lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401481 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | CORSIGLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 mai 2024 et le 13 juin 2024, Mme D B, représentée par Me Corsiglia, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer le titre de séjour sollicité et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne le moyen commun à l'arrêté contesté :
- il est entaché d'incompétence ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît son droit à être entendue en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est à tort fondée sur la circonstance qu'elle n'établissait pas être dans l'impossibilité d'obtenir un emploi d'aide à domicile et d'agent d'entretien dans son pays d'origine ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie de circonstances humanitaires et de motifs exceptionnels d'admission au séjour dès lors que c'est à tort que la préfète considère qu'elle n'établit pas avoir fixé le centre de ses intérêts sur le territoire français et qu'elle n'est pas démunie d'attaches dans son pays d'origine et dès lors qu'elle ne se limite pas à produire une promesse d'embauche ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la préfète n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale sur le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît son droit à être entendue en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure :
- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle a droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en sa qualité de parent accompagnant d'enfant malade ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie de circonstances humanitaires et de motifs exceptionnels d'admission au séjour, dès lors que c'est à tort que la préfète considère qu'elle n'établit pas avoir fixé le centre de ses intérêts sur le territoire français et qu'elle n'est pas démunie d'attaches dans son pays d'origine et dès lors qu'elle ne se limite pas à produire une promesse d'embauche ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la préfète n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale sur le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de l'état de santé de sa fille mineure ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît son droit à être entendue en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie de circonstances humanitaires et de motifs exceptionnels d'admission au séjour dès lors que c'est à tort que la préfète considère qu'elle n'établit pas avoir fixé le centre de ses intérêts sur le territoire français et qu'elle n'est pas démunie d'attaches dans son pays d'origine et dès lors qu'elle ne se limite pas à produire une promesse d'embauche ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la préfète n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale sur le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de l'état de santé de sa fille mineure ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît son droit à être entendue en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie de circonstances humanitaires et de motifs exceptionnels d'admission au séjour, dès lors que c'est à tort que la préfète considère qu'elle n'établit pas avoir fixé le centre de ses intérêts sur le territoire français et qu'elle n'est pas démunie d'attaches dans son pays d'origine et dès lors qu'elle ne se limite pas à produire une promesse d'embauche ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la préfète n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dès lors que sa fille mineure ne peut être prise en charge médicalement en Géorgie, alors qu'elle y craint pour sa vie et son intégrité ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale sur le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de l'état de santé de sa fille mineure ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Wolff a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante géorgienne, née le 11 juin 1975, déclare être entrée sur le territoire français le 26 mai 2018 avec son mari et sa fille mineure, afin d'y solliciter l'asile. Cette demande a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 29 mars 2019. Le 3 juillet 2023, Mme B a formé une demande d'admission exceptionnelle au séjour au motif du travail. Par un arrêté du 22 février 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de faire droit à cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office. Par sa requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'arrêté contesté :
2. Par un arrêté du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, la préfète de Meurthe-et-Moselle a donné délégation à M. Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions qui relèvent des attributions de l'État dans le département, à l'exception des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de M. Julien Le Goff, signataire des décisions contestées, ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
4. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, à l'occasion du dépôt de sa demande, est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux.
5. Au cas d'espèce, Mme B soutient que son droit d'être entendue a été méconnu. Toutefois, elle ne fait état d'aucun élément particulier qu'elle aurait été empêché de faire valoir auprès de l'administration et qui aurait été jugé utile à la compréhension de sa situation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, tel que garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ne peut qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, la décision portant refus de séjour vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne que la délivrance d'un titre de séjour est refusée à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 de ce code, au motif que l'intéressée ne justifie pas de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels, et ne justifie pas avoir fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Dès lors que la préfète a suffisamment énoncé les considérations de droit et de fait fondant sa décision de refus de titre de séjour, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision contestée ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète, qui n'était d'ailleurs pas tenue de faire état de l'ensemble des éléments dont elle était saisie, n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation personnelle et familiale de Mme B avant de rejeter sa demande de titre de séjour, alors qu'il ressort des pièces du dossier que sa demande de titre de séjour était présentée sur le seul fondement de l'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail et qu'elle a présenté, postérieurement à la décision contestée, une demande d'autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen complet ne peut qu'être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ". Il appartient à l'autorité administrative, en application de ces dispositions, de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale" répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire".
9. D'une part, si les termes de la décision contestée font état de ce que la requérante n'établit pas être dans l'impossibilité d'obtenir un emploi en qualité d'agent d'entretien dans son pays d'origine, cette circonstance est toutefois sans incidence sur la légalité de la décision contestée dès lors que, pour refuser l'admission au séjour au titre du travail, la préfète de Meurthe-et-Moselle s'est fondée sur le motif tiré de ce que la requérante ne justifiait pas d'éléments constitutifs de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels, qu'elle ne produisait à l'appui de sa demande qu'une promesse d'embauche manuscrite d'un particulier pour un contrat à temps partiel, dont la nature n'était pas précisée, qu'en tout état de cause, une telle promesse ne constitue une condition ni nécessaire ni suffisante pour permettre la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, en retenant de tels motifs, alors qu'elle n'était pas tenue de faire état du formulaire de demande d'autorisation de travail joint à cette promesse d'embauche qui ne comportait d'ailleurs pas plus de précisions sur le contrat envisagé, la préfète a examiné la situation de la requérante au regard des éléments que cette dernière avait fait valoir à l'appui de sa demande d'admission au séjour.
10. D'autre part, la requérante se prévaut de sa présence en France depuis six ans à la date de la décision contestée, de celle de sa fille mineure, de sa mère et de sa sœur. Elle soutient que sa fille souffre de troubles de santé importants qui nécessitent sa présence en France et qu'elle a formé une demande d'autorisation provisoire de séjour en sa qualité d'accompagnant d'étranger malade, qui a été classée sans suite par une décision de la préfète de Meurthe-et-Moselle dont elle a eu connaissance le 28 mai 2024. Toutefois, et en tout état de cause, les pièces produites par la requérante, tel que le rapport produit de l'école de droit de SciencesPo et d'Habitat Cité relatif au droit au séjour et problématiques de santé des ressortissants géorgiens, de portée générale, ne permettent pas de justifier de considérations humanitaires ou d'un motif exceptionnel d'admission au séjour. Elle n'établit pas davantage l'intensité des liens noués sur le territoire, alors qu'il ressort des pièces du dossier que sa sœur et sa mère sont également en situation irrégulière en France et font l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'elle ne justifie pas ne plus avoir d'attache avec son pays d'origine et qu'elle a également fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement par un arrêté du 26 février 2021 du préfet de Meurthe-et-Moselle, qu'elle n'a pas exécutée.
11. Enfin, pour contester la décision de refus de séjour opposée par la préfète de Meurthe-et-Moselle, Mme B se borne à produire une promesse d'embauche chez un particulier en contrat à temps partiel en qualité d'agent de service. Cet élément, en l'absence de toute autre pièce relative à son intégration socio-professionnelle, est insuffisant à constituer, à lui-seul, un motif exceptionnel d'admission au séjour au titre du travail. Ainsi, la circonstance que la préfète ait indiqué dans les motifs de la décision contestée que la requérante n'établissait pas être dans l'impossibilité d'obtenir un emploi en qualité d'agent d'entretien dans son pays d'origine est sans incidence sur la légalité de l'arrêté litigieux dès lors que la préfète pouvait, au seul motif de l'absence de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels d'admission au séjour au titre du travail, refuser de faire droit à la demande de titre de séjour.
12. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle a entaché sa décision d'une erreur de fait, d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation en ne régularisant pas sa situation, à titre exceptionnel, au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ; () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour, lorsqu'il envisage de refuser un titre mentionné à l'article L. 432-13, que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d'un tel titre, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent des articles auxquels les dispositions de l'article L. 432-13 ci-dessus renvoient.
14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10 et 11 ci-dessus, Mme B ne justifie pas remplir les conditions d'octroi de plein droit d'un titre de séjour, pas plus, en tout état de cause, qu'être dans le cas prévu à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Ce moyen doit être écarté.
15. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
16. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10 ci-dessus, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées ne peut être qu'écarté.
17. En septième lieu, le moyen tiré de ce que le refus de titre de séjour méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre d'une décision qui, par elle-même, n'implique pas le retour de l'intéressée dans son pays d'origine et ne peut, par suite, qu'être écarté.
18. En huitième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant susvisée : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
19. Si Mme B soutient que la décision contestée méconnaîtrait l'intérêt supérieur de sa fille, A, compte tenu des problèmes de santé qu'elle présente, elle ne produit aucun élément de nature à l'établir, alors d'ailleurs que sa demande d'autorisation provisoire de séjour en qualité d'étranger accompagnant d'enfant malade a été classée sans suite. Par suite, ce moyen doit être écarté.
20. En neuvième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9, 10 et 11 ci-dessus, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation à titre exceptionnel.
21. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un détournement de pouvoir ou de procédure n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
22. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que doit être écarté le moyen invoqué par Mme B tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de titre de séjour.
23. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, de même valeur juridique que le Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et le Traité sur l'Union européenne, en vertu de l'article 6 de ce dernier : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres, mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Par suite, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Le requérant peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur les mesures d'éloignement envisagées.
24. Ce principe implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il lui appartient, lors du dépôt de sa demande de titre, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, de préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et de produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, qui n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'étranger à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de séjour, est ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour. La requérante n'est, par suite, pas fondée à soutenir que le droit d'être entendu aurait été méconnu avant que ne soit prise la mesure d'éloignement litigieuse.
25. En troisième lieu, le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour est inopérant à l'encontre d'une mesure d'éloignement et doit être écarté.
26. En quatrième lieu, en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision par laquelle la préfète a obligé Mme B à quitter le territoire français, qui vise ces dispositions, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte, dès lors qu'elle a été prise concomitamment à la décision de refus de titre de séjour, laquelle est, tel qu'il a été dit au point 6 du présent jugement, suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision ne peut qu'être écarté.
27. En cinquième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision contestée, ni des pièces du dossier que la préfète, tel qu'il a été exposé au point 7 du présent jugement, qu'elle n'aurait pas pris en compte les conséquences de la décision sur la situation de Mme B. En particulier, il ressort des termes de la décision contestée que la préfète a tenu compte des éléments relatifs à la situation privée et familiale de la requérante et a également étudié sa situation au regard du pouvoir de régularisation dont elle dispose. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen complet de la situation ne peut qu'être écarté.
28. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ". L'autorité administrative ne peut légalement prendre une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
29. Mme B soutient qu'elle ne peut faire l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français dès lors qu'elle remplit les conditions de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour en justifier, elle produit un compte-rendu d'hospitalisation et des ordonnances de prescription pour sa fille. Toutefois, ces éléments, en particulier le rapport produit de l'école de droit de SciencesPo et d'Habitat Cité relatif au droit au séjour et problématiques de santé des ressortissants géorgiens, de portée générale, ne suffisent pas à établir que la fille de la requérante ne pourrait bénéficier effectivement de traitements appropriés dans son pays d'origine. Ainsi, Mme B ne justifie pas, par les pièces qu'elle produit, que l'état de santé de sa fille mineure remplit les conditions fixées à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à la date de la décision contestée. Le moyen tiré de ce qu'elle ne pouvait faire l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français doit, par suite, être écarté.
30. En septième lieu, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur d'appréciation et de l'erreur manifeste d'appréciation de la préfète de Meurthe-et-Moselle dès lors que Mme B justifie de circonstances humanitaires et de motifs exceptionnels d'admission au séjour ne sauraient utilement être invoqués au soutien de la demande d'annulation d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, ces moyens doivent être écartés comme inopérants.
31. En huitième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
32. La requérante déclare être présente en France depuis six ans à la date de la décision contestée. Toutefois, la durée de sa présence en France est essentiellement due au temps qu'a nécessité l'examen de sa demande d'asile, alors qu'elle a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle du 26 février 2021 qu'elle n'a pas exécutée. Elle se prévaut également de la présence sur le territoire de sa fille mineure et de sa mère et de sa sœur. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ces dernières sont également en situation irrégulière et font l'objet de mesures d'éloignement. Si elle se prévaut de l'état de santé de sa fille, qui justifierait qu'elle dispose d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade, il ressort toutefois des pièces du dossier, ainsi qu'il a été exposé au point 29, qu'elle ne l'établit pas alors d'ailleurs que sa demande d'autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade, postérieure à la décision contestée, a été classée sans suite. Enfin, elle n'établit pas la réalité et l'intensité des liens qu'elle a noués sur le territoire et elle ne justifie pas ne plus avoir d'attaches dans son pays d'origine. Par suite, c'est sans méconnaître les stipulations précitées et sans porter une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des motifs qui la fondent que la préfète a pu prendre une décision portant obligation de quitter le territoire français à son encontre.
33. En neuvième lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision faisant obligation à Mme B de quitter le territoire français qui n'implique pas par elle-même le retour de l'intéressée dans son pays d'origine.
34. En dixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant susvisée : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
35. Si Mme B soutient que la décision contestée méconnaîtrait l'intérêt supérieur de sa fille, A, compte tenu de son état de santé, qui implique nécessairement des soins en France, elle ne produit aucun élément de nature à l'établir. Par suite, ce moyen doit être écarté.
36. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un détournement de pouvoir ou de procédure n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
37. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que doit être écarté le moyen invoqué par Mme B tiré de ce que la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
38. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 23 ci-dessus, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée méconnaît son droit d'être entendue.
39. En troisième lieu, le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour est inopérant à l'encontre d'une décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et doit, par suite, être écarté comme tel.
40. En quatrième lieu, la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire vise l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise qu'il existe un risque que Mme B se soustraie à la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français dès lors qu'elle se maintient en situation irrégulière sur le territoire et qu'elle s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. La décision contient ainsi l'exposé suffisant des considérations de droit et de fait qui la fondent. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
41. En cinquième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision contestée, ni des pièces du dossier que la préfète, tel qu'il a été exposé au point 7 et 27 du présent jugement, qu'elle n'aurait pas pris en compte les conséquences de la décision sur la situation de Mme B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen complet de la situation ne peut qu'être écarté.
42. En sixième lieu, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur d'appréciation et de l'erreur manifeste d'appréciation de la préfète de Meurthe-et-Moselle dès lors que Mme B justifie de circonstances humanitaires et de motifs exceptionnels d'admission au séjour ne sauraient utilement être invoqués au soutien de la demande d'annulation d'une décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, ces moyens doivent être écartés comme inopérants.
43. En septième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () ".
44. Il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est maintenue en situation irrégulière sur le territoire après le rejet définitif de sa demande d'asile et a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, qu'elle n'a pas exécutée. Elle se trouvait ainsi dans le cas prévu aux 2° et 5° de l'article L. 612-3 précité, permettant de regarder comme établi, sauf circonstance particulière, le risque qu'elle se soustraie à l'obligation qui lui avait été faite de quitter le territoire français. Mme B ne se prévaut d'aucune circonstance particulière permettant de regarder le risque de fuite comme non établi. Elle n'est par conséquent pas fondé à soutenir que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation, ces moyens doivent être écartés.
45. En huitième lieu, les moyens tirés de la violation des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant sont inopérants à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire à Mme B et doivent, par suite, être écartés.
46. En neuvième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9, 10 et 11 ci-dessus, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation à titre exceptionnel.
47. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un détournement de pouvoir ou de procédure n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
48. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que doit être écarté le moyen invoqué par Mme B tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
49. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 23 ci-dessus, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée méconnaît son droit d'être entendue.
50. En troisième lieu, le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour est inopérant à l'encontre d'une décision fixant le pays de destination et doit, par suite, être écarté comme tel.
51. En quatrième lieu, la décision fixant le pays de destination vise les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle précise que la requérante est de nationalité géorgienne, que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA et qu'elle n'établit pas encourir des risques de traitement inhumain ou dégradant en cas de retour en Géorgie. Dès lors que la décision comporte l'énoncé suffisant des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision doit être écarté.
52. En cinquième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision contestée, ni des pièces du dossier que la préfète, tel qu'il a été exposé au point 7 et 27 du présent jugement, qu'elle n'aurait pas pris en compte les conséquences de la décision sur la situation de Mme B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen complet de sa situation ne peut qu'être écarté.
53. En sixième lieu, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur d'appréciation et de l'erreur manifeste d'appréciation de la préfète de Meurthe-et-Moselle dès lors que Mme B justifie de circonstances humanitaires et de motifs exceptionnels d'admission au séjour ne sauraient utilement être invoqués au soutien de la demande d'annulation d'une décision fixant le pays de destination. Par suite, ces moyens doivent être écartés comme inopérants.
54. En septième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Ce dernier texte énonce que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
55. Mme B soutient que son retour en Géorgie constituerait une menace pour sa vie et son intégrité, en contrariété avec les textes précités. Toutefois, Mme B, dont la demande d'asile a d'ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 1 ci-dessus, été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile, n'établit pas la réalité des risques personnels auxquels il serait exposé en cas de retour en Géorgie. Elle n'établit pas plus par les pièces qu'elle produit que sa fille, A, devrait impérativement rester en France compte tenu de son état de santé. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des textes précités ne peut être accueilli.
56. En huitième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
57. Si Mme B soutient que la décision contestée méconnaît l'intérêt supérieur de sa fille, A, compte tenu de son état de santé, qui implique nécessairement des soins en France, elle ne produit aucun élément de nature à l'établir. Par suite, ce moyen doit être écarté.
58. En neuvième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est, en l'espèce, inopérant à l'encontre de la décision fixant le pays de destination. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
59. En dixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9, 10 et 11 ci-dessus, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire.
60. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un détournement de pouvoir ou de procédure n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il ne peut qu'être écarté.
61. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
62. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'emporte aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par Mme B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
63. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Corsiglia.
Délibéré après l'audience publique du 4 juillet 2024 à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.
La rapporteure,
É. WolffLe président,
D. Marti
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2401481
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026