mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2400910 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | CORSIGLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2024 à 11 heures 49, et des mémoires enregistrés les 30 mars et 2 avril 2024, Mme A C, représentée par Me Kone, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2024 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", au besoin sous astreinte, de procéder à un nouvel examen de sa demande et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- les décisions contestées ne sont pas suffisamment motivée en droit et en fait ; cette motivation révèle un défaut d'examen individuel complet de sa situation ;
- les décisions que contient l'arrêté ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'elle comprend ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- la décision refusant un délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement prise à son encontre ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public, et qu'elle ne présente pas un risque de fuite ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement prise à son encontre ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de retour est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement prise à son encontre ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bourjol, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourjol, magistrate désignée,
- les observations de Me Issa, avocat substituant Me Kone, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens. Il sollicite qu'il soit enjoint au préfet de procéder à l'effacement du signalement de Mme C aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et soulève un nouveau moyen dirigé contre la mesure d'éloignement tiré d'un défaut d'examen de la situation de la requérante, qui justifie son admission exceptionnelle au séjour au titre du travail sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et un nouveau moyen dirigé contre la décision portant interdiction de retour tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public, eu égard à sa vie privée et familiale en France et à la durée de son séjour.
- les observations de M. F, représentant le préfet de la Moselle, qui conclut au rejet de la requête et précise que Mme C ne justifie pas qu'elle présente des garanties de représentation compte tenu des adresses multiples qu'elle a porté à la connaissance du préfet, des informations et pièces justificatives de nationalité, de domiciles et de travail contradictoires entre elles.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante sénégalaise née le 22 octobre 1995, a déclaré être entrée en France le 22 juillet 2019. Par une décision du 28 octobre 2020, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 5 février 2021. Mme C a fait l'objet, le 29 avril 2021 d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, qu'elle n'a pas exécuté. A la suite de son interpellation le 26 mars 2024 par les services de la police aux frontières de Forbach, le préfet de la Moselle, par un arrêté du même jour, dont Mme C demande au tribunal l'annulation, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions qu'il contient :
2. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. B E, directeur de l'immigration et de l'intégration, qui a reçu délégation du préfet de la Moselle, par un arrêté du 17 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait qui fondent l'ensemble des décisions, y compris en ce qui concerne la décision portant interdiction de retour, pour laquelle celle-ci indique que l'intéressé ne justifiait pas de circonstances humanitaires. Cette motivation ne révèle pas que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier et complet de la situation de Mme C. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'ensemble des décisions que contient l'arrêté doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision n'ont d'incidence que sur les voies et délais de recours contentieux contre cette décision mais n'affectent pas sa légalité et le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été notifié dans une langue non comprise par Mme C doit être écarté.
Sur les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, Mme C n'établit pas, par la production d'un contrat de travail à durée indéterminée daté du 4 novembre 2022, au demeurant non revêtu de la signature de l'intéressée, avec une société de restauration rapide parisienne, qui mentionne que la requérante est de nationalité italienne et domiciliée à Paris, être insérée professionnellement dans la société française. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir qu'en ne tenant pas compte notamment de sa situation professionnelle, la décision contestée serait entachée d'une erreur de fait.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Mme C soutient qu'elle a fixé le centre de ses intérêts en France, où elle réside depuis 2019, et se prévaut de son insertion professionnelle, de la présence de membres de sa famille sur le territoire français et de l'absence d'attache au Sénégal. Toutefois, Mme C, célibataire et sans charge de famille, qui n'établit pas exercer une activité salariée sous couvert d'un contrat à durée indéterminée, n'allègue pas entretenir avec sa famille résidant en France, selon ses dires, de liens d'une particulière intensité de nature à établir son insertion dans la société française, nonobstant ses activités bénévoles. Mme C ne démontre pas être dépourvue d'attaches familiales au Sénégal, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans et où résident ses frères selon ses propres déclarations. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. En dernier lieu, indépendamment de la catégorie d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, prévue par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
8. En l'espèce, Mme C ne peut utilement se prévaloir à l'audience des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que celui-ci ne prévoit pas la délivrance de plein droit d'un titre de séjour. Ce moyen doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
Sur les moyens spécifiquement dirigés contre la décision portant refus de délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, Mme C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, elle n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant refus de délai de départ volontaire.
10. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; /5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
11. Mme C fait valoir qu'elle ne présente pas de risque de fuite. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Moselle a refusé d'accorder à Mme C un délai de départ volontaire aux motifs qu'elle avait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français litigieuse, qu'elle s'était soustraite à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et qu'elle ne présentait pas de garanties de représentation suffisante, faute d'avoir été en mesure de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité. En se bornant à indiquer, lors de son audition, qu'elle souhaitait rester en France, Mme C ne peut être regardée comme ayant explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. Elle est ainsi fondée à soutenir que ce motif est entaché d'illégalité. Toutefois, elle se trouvait également dans les cas prévus aux 5° et 8° de l'article L. 612-3 précité, permettant de regarder comme établi, sauf circonstance particulière, le risque qu'elle se soustraie à l'obligation qui lui avait été faite de quitter le territoire français. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait inexactement appliqué les dispositions précitées des articles L. 612-2 et L.612-3 en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire s'il ne s'était fondé que sur les 5° et 8° de l'article L. 612-3 précité.
Sur les moyens spécifiquement dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
12. En premier lieu, Mme C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, elle n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 3 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants : " 1. Aucun Etat partie n'expulsera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture. () ".
14. En se bornant à soutenir qu'elle encoure des risques pour sa sureté et sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine, la requérante ne produit aucun élément de nature à démontrer l'existence de risques qu'elle puisse subir un traitement prohibé par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les moyens tirés de la méconnaissance de ces stipulations doivent donc être écartés.
15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, en prenant à l'encontre de la requérante la décision fixant le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les moyens spécifiquement dirigés contre la décision portant interdiction de retour :
16. En premier lieu, Mme C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, elle n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant interdiction de retour pour une durée de deux ans.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, le préfet assortit, en principe et sauf circonstances humanitaires, l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. La durée de cette interdiction doit être déterminée en tenant compte des critères tenant à la durée de présence en France, à la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, à l'existence de précédentes mesures d'éloignement et à la menace pour l'ordre public représentée par la présence en France de l'intéressé.
18. Il ressort des pièces du dossier que la requérante est entrée irrégulièrement en France en juillet 2019 et s'y est maintenue sans effectuer de démarches en vue de régulariser sa situation. Par ailleurs, il n'est pas sérieusement contesté que Mme C s'est soustraite à une précédente mesure d'éloignement et qu'elle ne justifie pas de liens personnels et familiaux d'une particulière intensité en France. Dans ces conditions, et alors même que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Moselle, en fixant à deux ans la durée de l'interdiction du territoire prise à son encontre, n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées.
19. En troisième lieu, Mme C soutient que le préfet a commis une erreur de fait en ce qui concerne la présence en France de membres de sa famille, de son insertion professionnelle, et des risques encourus de cas de retour au Sénégal. Toutefois, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet s'est borné à reprendre les termes de ses déclarations, lors de son audition, selon lesquelles elle ne fait état d'aucun risque pour sa sécurité dans son pays d'origine, mais allègue avoir quitté le Sénégal pour rejoindre son oncle résidant en Italie. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de fait doit donc être écarté.
20. En quatrième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, en prononçant à l'encontre de la requérante la décision attaquée, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
21. Enfin, si Mme C conteste à l'audience le principe même de l'interdiction de retour prise à son encontre en se prévalant de la durée de son séjour en France, de ses liens familiaux en France et de ce que sa présence sur le territoire ne constitue pas une menace pour l'ordre public, ces éléments, eu égard à ce qui a été aux points 18 et 19, ne peuvent être regardés comme une circonstance humanitaire de nature à faire obstacle à ce qu'une interdiction de retour soit prononcée à son encontre. Par conséquent, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour serait entachée, dans son principe, d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2024 par lequel le préfet de la Moselle l'a obligée à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée et lui a interdit, pour une durée de deux ans, tout retour sur le territoire français. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Moselle.
Lu en audience publique le 2 avril 2024 à 15 heures 04.
La magistrate désignée,
A. Bourjol
La greffière
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026