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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2401192

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2401192

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2401192
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantSELARL CL AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 avril et 16 septembre 2024, la Société civile de construction vente (SCCV) Mélodie, représentée par Me Larère, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2023 par lequel le maire de la commune d'Ecrouves a refusé de lui délivrer un permis d'aménager portant sur la réalisation de douze lots sur les parcelles cadastrées section AN n° 190, 191, 192, 193, 212, 491, 541, 542 et 86, ensemble la décision du 20 février 2024, portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Ecrouves de reprendre l'instruction de sa demande et de lui délivrer l'autorisation sollicitée dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Ecrouves le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision de refus méconnaît les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que la prise en charge du renforcement et de l'extension de réseau revient au pétitionnaire ;

- le motif, invoqué par le maire dans la décision de refus, tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est illégal ;

- le motif, invoqué par le maire dans la décision de refus, tiré de la méconnaissance de la destination de l'emplacement réservé n°1 est illégal ;

- le motif, invoqué par le maire dans la décision de refus, tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article N1-1 du PLUi est illégal ;

- le motif, invoqué par le maire dans la décision de refus, tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UA3-1 du PLUi est illégal.

Par un mémoire enregistré le 21 juin 2024, la commune d'Ecrouves, représentée par Me Dartois, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SCCV Mélodie la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier,

Vu :

- le code de l'énergie ;

- le code de l'urbanisme ;

- l'ordonnance n° 2023-816 du 23 août 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure ;

- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public ;

- les observations de Me Larère, représentant la SCCV Mélodie ;

- et les observations de Me Dartois représentant la commune d'Ecrouves.

Considérant ce qui suit :

1. La SCCV Mélodie a obtenu deux certificats d'urbanisme le 6 janvier 2023, portant l'un sur les parcelles cadastrées section AN nos 86 et 541, l'autre sur les parcelles cadastrées section AN nos 191, 192, 193, 212 et 542 situées au lieudit " la Meiche Ouest " à Ecrouves (Meurthe-et-Moselle). Par une demande du 15 juin 2023, complétée le 23 août 2023, la SCCV Mélodie a sollicité la délivrance d'un permis d'aménager pour un projet de lotissement comportant la création de douze lots sur les parcelles cadastrées AN nos 191, 192, 193, 212, 491 et 542. Par une décision du 9 novembre 2023 réceptionnée le 13 novembre 2023, le maire de la commune d'Ecrouves a rejeté la demande de permis d'aménager. La SCCV Mélodie a formé, le 9 janvier 2024, un recours gracieux à l'encontre de ce refus, lequel a été réceptionné le 12 janvier 2024 par la commune d'Ecrouves. Ce recours a été rejeté par un courrier du 20 février 2024, réceptionné le 23 février 2024. Par la requête susvisée, la SCCV Mélodie demande l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2023, ensemble la décision du 20 février 2024 rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain. / () ". Aux termes de l'article L. 424-1 du même code : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 153-11 du même code : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".

3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat. Figure cependant parmi ces règles la possibilité de se voir opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat, l'une des conditions énumérées à l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme. Une telle possibilité vise à permettre à l'autorité administrative de ne pas délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme. Lorsque le plan en cours d'élaboration et qui aurait justifié, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, que soit opposé un sursis à une demande de permis ou à une déclaration préalable, entre en vigueur dans le délai du certificat, les dispositions issues du nouveau plan sont applicables à la demande de permis de construire ou d'aménager ou à la déclaration préalable.

4. Le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) du plan local d'urbanisme intercommunal valant plan local de l'habitat (PLUiH) a été approuvé pour la seconde fois le 7 avril 2022. Il ressort ainsi des pièces du dossier que, eu égard au degré d'avancement, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme délivré à la SCCV Mélodie le 3 janvier 2023, du PLUiH qui faisait état du classement des parcelles cadastrées section AN nos 191, 192, 193 et 212 en zone N, le maire pouvait légalement lui opposer, dès cette date, un sursis à statuer pour une demande de permis d'aménager portant sur les parcelles en cause. Par suite, la SCCV Mélodie n'est pas fondée à soutenir, alors même que sa demande de permis d'aménager a été présentée dans le délai prévu à l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, que seules seraient applicables à cette demande les dispositions du plan local d'urbanisme en vigueur à la date de délivrance du certificat d'urbanisme qu'elle a sollicité et classant alors ces parcelles en zone AU.

5. En deuxième lieu, le certificat d'urbanisme délivré le 6 janvier 2023 pour les parcelles cadastrées section AN nos 191, 192, 193, 212 et 542 mentionnait explicitement que le projet de PLUiH classait les parcelles cadastrées AN nos 191, 192, 193 et 212 en zone N (zone naturelle) et que, en application de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme et dans les conditions de l'article L. 424-1 du même code, un sursis à statuer pourrait être prononcé lors du dépôt d'une demande d'urbanisme portant sur ces parcelles. En tout état de cause, si l'omission de la mention d'une possibilité de surseoir à statuer dans le certificat d'urbanisme peut être, le cas échéant, en vertu du cinquième alinéa de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme et du sixième alinéa de l'article A. 410-4 du même code, de nature à constituer un motif d'illégalité de ce certificat, elle ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente oppose un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis ultérieures concernant le terrain objet du certificat d'urbanisme. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'absence de motivation du certificat d'urbanisme faisait obstacle à ce qu'un refus de permis d'aménager lui soit ultérieurement opposé.

6. En deuxième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 3 à 5 du présent jugement que les dispositions du PLUiH adopté le 15 juin 2023 étaient opposables au projet de permis d'aménager un lotissement déposé par la SCCV Mélodie.

7. D'une part, il est constant que ce PLUiH a classé les parcelles cadastrées section AN nos 190, 191, 192, 193, 212 et 491 de la commune d'Ecrouves en zone N (zone naturelle). Aux termes de la section 1 du règlement applicable à cette zone : " Toutes les constructions et occupations du sol non autorisées dans l'article N1-1 sont interdites ". En vertu de ce dernier article, en ce qui concerne les constructions à destination de logement, seuls sont autorisés les aménagements et transformations de celles existantes et régulièrement édifiées. Ces dispositions font ainsi obstacle à la construction d'habitations sur les lots nos 5 à 11 du projet de lotissement de la SCCV Mélodie.

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; () ". En l'espèce, et contrairement à ce que soutient la requérante, le certificat d'urbanisme qui lui a été délivré le 6 janvier 2023 mentionnait clairement l'existence d'un emplacement réservé sur les parcelles cadastrées section AN nos 542 et 212, celui-ci figurant déjà dans le précédent PLU applicable. De plus, la requérante ne peut sérieusement soutenir que la localisation de cet emplacement ne pouvait être déterminée avec exactitude alors qu'il est clairement matérialisé, sur le règlement graphique du PLUiH, par des hachures violettes au sud de la parcelle n° 542 et a d'ailleurs été reporté sur les plans de situation du projet de lotissement soumis à permis d'aménager. Par ailleurs, la requérante ne démontre pas, en tout état de cause, l'inutilité de cet accès en se bornant à faire valoir que cette servitude était, dans le PLU antérieurement applicable, destinée à accéder à la zone AU désormais supprimée. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'existence de l'emplacement réservé, qui fait obstacle à toute construction sur le lot n° 12 du lotissement, ne pouvait lui être opposée doit être écarté en toutes ses branches.

9. Enfin, les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

10. Il résulte des règles et du principe énoncé au point précédent qu'alors même que la demande de permis d'aménager ne porte que sur la division du terrain et non sur la construction des habitations qu'il a vocation à accueillir, les règles du PLUiH étaient opposables à la demande de permis d'aménager. D'autre part, la requérante ne peut utilement contester les motifs de la décision rejetant son recours gracieux dont les vices propres sont sans incidence sur la légalité de la décision de refus de permis d'aménager. Enfin, la requérante en soutenant que " dès lors qu'une voie va être créée, c'est à l'extrémité de cette dernière que les limites d'implantation devront se calculer " ne met pas le juge en mesure d'apprécier la portée de ce moyen au regard des dispositions du PLUiH, tenant à l'implantation des constructions du lotissement par rapport à la voie publique, qui lui ont été opposées.

11. Il résulte de ce qui vient d'être exposé aux points 7 à 10 du présent jugement, que la commune a pu légalement fonder son refus sur la méconnaissance, par l'opération d'aménagement projetée par la SCCV Mélodie, des règles du PLUiH.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. / () ". Aux termes de l'article L. 332-15 du même code : " L'autorité qui délivre l'autorisation () d'aménager ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement () du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne () l'alimentation en () électricité () / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. / Toutefois, en ce qui concerne le réseau électrique, le bénéficiaire du permis () est redevable de la part de la contribution prévue au troisième alinéa du II de l'article 4 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 [codifié au code de l'énergie] relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité, correspondant au branchement et à la fraction de l'extension du réseau située sur le terrain d'assiette de l'opération, au sens de cette même loi et des textes pris pour son application. / () ".

13. Il résulte de ces dispositions qu'un permis d'aménager doit, en principe, être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.

14. Pour contester le motif que la commune d'Ecrouves a opposé, sur le fondement de ces articles, à son projet de lotissement, la SCCV Mélodie se prévaut des dispositions de l'article L. 342-21 du code de l'énergie, créé par l'ordonnance du 23 août 2023 relative au raccordement et à l'accès aux réseaux publics d'électricité, en vertu desquelles le coût du raccordement comprenant une extension du réseau électrique rendu nécessaire par, notamment, une opération ayant fait l'objet d'un permis d'aménager est désormais mis à la charge du bénéficiaire du permis. Toutefois, ces dispositions sont, en application de l'article 7 de l'ordonnance du 23 août 2023, entrées en vigueur le 10 novembre 2023. Par suite, à la date d'édiction de sa décision, le maire d'Ecrouves a pu légalement opposer à la SCCV Mélodie qu'il n'était pas en mesure de déterminer par quelle collectivité ou quel concessionnaire de service public les travaux d'extension ou de renforcement du réseau électrique, dont il ressort des pièces du dossier qu'ils étaient nécessaires à l'opération d'aménagement, devaient être exécutés. Par suite, le moyen tiré de l'inopposabilité des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme doit être écarté.

15. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

16. Il ressort des termes de la décision en litige que si le maire a souligné que la requérante n'avait pas produit d'attestation émanant d'un expert visant à évaluer l'impact du projet sur la stabilité de l'unité foncière, il n'a pour autant pas fondé son refus sur l'incomplétude du dossier mais sur le risque, que l'absence de cette pièce ne permettait pas de lever, de mouvements de terrain. Dès lors que le maire pouvait légalement fonder sa décision au vu de l'étude géotechnique, qui bien que n'étant pas exigée par le code de l'urbanisme, a été spontanément produite par la requérante, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

17. En revanche, si l'étude géotechnique réalisée sur la parcelle cadastrée section AN n° 542 relève que cette dernière est située en zone d'aléa, nul, faible ou moyen selon les endroits, de mouvements de terrain, et que la nature du sol, constitué au droit des sondages réalisés de deux mètres de remblais, impose une mise en œuvre de fondations excluant des fondations superficielles des ouvrages à venir, il ne s'en infère pas de risque particulier. Par suite, le maire de la commune a commis une erreur d'appréciation en estimant que le projet méconnaissait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

18. Toutefois, les motifs mentionnés aux points 5, 7, 8, 10 et 14 suffisent à justifier le refus de permis d'aménager que le maire d'Ecrouves a opposé à la SCCV Mélodie. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2023 doivent être rejetées, ensemble les conclusions dirigées contre la décision de rejet du recours gracieux.

Sur les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte :

19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être également rejetées.

Sur les frais d'instance :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Ecrouves, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SCCV Mélodie demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SCCV Mélodie une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune d'Ecrouves et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de la SCCV Mélodie est rejetée.

Article 2 : La SCCV Mélodie versera à la commune d'Ecrouves la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune d'Ecrouves est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Mélodie et à la commune d'Ecrouves.

Délibéré après l'audience publique du 19 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Milin-Rance, première conseillère,

Mme Grandjean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.

La rapporteure,

G. Grandjean Le président,

B. Coudert

La greffière,

I. Varlet La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401192

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