lundi 5 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401137 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 avril 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 31 octobre 2024, M. E B A, représenté par Me Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de Meurthe-et-Moselle sur sa demande de titre de séjour portant mention " vie privée et familiale " du 12 décembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant mention " vie privée et familiale " ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation après lui avoir délivré une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, l'ensemble dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle a été introduite dans le délai de recours contentieux ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au non-lieu à statuer sur la requête présentée par M. B A.
Elle fait valoir qu'une carte de séjour pluriannuelle portant mention " étudiant " a été délivrée à M. B A, valable du 5 novembre 2022 au 4 novembre 2025.
Par lettre du 3 octobre 2024, le tribunal a demandé à M. B A, en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, de confirmer expressément le maintien de ses conclusions.
Par un mémoire en réponse, enregistré le 31 octobre 2024, M. B A, représentée par Me Martin, a confirmé expressément le maintien de sa requête.
Elle soutient que la carte de séjour " étudiant " qui lui a été délivrée ne correspond pas à sa demande, qui a été présentée au titre de sa vie privée et familiale.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sousa Pereira,
- et les observations de Me Martin, représentant M. B A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant gabonais né le 22 juillet 1998, est entré régulièrement sur le territoire français le 13 septembre 2017, muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". M. B A, qui bénéficiait d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant ", a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Cette demande a été close à raison de l'incomplétude de son dossier. Le 12 décembre 2022, l'interessé a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour et a déposé des pièces complémentaires le 29 mars 2023 afin de justifier de son insertion et de ses attaches familiales sur le territoire français. Cette demande a été implicitement rejetée en raison du silence gardé par le préfet de Meurthe-et-Moselle pendant quatre mois. Par la présente requête, M. B A demande l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu opposée en défense :
2. S'il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète de Meurthe-et-Moselle a délivré à M. D une carte de séjour pluriannuelle en qualité d'étudiant valable du 5 novembre 2022 au 4 novembre 2025, il est constant que l'intéressé avait sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'a pas une portée équivalente à celle de l'autorisation qui lui a été accordée. Par suite, la délivrance d'une telle autorisation ne rend pas sans objet les conclusions à fin d'annulation de la décision rejetant implicitement la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé. Dans ces conditions, l'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète de Meurthe-et-Moselle ne saurait être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
4. En présence d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale" répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou "travailleur temporaire". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifie d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si cette promesse d'embauche ou ce contrat de travail, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B A est entré régulièrement sur le territoire français le 13 septembre 2017, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " et a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle, valable jusqu'au 4 novembre 2021. Il a intégré, à son arrivée, une classe de remise à niveau scientifique dans un lycée technologique, puis s'est inscrit, au titre de l'année 2018/2019, à la faculté des sciences de l'université de Lorraine en première année de licence de physique parcours type " mécanique des fluides et énergie " et a validé sa licence en juin 2021 avec une mention assez-bien et s'est ensuite inscrit, au titre de l'année 2021/2022, en première année de master " énergie ". En outre, M. B A justifie avoir occupé, au cours de ses études, un emploi en qualité d'animateur depuis avril 2021 auprès de personnes atteintes d'un handicap et d'enfants. Enfin, il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement de témoignages circonstanciés, corroborés par des photographies, qu'il justifie, d'une part, de l'existence d'une relation de concubinage avec une ressortissante française depuis juin 2021 et, d'autre part, de liens qu'il entretient avec les membres de sa famille, qui sont d'origine française. Dans ces conditions, au regard notamment de sa durée de présence en France, des liens privés et familiaux qu'il a tissés sur le territoire français et de son intégration professionnelle, M. B C est fondé à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle a entaché la décision litigieuse d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B C est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a implicitement rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, sous réserve d'un changement de circonstances de fait ou de droit, qu'il soit enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. B C le titre de séjour qu'il a sollicité lors de sa demande datée du 12 décembre 2022. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de procéder à la délivrance de ce titre dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Sur les frais d'instance :
8. M. B A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Martin, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a implicitement refusé de délivrer à M. B A un titre de séjour est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, de délivrer à M. B A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Martin une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Martin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E B A, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Martin.
Délibéré après l'audience publique du 3 avril 2025 à laquelle siégeaient :
M. Goujon-Fischer, président,
Mme Sousa Pereira, première conseillère,
M. Durand, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mai 2025.
La rapporteure,
C. Sousa Pereira
Le président,
J.-F. Goujon-FischerLe greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026