mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CHAIB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 et 28 mai 2024, M. C B, représenté par Me Chaïb, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 3 juillet 2023 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer, et sous astreinte de 30 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente du jugement au fond ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Chaïb, avocate de M. B, de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision le prive de la possibilité de travailler, alors même qu'il dispose d'une promesse d'embauche pour un contrat à durée indéterminée et qu'il sera, à l'issue de cette année scolaire, sans hébergement et sans ressources à l'expiration de son contrat jeune majeur.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
* la décision est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux au regard de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnait l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il remplit les conditions posées ;
* elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
* le préfet ne renverse pas la présomption d'authenticité des actes d'état civil.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 mai 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que, d'une part, qu'il ne peut se prévaloir de la présomption d'urgence, d'autre part, qu'il ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier de la suspension en litige ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée ;
- compte tenu de l'irrégularité des documents d'état civil produits par le requérant, des doutes peuvent être émis quant à la question de savoir s'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre 16 et 18 ans.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête aux fins d'annulation enregistrée le 20 novembre 2023 sous le numéro n°2303351 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 mai à 14h45 :
- le rapport de M. Di Candia, juge des référés ;
- les observations de Me Chaïb, représentant M. B, qui précise qu'ayant atteint l'âge de 21 ans, le contrat jeune majeur de M. B a expiré, de sorte que le département n'acceptera de l'héberger, en vertu d'une tolérance administrative, que jusqu'à l'issue de sa scolarité, que la seule manière pour M. B de ne pas se retrouver à la rue dépend de la suspension de la décision en litige, que le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation quant au caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, que ses absences ne sont pas toutes injustifiées, qu'il a obtenu son diplôme quelques jours après l'intervention de la décision attaquée, ce qui révèle le caractère sérieux de ses études ;
- et les observations de Mme A, représentant la préfète de Meurthe-et-Moselle, qui précise qu'elle ne sollicite pas de substitution de motifs mais indique que l'urgence dont se prévaut le requérant, qui est sans lien avec les effets de la décision attaquée, n'est pas établie ;
- et les observations de M. B lui-même.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 28 mai 2024 à 15h22.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant guinéen né le 27 mai 2003, est entré en France en mai 2019, selon ses déclarations. Par une ordonnance de placement provisoire du procureur de la République près le tribunal de grande instance d'Epinal du 2 juillet 2019 puis par une ordonnance d'ouverture de tutelle d'Etat du tribunal de grande instance de Nancy du 2 août 2019, il a été confié à l'aide sociale à l'enfance de Meurthe-et-Moselle. A sa majorité, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par une décision du 3 juillet 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Le premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. B se prévaut des effets conjugués à la fois de la décision attaquée, laquelle fait obstacle à ce qu'il puisse travailler, alors qu'il est titulaire d'une promesse d'embauche, et de l'expiration, au moment de son vingt-et-unième anniversaire, survenu le 27 mai 2024, du contrat jeune majeur qu'il a signé avec le département, ce qui rend désormais indispensable qu'il travaille pour subvenir à ses besoins et se loger. Toutefois, d'une part, M. B a fait valoir à l'audience qu'une tolérance administrative du département devrait lui permettre d'être hébergé jusqu'à la fin de l'année scolaire. D'autre part, il résulte des termes mêmes de la promesse d'embauche que produit M. B que celle-ci est subordonnée à l'obtention par lui de son diplôme de CAP en peinture de carrosserie, dont les résultats devront être publiés au cours du mois de juillet 2024. Enfin, l'audiencement de la requête au fond de M. B est prévu le 4 juillet 2024, tandis que la date de mise à disposition du jugement à intervenir sur celle-ci est susceptible d'être adaptée à l'urgence dont l'intéressé se prévaudra à l'occasion de cette prochaine audience. Dans ces conditions, les éléments dont se prévaut M. B ne suffisent pas à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision, présentées par M. B, doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. La présente ordonnance, qui rejette les conclusions de M. B aux fins de suspension de la décision contestée du 3 juillet 2023, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions du requérant aux fins d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, au ministre de l'intérieur et des Outre-mer et à Me Chaïb.
Fait à Nancy, le 29 mai 2024.
Le juge des référés,
O. Di Candia
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026