporteure,

G. Grandjean Le président,

B. Coudert

La greffière,

A. Mathieu

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions