jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2400918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2024 à 17 heures 22 et un mémoire complémentaire enregistré le 3 avril 2024, M. C A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont entachée d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision portant refus de délai de départ volontaire est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français qui est illégale ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite ;
- la décision fixant le pays de destination est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français qui est illégale ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français qui est illégale ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que sa présence sur le territoire français ne représente aucune menace pour l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux circonstances humanitaires ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 avril 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gottlieb, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gottlieb, magistrat désigné,
- les observations de Me Martin, avocate commise d'office représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et fait valoir que M. A est entré sur le territoire français en janvier 2021 ; le requérant n'a pas exécuté la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet parce que sa compagne était enceinte ; il n'a pas respecté les obligations de son assignation à résidence en raison de problèmes de santé ; il souhaitait régulariser sa situation administrative en sollicitant la délivrance d'un titre de séjour avec l'assistance d'un avocat mais les honoraires qui lui ont été demandés étaient trop élevés ; son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public dès lors qu'il n'a pas fait l'objet de poursuites pénales pour les faits de violence sans incapacité par conjoint et a seulement été astreint à effectuer un stage de responsabilisation aux violences intrafamiliales ; les deux autres mentions au fichier du traitement d'antécédents judiciaires n'ont donné lieu à aucune poursuite ni aucune condamnation ; la mesure d'éloignement porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale dès lors qu'il est en couple avec une ressortissante française et est le père d'un enfant français dont il contribue à l'entretien et à l'éducation ; son père et ses frères et sœurs résident régulièrement en France ; le préfet ne pouvait pas le priver d'un délai de départ volontaire dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et que l'absence de mise à exécution de sa précédente mesure d'éloignement s'explique par la naissance de son fils ; la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée,
- les observations de M. A,
- et les observations de M. D, représentant le préfet de la Côte-d'Or, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens, et fait valoir que M. A n'établit pas être entré en France en janvier 2021 et qu'il doit être regardé comme y étant présent au plus tôt depuis 2022 ; l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet est exclusivement fondée sur le motif tiré de son entrée irrégulière sur le territoire français ; il n'a entrepris aucune démarche de régularisation ; le requérant n'établit pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son fils par la production d'attestations peu circonstanciées et de quelques tickets de caisse ; il ne justifie pas de l'intensité de la vie commune avec sa compagne qui n'a pas jugé utile d'être présente à l'audience et dont il ne connaît pas le numéro de téléphone, ni le lieu où elle travaille ; M. A ne démontre pas la filiation avec son père, qui est entré sur le territoire français bien avant lui ; la décision de refus de délai de départ volontaire est justifiée dès lors que le requérant a indiqué qu'il ne se conformerait pas à la mesure d'éloignement.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 6 juillet 2002, est entré sur le territoire français en janvier 2021 selon ses déclarations. Par un arrêté du 27 mars 2024, le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par la requête susvisée, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 18 janvier 2024, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Côte-d'Or le 22 janvier 2024, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à Mme Amelle Ghayou, secrétaire générale adjointe de la préfecture, à l'effet de signer les décisions contestées en cas d'absence ou d'empêchement de M. Johann Mougenot, secrétaire général de la préfecture. Par suite, Mme B, signataire de l'arrêté contesté, était compétente pour signer les décisions en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces dernières stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
5. M. A fait valoir qu'il est entré en France en janvier 2021 et qu'il est en couple avec une ressortissante française depuis le 9 février 2022, avec laquelle il a eu un enfant français né le 20 septembre 2022. Il se prévaut en outre de la présence en France, en situation régulière, de son père, ainsi que des enfants de ce dernier. Toutefois, la communauté de vie avec sa compagne était relativement récente à la date de la décision contestée. Par ailleurs, les attestations peu circonstanciées émanant de proches, pour la plupart postérieures à l'édiction de la décision contestée, ainsi que les tickets de caisse non nominatifs faisant état d'achat de vêtements pour bébé et de produits alimentaires divers, sont insuffisamment probants pour établir que M. A contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de son fils. De plus, aucune des pièces du dossier ne permet de démontrer qu'il entretiendrait des liens avec son père présent en France ou avec les enfants de ce dernier. Le requérant, sans ressources, ne justifie d'aucune intégration particulière. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'est pas fondé à soutenir que cette décision méconnaîtrait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision refusant un délai de départ volontaire :
6. En premier lieu, M. A n'établit pas l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant un délai de départ volontaire devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () ".
8. M. A soutient qu'en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet a commis une erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite. Toutefois, il n'est pas contesté que M. A s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Il a en outre déclaré lors de son audition par les services de police le 27 mars 2024 qu'il refusait d'être éloigné. Par suite, et alors même que son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Côte d'Or a pu légalement considérer, pour ces seuls motifs, que le requérant présentait un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet et refuser en conséquence de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, M. A n'établit pas l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
10. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est, en l'espèce, inopérant à l'encontre d'une décision fixant le pays de destination. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
11. En dernier lieu, en se bornant à soutenir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. A n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant interdiction de retour :
12. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, le préfet assortit, en principe et sauf circonstances humanitaires, l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. La durée de cette interdiction doit être déterminée en tenant compte des critères tenant à la durée de présence en France, à la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, à l'existence de précédentes mesures d'éloignement et à la menace pour l'ordre public représentée par la présence en France de l'intéressé.
13. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France au plus tôt en mars 2022 et qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Toutefois, si M. A a été mis en cause pour des faits de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint ou concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, commis le 17 juin 2023, ces faits n'ont donné lieu à aucune poursuite pénale et le requérant, qui reconnu avoir poussé sa compagne au niveau de l'épaule au cours d'une altercation à leur domicile, a seulement été astreint à suivre un stage de responsabilisation aux violences intrafamiliales. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les deux autres signalements dont M. A fait l'objet auraient donné lieu à poursuite. Ainsi, la présence en France de M. A ne saurait être regardée comme une menace pour l'ordre public. Enfin, M. A est le père d'un enfant français. Alors même que le requérant ne justifiait pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de cet enfant à la date d'édiction de l'arrêté litigieux, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans aura pour effet de le séparer durablement de son fils. Dans ces conditions, et dans les circonstances particulières de l'espèce, M. A est fondé à soutenir que le préfet de la Côte-d'Or a commis une erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 27 mars 2024 par laquelle le préfet lui a interdit le retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
15. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
16. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas, pour l'essentiel, la qualité de partie perdante dans la présente instance.
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du préfet de la Côte-d'Or présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 27 mars 2024 du préfet de la Côte-d'Or portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions du préfet de la Côte-d'Or présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de Côte-d'Or.
Lu en audience publique le 4 avril 2024 à 16 heures 57.
Le magistrat désigné,
R. Gottlieb La greffière,
L. Rémond
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026