jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2400675 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Jeannot, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre les effets de la décision implicite de refus de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour et de la décision implicite de rejet du recours gracieux présenté le 15 décembre 2023, ensemble la décision de refus de séjour en date du 13 novembre 2023 de la préfète de Meurthe-et-Moselle ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail jusqu'à la décision au fond ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite compte tenu de la gravité de l'atteinte portée à ses droits ; que l'urgence est présumée dans la mesure où elle a déjà obtenu la délivrance de nombreux titres de séjour en France ; qu'elle doit pouvoir se déplacer librement, travailler et subvenir à ses besoins ainsi qu'à ceux de ses enfants présents régulièrement sur le territoire français ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées :
- elles sont entachées d'incompétence ;
- en ce qui concerne la décision implicite de refus de délivrance d'un récépissé : cette décision a été prise en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît plusieurs libertés fondamentales ;
- en ce qui concerne la décision implicite de rejet de son recours gracieux et la décision de refus de séjour du 13 novembre 2023 : elles sont entachées d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ; elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que la préfète n'a pas exercé l'étendue de son pouvoir ; elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elles ont été prises en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant.
Vu :
- la requête enregistrée le 5 mars 2024 sous le n° 2400676 par laquelle Mme B demande au tribunal d'annuler les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante gabonaise née à Tchibanga le 3 juillet 1965, a sollicité le 5 mai 2023 la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par décision du 13 novembre 2023 la préfète de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande. Par la requête susvisée, Mme B demande au juge des référés du tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre les effets, d'une part, de la décision implicite refusant de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et, d'autre part, de la décision du 13 novembre 2023 par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux du 15 décembre 2023.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne la décision implicite portant refus de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / () ".
4. Un requérant n'est recevable à demander au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution d'une décision à l'encontre de laquelle il a formé par ailleurs un recours en annulation que pour autant que la mesure dont il sollicite le prononcé a un objet. Si cet objet n'existe pas ou plus avant même l'introduction de sa requête, celle-ci est irrecevable. Si la requête se trouve dépourvue d'objet postérieurement à son introduction, il y a alors non-lieu à statuer.
5. Il est constant que, par sa décision du 13 novembre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle a rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme B le 5 mai 2023. Il suit de là que la décision implicite par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle avait refusé de délivrer à l'intéressée un récépissé de demande de titre de séjour a été entièrement exécutée et a épuisé ses effets avant même l'introduction de la requête en référé. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de cette décision sont irrecevables.
En ce qui concerne la décision du 13 novembre 2023 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, ensemble la décision portant rejet du recours gracieux :
6. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de cette décision sur sa situation ou, le cas échéant, des autres personnes concernées, sont de nature à caractériser, à la date à laquelle il statue, une urgence justifiant que, sans attendre le jugement du recours au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Cette condition d'urgence est, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour.
7. D'une part, il résulte de l'instruction que si Mme B a été titulaire à plusieurs reprises de titres de séjour, elle ne justifie pas qu'à la date à laquelle elle a saisi la préfète de Meurthe-et-Moselle elle disposait d'une carte de séjour en cours de validité. Par suite, la décision du 13 novembre 2023 en litige ne constitue pas un refus de renouvellement d'un titre de séjour. Dans ces conditions, la requérante ne peut se prévaloir d'une présomption d'urgence.
8. D'autre part, à l'appui de sa demande de suspension de la décision du 13 novembre 2023, Mme B soutient que cette décision l'empêche de se déplacer librement et qu'elle doit bénéficier d'un titre de séjour afin de pouvoir travailler et subvenir à ses besoins ainsi qu'à ceux de ses enfants présents sur le territoire français. Il résulte cependant de l'instruction que les enfants de la requérante sont âgés de 24, 21 et 17 ans et que la requérante ne fait état par ailleurs d'aucun projet professionnel qu'elle entendrait mener et auquel la décision litigieuse ferait obstacle. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation permettant de caractériser une urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
9. Il suit de là que les conclusions de Mme B tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 13 novembre 2023 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux, ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. La présente ordonnance, qui rejette les conclusions de Mme B aux fins de suspension des décisions contestées, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de la requérante aux fins d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Nancy, le 7 mars 2024.
Le juge des référés,
B. Coudert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026