jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2400517 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SELARL CL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 février 2024, 12 et 29 mars 2024 et 30 août 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du directeur de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse du 22 décembre 2023 portant suspension provisoire de ses fonctions ;
2°) d'annuler le courrier du directeur de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse du 4 mars 2024, remis le 6 mars 2024 ;
3°) de lui verser les primes de direction qui ne lui ont pas été versées au titre sa période de suspension et de l'indemniser à raison du préjudice moral qu'il a subi.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pu avoir accès à son dossier disciplinaire alors que la décision de suspension considère les faits qui lui sont reprochés comme matériellement acquis et comme susceptibles de fonder une sanction ;
- les faits sur lesquels s'est fondé le directeur de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse ne sont pas matériellement établis ;
- les faits qui lui sont reprochés sont antérieurs à sa prise de fonction en qualité de directeur du centre de formation d'apprentis de Bar-le-Duc.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2024, l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse, représenté par Me Loctin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables en l'absence de liaison du contentieux ;
- les conclusions tendant au rétablissement public de la vérité sont imprécises et dès lors irrecevables ;
- les moyens soulevés sont dépourvus de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 12 décembre 2024, les parties ont été informées, conformément aux dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation du courrier du 6 mars 2024 qui est un acte préparatoire de la décision de sanction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frédéric Durand, rapporteur,
- les conclusions de Mme Céline Marini, rapporteure publique,
- les observations de M. B,
- et les observations de Me Barbier-renard, substituant Me Loctin, représentant l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté en septembre 2023 en qualité de directeur adjoint du centre de formation d'apprentis de Bar-le-Duc, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée. Le 2 octobre 2023, des faits constitutifs d'agissements sexiste et sexuel ont été dénoncés à l'encontre de l'intéressé. Une enquête administrative a alors été diligentée par la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt, autorité de tutelle de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse. Et, le 22 décembre 2023, le directeur de cet établissement a décidé de suspendre M. B de ses fonctions pour une durée de quatre mois. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre le courrier du 4 mars 2024 :
2. Par un courrier du 4 mars 2024, remis à M. B, le 6 mars 2024, le directeur de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse a convoqué l'intéressé à un entretien préalable à son licenciement pour faute. Si le requérant demande au tribunal d'annuler ce courrier, cet acte ne constitue cependant qu'un acte préparatoire à la décision de sanction et ne présente pas de caractère décisoire. Par suite, les conclusions tendant à son annulation doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne la décision portant suspension des fonctions :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 43 du décret du 17 janvier 1986 : " En cas de faute grave commise par un agent contractuel, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité définie à l'article 44. La durée de la suspension ne peut toutefois excéder celle du contrat. () ". La mesure de suspension susceptible d'être prise à l'égard d'un agent contractuel, sur le fondement de ces dispositions revêt le caractère non d'une sanction disciplinaire, mais d'une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service. Elle n'est pas au nombre des décisions qui doivent obligatoirement être motivées et avant l'intervention desquelles la personne concernée doit être mise à même de consulter son dossier. Une telle mesure peut être prononcée lorsque les faits imputés à l'agent présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et que la poursuite des activités de l'intéressé présente des inconvénients suffisamment sérieux pour le service.
4. Il ressort des pièces du dossier et des termes de la décision attaquée que M. B a été reçu le 22 décembre 2023 par le directeur de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse et qu'à l'issue de cet entretien ce dernier a notifié à l'intéressé la décision portant suspension de ses fonctions. Si M. B soutient qu'il a été privé de la possibilité de consulter son dossier disciplinaire préalablement à la prise de cette décision et que l'entretien qu'il a eu avec le directeur n'a duré que cinq minutes au cours desquels il n'a pu s'entretenir de la matérialité des faits qui lui sont reprochés, il ressort de ce qui a été dit au point précédent que la décision contestée présente un simple caractère conservatoire dont l'adoption n'est pas conditionnée par la possibilité, pour l'agent suspendu, de consulter son dossier. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En second lieu, il est reproché à M. B d'avoir tenu des propos et attitudes vulgaires, injurieux, discriminatoires, sexistes et à caractère sexuel à destination d'agents publics et d'apprenants, d'être l'auteur de faits de harcèlement sexuel, d'avoir tenu des propos indignes envers la hiérarchie et utilisé la boîte de messagerie professionnelle et les réseaux sociaux afin d'en effectuer la diffusion.
6. Pour considérer ces faits comme vraisemblables, l'administration s'est fondée sur le signalement adressé au directeur de l'établissement par un représentant du personnel faisant état de propos vulgaires et sexistes tenus à l'encontre d'une secrétaire ainsi que sur les témoignages recueillis par la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt auprès d'enseignants et d'élèves, faisant état d'un comportement grossier et verbalement violent adopté par M. B, tant à l'égard des collègues que des apprentis ou encore des agents du service régional de la formation et du développement. Au regard du caractère concordant des divers témoignages ainsi recueillis, au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision, les faits reprochés à M. B pouvaient être considérés comme présentant un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité. Par suite, sans que M. B puisse valablement soutenir que les faits reprochés sont antérieurs à sa prise de fonctions, l'administration n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 43 du décret du 17 janvier 1986 en prenant, le 22 décembre 2023, la mesure attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de la Meuse.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Davesne, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
S. DavesneLe greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2400517
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026