mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2400617 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête enregistrée le 27 février 2024, sous le n° 2400613, Mme C A, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 26 décembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental des Vosges lui a retiré son agrément ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Vosges de procéder au rétablissement de son agrément d'assistante familiale sous quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard sur le fondement des articles L. 911-1 et suivant du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge du département des Vosges la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision de retrait d'agrément la prive de la possibilité d'exercer sa profession, caractérise un trouble dans ses conditions d'existence et réduit de manière substantielle le montant de ses revenus ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
* la décision est entachée d'incompétence quant à l'auteur de l'acte ;
* elle est insuffisamment motivée en fait ;
* elle a été prise à la suite d'une procédure irrégulière dès lors que le dossier administratif qui lui a été communiqué était incomplet, en méconnaissance de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905, de l'article 1-1 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 et de l'article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles, ce qui la prive d'une garantie procédurale, que le président de la commission consultative paritaire n'est pas désigné conformément à l'article R. 421-28 de ce même code, que les représentants élus des assistants maternels et familiaux n'ont pas été convoqués et qu'ils n'ont pas eu accès à son dossier, conformément à l'article R. 421-23 du même code ;
* la transmission incomplète de ce dossier méconnait le principe général du contradictoire et des droits de la défense ;
* elle est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnait les articles L. 421-3 et L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2024, le département des Vosges conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas établie dès lors que la requérante, qui a formé son recours tardivement, n'apporte aucun élément de nature à établir l'existence de troubles dans les conditions d'existence, qu'elle perçoit un revenu de remplacement, que l'ensemble de ses charges n'est pas justifié et que les revenus dont elle se prévaut correspondent pour partie à des indemnités destinées à compenser les frais nécessaires à l'entretien des enfants ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
II- Par une requête enregistrée le 27 février 2024, sous le n° 2400614, Mme C A, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 22 janvier 2024 par laquelle le président du conseil départemental des Vosges l'a licenciée ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Vosges de procéder à sa réintégration dans les effectifs sous quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard sur le fondement des articles L. 911-1 et suivant du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge du département des Vosges la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée la prive d'exercer sa profession, caractérise un trouble dans ses conditions d'existence et la prive de revenus ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
* la décision est entachée d'incompétence quant à l'auteur de l'acte ;
* elle est insuffisamment motivée en fait ;
* est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été avisée par lettre recommandée de la tenue d'un entretien préalable à son licenciement ;
* elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de retrait d'agrément du 26 décembre 2023.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2024, le département des Vosges conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas établie dès lors que la requérante, qui a formé son recours tardivement, n'apporte aucun élément de nature à établir l'existence de troubles dans les conditions d'existence, qu'elle perçoit un revenu de remplacement, que l'ensemble de ses charges n'est pas justifié et que les revenus dont elle se prévaut correspondent pour partie à des indemnités destinées à compenser les frais nécessaires à l'entretien des enfants ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
III - Par une requête enregistrée le 27 février 2024, sous le n° 2400617, M. B A, représenté par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 26 décembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental des Vosges lui a retiré son agrément ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Vosges de procéder au rétablissement de son agrément d'assistant familial sous quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard sur le fondement des articles L.911-1 et suivant du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge du département des Vosges la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soulève les mêmes moyens que ceux présentés par son épouse dans la requête n° 2400613.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2024, le département des Vosges conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas établie, pour les mêmes motifs que dans le cadre de la requête n° 2400613 ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- les requêtes aux fins d'annulation enregistrées le 27 février 2024 sous les numéros 2400612, 2400615 et 2400616.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 mars 2024 à 10h00 :
- le rapport de M. Di Candia, juge des référés,
- les observations de Me Richard, substituant Me Cacciapaglia, pour M. et Mme A, qui reprend les conclusions et les moyens soulevés à l'appui de leurs requêtes ;
- les observations de M. D, pour le département des Vosges, qui reprend les conclusions et les moyens développés dans les mémoires en défense.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 13 mars 2024 à 10h24.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, tous deux assistants familiaux employés par le département des Vosges, disposent à ce titre d'un agrément qui leur permet d'accueillir, pour Madame, jusqu'à trois enfants à titre permanent, et pour Monsieur, un enfant à titre permanent et un enfant en relais. Après la suspension de leur agrément par des décisions du 22 septembre 2023, le président du conseil départemental des Vosges a, par des décisions du 26 décembre 2023, procédé au retrait des agréments de M. et Mme A. Puis, par un arrêté du 22 janvier 2024, il a procédé au licenciement de Mme A, Monsieur ayant parallèlement reçu notification d'une décision de licenciement émanant de l'association vosgienne pour la sauvegarde de l'enfance, de l'adolescence et des adultes. Par les trois requêtes qu'il y a lieu de joindre pour qu'il y soit statué par une seule ordonnance, M. et Mme A demandent au juge des référés, d'une part, chacun en ce qui les concerne, la suspension de l'exécution des décisions prononçant le retrait de leurs agréments, d'autre part, en ce qui concerne Mme A seule, la suspension de la décision prononçant son licenciement.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En premier lieu, les moyens invoqués par M. et Mme A à l'appui de leurs demandes de suspension des décisions du 26 décembre 2023, portant retrait d'agrément, lesquels sont tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de l'absence de motivation, du vice de procédure, pris dans ses différentes branches, de la méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense, et de ce que le président du conseil départemental aurait fait une inexacte application des articles L. 421-6 et R. 421-6 du code de l'action sociale et des familles, ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de celles-ci.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles : " () En cas de retrait d'agrément, l'employeur est tenu de procéder au licenciement par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. () ".
5. Il est constant que le président du conseil départemental des Vosges a prononcé le licenciement de Mme A en application de l'article L. 423-8 précité. Ainsi, dès lors que le président du conseil départemental des Vosges était en situation de compétence liée pour prononcer le licenciement de Mme A sur le fondement de ces dispositions et le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de retrait d'agrément pouvant être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 3, aucun des moyens n'est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision prononçant le licenciement de Mme A.
6. Par suite, il y a lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter les conclusions aux fins de suspension des requérants ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes n° 2400613, 2400614 de Mme A et 2400617 de M. A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, à M. B A et au département des Vosges.
Fait à Nancy, le 26 mars 2024.
Le juge des référés,
O. Di Candia
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 2400613, 2400614 et 2400617
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026