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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2400828

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2400828

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2400828
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantSCP MOUKHA ET DECORNY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande enregistrée le 1er février 2024, Me Corsiglia, avocate de M. C, sollicite du tribunal, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, l'exécution du jugement n° 2301675 du 23 juin 2023 en tant que ce jugement a mis à la charge de l'Etat le paiement à Me Corsiglia de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Me Corsiglia soutient que la somme de 1 500 euros ne lui a pas été réglée.

Par un mémoire enregistré le 13 mars 2024, Me Corsiglia demande au tribunal d'ouvrir une phase juridictionnelle et d'enjoindre au préfet du Jura de lui payer la somme de 1 500 euros assortie des intérêts de retard dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Par une ordonnance du 19 mars 2024, le président du Tribunal administratif de Nancy, en application des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, a ouvert une phase juridictionnelle de la demande d'exécution de Me Corsiglia.

Par un mémoire enregistré le 14 mai 2024, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la somme due a été engagée le 19 octobre 2023 et qu'elle sera payée dans le meilleurs délais.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Marti, président-rapporteur,

- les conclusions de Mme Marini, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Corsiglia.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. /Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Aux termes de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande () " et aux termes de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle() Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet. ". Enfin, aux termes de l'article L. 911-9 du même code : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, ci après reproduites, sont applicables : " Art. 1er. - I. - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. Si la dépense est imputable sur des crédits limitatifs qui se révèlent insuffisants, l'ordonnancement est fait dans la limite des crédits disponibles. Les ressources nécessaires pour les compléter sont dégagées dans les conditions prévues par l'ordonnance n° 59-2 du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances. Dans ce cas, l'ordonnancement complémentaire doit être fait dans un délai de quatre mois à compter de la notification. A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement. ".

2. Par un jugement rendu le 23 juin 2023, devenu définitif, le tribunal administratif de Nancy a mis à la charge de l'Etat le paiement à Me Corsiglia, avocate de M. A, de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Me Corsiglia, soutient que le préfet du Jura n'a pas exécuté ce jugement.

3. Le préfet du Jura s'est borné à indiquer que la somme assortie des intérêts avait été engagée et qu'elle serait payée dans les meilleurs délais. Ce faisant, le préfet n'apporte aucune précision quant aux mesures propres à assurer l'exécution du jugement. Il y a lieu, dans ces conditions, de prononcer à l'encontre du préfet du Jura, à défaut pour lui de justifier de l'exécution de cette partie du jugement dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 20 euros par jour jusqu'à la date à laquelle le jugement n° 2301675 aura reçu entière exécution par versement à Me Corsiglia de la somme de 1 500 euros assortie des intérêts au taux légal à partir de deux mois à compter de la notification du jugement n° 2301675.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet du Jura s'il ne justifie pas dans le délai de deux mois de la notification du présent jugement, de l'entière exécution du jugement n°2301675 par le versement à Me Corsiglia de la somme de 1 500 euros assortie des intérêts au taux légal à partir de deux mois à compter de la notification du jugement n° 2301675. Le taux de cette astreinte est fixé à 20 euros par jour, à compter de l'expiration du délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.

Article 2 : Le préfet du Jura communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement mentionné à l'article 1er.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Me Corsiglia et au préfet du Jura.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Marti président,

M. Durand, premier conseiller,

Mme Wolff, conseillère.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 13 juin 2024.

Le président-rapporteur,

D. Marti

L'assesseur le plus ancien,

F. Durand

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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