mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU OQTF 6 semaines |
| Avocat requérant | REICH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mai 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 28 mai 2024, Mme A D épouse C, représentée par Me Reich, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite ;
3°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la préfète n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;
- la décision portant refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète ne l'a jamais informée de l'incomplétude de son dossier et aurait dû lui demander de compléter son dossier ;
- les dispositions du code de travail, dont la préfète a fait application, ne sont pas applicables à sa situation dès lors qu'elles concernent les personnes handicapées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D épouse C ne sont pas fondés.
Mme D épouse C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sousa Pereira,
- les observations de Me Reich, représentant Mme C, qui reprend les conclusions et les moyens de sa requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D épouse C, ressortissante bosnienne née le 1er novembre 1976, déclare être entrée en France le 22 janvier 2018, accompagnée de son époux et de leur enfant. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 17 avril 2018 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), par une décision du 12 décembre 2018. Elle a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour en raison de l'état de santé de son mari. Toutefois, au vu notamment de l'avis défavorable émis le 8 janvier 2024 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, son mari a fait l'objet d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. A la suite de ces rejets, la préfète de Meurthe-et-Moselle, par un arrêté du 4 avril 2024 dont Mme C demande l'annulation, a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours sur le fondement des 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays de destination de son éventuelle reconduite d'office à la frontière.
Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :
2. Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 mai 2024. Par suite il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le fils de Mme C, M. B C, est arrivé en France alors qu'il était encore mineur avec ses parents et qu'il a obtenu, le 8 décembre 2023, un visa de long séjour valant titre de séjour valable jusqu'au 7 décembre 2024 et, d'autre part, que la demande de renouvellement de titre de séjour, présentée par son époux en raison de son état de santé, était toujours en cours d'examen à la date de l'arrêté contesté. Alors que l'arrêté contesté ne mentionne pas ces éléments et que la préfète a indiqué, dans l'arrêté litigieux, que l'époux de la requérante avait fait l'objet d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français et qu'il n'y avait donc plus lieu d'autoriser provisoirement la requérante à résider sur le territoire français, Mme C est fondée à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle et familiale.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler les décisions du 4 avril 2024 refusant d'admettre Mme C au séjour et l'obligeant à quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, les décisions accordant un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination, prises le même jour, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
5. L'annulation des décisions litigieuses implique nécessairement le réexamen de la demande de titre de séjour présentée par Mme C et que cette dernière soit munie, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la préfète de la Meurthe-et-Moselle de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme C dans un délai de deux mois et, dans l'attente de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour. Toutefois, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par Mme C.
6. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Reich, avocat de Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Reich de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu d'admettre Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 4 avril 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé d'admettre au séjour Mme C, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de Meurthe-et-Moselle de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme C dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : L'Etat versera à Me Reich une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Reich renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse C, à Me Reich et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401340
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026