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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2401201

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2401201

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2401201
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 avril 2024, Mme C E, représentée par Me Grosset, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 avril 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle sera reconduite et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

- la compétence du signataire n'est pas établie ;

- il est entaché d'insuffisance de motivation ;

- il méconnait le principe du contradictoire et son droit à être entendue tel qu'issu de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la préfète ne démontre pas avoir procédé à un examen individuel de sa situation ;

- la préfète a méconnu l'étendue de son pouvoir d'appréciation et s'est crue en situation de compétence liée.

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la commission du titre de séjour n'ayant pas été préalablement saisie, alors qu'elle est présente en France depuis plus de 10 ans, ce qui l'a privée d'une garantie substantielle ;

- la préfète aurait dû faire usage des dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration pour lui demander de produire les pièces nécessaires à l'instruction du dossier ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle méconnait les articles 7 et 14 de la Directive retour de 2008.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 mai 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Jouguet, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante arménienne, née le 19 novembre 1988 à Erevan (Arménie), est entrée irrégulièrement en France sous l'identité de Mme B D, de nationalité azerbaidjanaise. Par un arrêté du 10 avril 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la requête susvisée, et eu égard aux moyens soulevés, Mme E doit être regardée comme demandant l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. Julien Le Goff, secrétaire général, auquel la préfète de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature aux fins de signer les décisions en litige par un arrêté en date du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, sans subordonner cette délégation à une condition d'absence ou d'empêchement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que la préfète de Meurthe et Moselle, après avoir constaté l'entrée de Mme E en France sous la fausse identité de Mme B D, a refusé de lui délivrer un titre de séjour au motif qu'elle ne justifie pas d'une vie privée et familiale en France ni d'une situation professionnelle lui permettant d'obtenir une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle a examiné l'ensemble de sa situation personnelle et familiale et a vérifié, au vu des éléments dont elle avait connaissance, qu'aucune circonstance ne faisait obstacle à une mesure d'éloignement. S'agissant plus particulièrement de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, cet arrêté vise notamment l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne, d'une part, l'absence d'entrée régulière et le refus de délivrance d'un titre de séjour et, d'autre part, le risque de soustraction à l'exécution de la mesure au regard des précédentes mesures d'éloignement prononcées à l'encontre de la requérante et non exécutées. S'agissant de la décision portant interdiction de retour, cet arrêté vise notamment l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les éléments relatifs à la durée de sa présence en France, à ses liens sur le territoire et dans son pays d'origine, dont il a été tenu compte pour fixer la durée de cette interdiction. Alors que la préfète n'est pas tenue de mentionner tous les éléments relatifs à la situation de l'étranger auquel elle fait obligation de quitter le territoire français, cet arrêté comporte ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui constituent le fondement de l'ensemble des décisions qu'il comporte. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions en litige doit, par suite, être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté du 10 avril 2024 que la préfète de Meurthe-et-Moselle a procédé à un examen particulier et approfondi de la situation de Mme E avant de prendre les décisions en litige. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de l'arrêté en litige que la préfète de Meurthe-et-Moselle se serait crue en situation de compétence liée et aurait ainsi méconnu l'étendue de son pouvoir d'appréciation. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen de la situation de l'intéressée et de l'erreur de droit dont seraient entachées les décisions en litige, doivent être écartés.

5. En quatrième lieu, si Mme E soutient que les décisions en litige méconnaissent le principe du contradictoire et son droit d'être entendue, notamment au regard de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le moyen tiré de la violation de cet article est inopérant dès lors qu'il s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il lui appartient, lors du dépôt de sa demande de titre, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, de préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et de produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délais de départ volontaire et fixation du pays de destination, lesquelles sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

6. Mme E, qui se borne à soutenir que son droit d'être entendue aurait été méconnu, ne démontre pas qu'elle disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit pris l'arrêté contesté et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à cette décision. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire et du droit de toute personne d'être entendue notamment énoncé à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".

8. Mme E soutient qu'elle est présente en France de manière continue depuis plus de dix ans. Les pièces produites par la requérante, établies au nom Mme B D, notamment l'attestation d'hébergement au sein du centre " les Oseraies " pour la période du 28 octobre 2014 au 21 mars 2017, les certificats de scolarisation de son enfant A pour les années 2016, et 2018 à 2023, ainsi que la participation à des cours de français de 2016 à 2018 ne sont pas de nature à établir la réalité de sa présence ininterrompue en France depuis au moins dix ans à la date d'édiction de l'arrêté litigieux. Par suite, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'était pas tenue de saisir la commission du titre de séjour avant de prendre la décision portant refus d'admission au séjour et le moyen tiré du vice de procédure doit, dès lors, être écarté.

9. En deuxième lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile constituent des dispositions spéciales régissant le traitement par l'administration des demandes de titres de séjour. Par suite, la procédure prévue à l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration n'est pas applicable à ces demandes. Il s'ensuit que le moyen par lequel Mme E invoque la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Mme E se prévaut de son temps de présence en France, et soutient qu'elle ne dispose d'aucune attache en Arménie et que son époux et son enfant vivent en France. Toutefois si l'intéressée soutient être entrée en France en 2014, la durée de son séjour en France ne résulte que de la non-exécution de deux mesures d'éloignement déjà prises à son encontre. Par ailleurs, son conjoint et père de son enfant est aussi en situation irrégulière. Dès lors, la cellule familiale a vocation à se reconstituer en Arménie, où rien ne fait obstacle à la poursuite de la scolarisation de leur fils A. Enfin, la requérante ne justifie pas de l'existence d'une insertion significative dans la société française ni de l'intensité et la stabilité de liens personnels et amicaux qu'elle y aurait tissés. Dans ces conditions, la décision de refus de titre de de séjour n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

12. En dernier lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

13. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, en l'absence de circonstance faisant obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Arménie, la décision contestée ne peut être regardée comme méconnaissant, à l'égard de l'enfant mineur de la requérante, les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de titre de séjour méconnaîtraient ces stipulations doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

14. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 11 et 13 du présent jugement.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

15. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

16. Mme E se borne à soutenir que la décision porte atteinte aux stipulations précitées sans autre précision. Ce faisant, elle ne met pas le tribunal en mesure d'apprécier la portée de ce moyen sur la légalité de la décision contestée et le moyen doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

18. Il résulte de ces dispositions que seules des circonstances humanitaires peuvent faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour lorsque l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et que la durée de cette interdiction doit alors être fixée en prenant en compte la durée de présence en France, les liens tissés, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et la menace à l'ordre public. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, cette circonstance n'est pas retenue au nombre des motifs justifiant la durée de l'interdiction, l'autorité administrative n'est pas tenue, sous peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

19. D'une part, il ressort des termes même de la décision contestée que la préfète de Meurthe-et-Moselle a examiné si des circonstances humanitaires pouvaient faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français, et a estimé qu'il n'en existait pas. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

20. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, pour prononcer l'interdiction de retour d'une durée d'un an, la préfète de Meurthe-et-Moselle a notamment pris en considération le fait que deux mesures d'éloignement ont été prises à l'égard de Mme E et qu'aucune n'a été exécutée. Dès lors, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.

21. Il résulte de ce tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 10 avril 2024.

Sur les frais liés à l'instance :

22. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par Mme E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Grandjean, première conseillère,

Mme Jouguet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

La rapporteure,

A. Jouguet Le président,

B. Coudert

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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