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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2400624

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2400624

vendredi 15 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2400624
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantCORSIGLIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 28 février 2024 à 8 heures 48 sous le numéro n° 2400623 et un mémoire enregistré le 6 mars 2024, M. D A, représenté par Me Corsiglia, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2024 par lequel la préfète de la Haute-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement à son profit de cette même somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle est fondée sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur de droit au regard de la décision n° 213584 Diaby du Conseil d'Etat en date du 23 juin 2000 ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- en tout état de cause, elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, faute pour la préfète d'avoir fait usage de son pouvoir discrétionnaire ;

Sur les moyens propres à la décision de refus de délai de départ volontaire :

- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur de droit et de fait dès lors que son comportement n'est pas constitutif d'une menace pour l'ordre public ;

Sur les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation ;

Sur le moyen propre à la décision fixant le pays de destination :

- cette décision sera annulée par voie de conséquence ;

Sur les moyens propres à la décision portant assignation à résidence :

- cette décision sera annulée par voie de conséquence ;

- elle est entachée d'illégalité dès lors qu'il est impossible de l'exécuter.

Des pièces complémentaires enregistrées pour M. A le 6 mars 2024, ont été communiquées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2024, la préfète de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle sollicite une substitution de base légale en soulignant que la décision portant obligation de quitter le territoire français aurait dû être fondée sur les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle fait valoir que la décision portant refus de délai de départ volontaire peut être fondée sur les dispositions combinées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des 3° et 8° de l'article L. 612-3 du même code, et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

II. Par une requête enregistrée le 28 février 2024 à 8 heures 50 sous le numéro n° 2400624, M. D A, représenté par Me Corsiglia, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement à son profit de cette même somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'erreur de fait.

Par un mémoire, enregistré le 5 mars 2024, la préfète de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la préfète de Meurthe-et-Moselle qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Philis, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Philis, magistrate désignée ;

- et les observations de Me Corsiglia qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens en précisant que :

. en ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 3° de l'article L. 611-1, une décision de classement sans suite pour incomplétude du dossier de demande d'un titre de séjour ne fait pas grief et ne constitue pas une décision de refus de séjour ;

. en ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de la jurisprudence Diaby du Conseil d'Etat, la mesure d'éloignement est illégale dès lors que M. A doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

. en ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur de droit et d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. A entretient des liens avec ses parents qui résident régulièrement en France. S'il entretient une relation avec une ressortissante étrangère en situation irrégulière, il justifie de son intégration par le travail, par les formations qu'il a suivies et par la durée et les conditions de son séjour sur le territoire où ses intérêts privés et familiaux ont été transférés. Il a notamment entrepris des démarches pour trouver un nouvel emploi dès le terme de son contrat de travail résultant de la fermeture de l'entreprise qui l'emploie et dispose d'une promesse d'embauche antérieure à la décision attaquée. Par ailleurs, M. A, de nationalité indéterminée jusqu'à la délivrance récente d'un passeport par la Géorgie, ne constitue pas une menace à l'ordre public dès lors que les faits mentionnés dans la décision attaquée sont isolés et sans gravité et qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale ;

. en ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur de fait et de l'erreur d'appréciation quant à l'existence de circonstances humanitaires faisant obstacle au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français, M. A apporte son aide à sa mère compte tenu de l'âge et des multiples et lourdes pathologies dont souffrent son père ;

. en insistant sur le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, sur le moyen tiré de l'erreur de droit et de fait soulevé à l'encontre de la décision de refus de délai de départ volontaire dès lors que le comportement de M. A n'est pas constitutif d'une menace pour l'ordre public, sur les exceptions d'illégalité soulevées dans ses écritures, sur les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen soulevés à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français ;

. en demandant au tribunal d'écarter la substitution de base légale sollicitée par la préfète dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut pas être fondée sur les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

. en invitant le tribunal à ne pas regarder la préfète comme sollicitant une substitution de la base légale de la décision de refus de délai de départ volontaire ;

. et en ajoutant qu'il sera nécessairement enjoint à l'administration de réexaminer la situation du requérant consécutivement à l'annulation des décisions attaquées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée dans l'instance n° 2400623, le 6 mars 2024 à 17 heures 17, et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 2 septembre 1995 à Moscou, est entré en France, alors qu'il était mineur, en 2011. Il a été titulaire de plusieurs titres de séjour portant la mention vie privée et familiale dont le dernier expirait le 23 février 2023. Le 22 février 2023, M. A a sollicité auprès des services de la préfecture de Meurthe-et-Moselle le renouvellement de son titre de séjour, demande qui a été classée sans suite le 4 avril 2023 en raison de l'incomplétude de son dossier. Par un arrêté du 26 février 2024, la préfète de la Haute-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, la préfète de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois, et l'a astreint à se maintenir quotidiennement à son domicile entre 6 heures et 9 heures et à se présenter chaque mercredi et vendredi, y compris les jours fériés, au commissariat de police de Nancy à 10 heures 15. Par les présentes requêtes n° 2400623 et n° 2400624, qu'il convient de joindre pour qu'il soit statué par un même jugement, M. A demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 26 février 2024.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. En raison de l'urgence et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français :

4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. M. A se prévaut de la régularité de son séjour en France pendant de nombreuses années, des liens familiaux et amicaux dont il dispose et de son intégration par les formations qu'il a suivies, par le travail et par la maitrise de la langue. Il ressort des pièces du dossier qu'il séjourne au domicile de ses parents M. C A et Mme B, nés le 15 novembre 1954 et le 22 janvier 1965, lesquels sont titulaires respectivement d'une carte de résident valable du 19 avril 2019 au 18 avril 2029 et d'un titre de séjour valable jusqu'au 25 février 2025. Par ailleurs, M. A démontre que son père présente un taux d'incapacité supérieur à 80%, que ce dernier s'est vu attribuer une carte mobilité inclusion portant la mention invalidité ou priorité sans limitation de durée, ainsi qu'une allocation aux adultes handicapés sans limitation de durée. Le requérant justifie, de plus, de la régularité de son séjour pendant au moins 7 années. Il produit également des documents attestant qu'il a poursuivi sa scolarité en France à son arrivée sur le territoire en 2011, qu'il a suivi des stages, puis qu'il a exercé une activité professionnelle pour le compte de plusieurs employeurs notamment en 2018, en 2019, en 2020 et en 2023. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'il maitrise le français et qu'il a tissé des liens d'amitié sur le territoire. Si M. A fait l'objet d'une convocation en juin 2024 en vue d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, les faits qui lui sont reprochés présentent un degré de gravité relatif. De plus, il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale à la date de la décision attaquée y compris pour les faits pour lesquels il est convoqué devant le tribunal correctionnel au mois de juillet prochain. Dans ces conditions, et eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée l'obligeant à quitter le territoire français porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 26 février 2024 de la préfète de la Haute-Marne portant obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, des décisions refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence :

7. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 26 février 2024 portant obligation de quitter le territoire français étant illégal, l'arrêté du même jour portant assignation à résidence est dépourvu de base légale. Par suite, M. A est également fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 février 2024 portant assignation à résidence.

Sur les conséquences de l'annulation des arrêtés attaqués :

8. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. "

9. En application de ces dispositions, le présent jugement implique nécessairement que la préfète de Meurthe-et-Moselle réexamine la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, qu'elle délivre immédiatement au requérant une autorisation provisoire de séjour.

Sur les frais liés au litige :

10. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que M. A obtienne définitivement l'aide juridictionnelle et que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Corsiglia de la somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A, la somme de 1 200 euros lui sera versée directement.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 26 février 2024 de la préfète de la Haute-Marne portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'un an est annulé.

Article 3 : L'arrêté du 26 février 2024 de la préfète de Meurthe-et-Moselle portant assignation à résidence de M. A est annulé.

Article 4 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de réexaminer la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour.

Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et que Me Corsiglia renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Corsiglia, avocat de M. A, une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A, la somme de 1 200 euros lui sera directement versée.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Corsiglia, à la préfète de la Haute-Marne et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.

La magistrate désignée,

L. Philis

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Marne et à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2400623, 2400624

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