mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401632 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | LOSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2024 à 17h32, et un mémoire complémentaire enregistré le 10 juin 2024, sous le n° 2401632, M. F A D demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2024, par lequel le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de circuler sur le territoire français pendant une période de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de la part contributive au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;
- l'obligation de quitter le territoire français a été prise en violation de son droit d'être entendu, garanti par les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur d'appréciation sur la condition liée à l'urgence, alors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas un risque de fuite ;
- la décision fixant le pays de destination est spécifiquement entachée d'une insuffisance de motivation en droit, faute de viser l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bourjol, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourjol, magistrat désignée,
- les observations de Me Losa, avocat commis d'office, représentant M. A D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens. Il insiste sur le moyen tiré de ce que le requérant n'a pas été mis à même de présenter des observations préalablement à l'édiction de la mesure d'éloignement, que l'obligation de quitter le territoire français, la décision de refus d'octroi d'un départ volontaire, et l'interdiction de circulation sont entachées d'erreur d'appréciation, en l'absence de menace caractérisée à l'ordre public ;
- les observations de M. E, représentant le préfet de la Moselle, qui reprend les conclusions du mémoire en défense. Il rappelle que l'obligation de quitter le territoire français a été prise au double motif de l'absence de droit au séjour et de la menace à l'ordre public que représente le comportement de M. A D, laquelle menace est avérée, compte de la durée totale d'incarcération de six années compte tenu de ses antécédents judiciaires. Il insiste sur l'absence de vie privée et familiale en France du requérant, qui est célibataire et sans enfant à charge. Il ajoute que le contradictoire n'a pas été méconnu, faute pour l'intéressé d'avoir porté à la connaissance de la préfète, qui n'a pas l'obligation de l'y inviter, des éléments susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à l'encontre de M. A D une mesure d'éloignement ;
- et les observations de M. A D lui-même, qui exprime ses regrets et souhaite rester en France.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. F A D, de nationalité portugaise né le 23 juillet 1990, a déclaré être entré en France le 22 juin 2021. Par un arrêté du 3 juin 2024, le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de circuler sur le territoire français pendant une période de deux ans. Par la présente requête, M. A D, placé en centre de rétention administrative, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A D au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
3. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. B C, directeur de l'immigration et de l'intégration de la préfecture, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation par un arrêté préfectoral du 14 mai 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Moselle. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du vice de forme ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient M. A D, l'arrêté litigieux lui a été notifié le 3 juin 2024 avec l'assistance d'un interprète en langue portugaise. En tout état de cause, les conditions de notification d'un acte administratif sont sans incidence sur sa légalité.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, si, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.
7. Il résulte toutefois également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré, ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Comme la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A D n'ait pas été mis en mesure de présenter des observations sur la perspective de son éloignement. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu son droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 200-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le présent livre détermine les règles applicables à l'entrée, au séjour et à l'éloignement : 1° Des citoyens de l'Union européenne, tels que définis à l'article L. 200-2 () ". Aux termes de l'article L. 200-2 de ce code : " Est citoyen de l'Union européenne toute personne ayant la nationalité d'un Etat membre. () " Aux termes de l'article L. 251-1 du même code : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société () ". Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes :/ 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ;/ 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () ".
9. Il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence d'un citoyen de l'Union européenne sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de la situation individuelle de l'intéressé, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
10. D'une part, M. A D a été placé en détention provisoire par le tribunal judiciaire de Val de Briey le 25 janvier 2024, puis condamné par ce même tribunal à une peine d'emprisonnement de douze mois, dont quatre mois avec sursis pour des faits de violences sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, et récidive de faits similaires. Par suite, et alors même que cette dernière condamnation n'a pas entraîné pour la victime d'incapacité permanente partielle, le comportement personnel de M. A D constitue, du point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société.
11. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il dispose des ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale.
12. Il résulte de ce qui a été dit aux points 10 et 11 du présenté jugement, que M. A D n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Moselle a fait une inexacte application des dispositions citées au point 8.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
14. Si M. A D, célibataire et sans enfant à charge, soutient qu'il est présent en France depuis 2021 avec sa compagne de nationalité portugaise, toutefois et compte tenu de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement, le requérant a été condamné et incarcéré pour avoir exercé des violences sur sa compagne. Par suite, et compte tenu de son comportement depuis son arrivée en France, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
15. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ".
16. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le comportement de M. A D constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française. Par suite, en n'assortissant pas l'obligation de quitter le territoire français d'un délai de départ volontaire, le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation quant à l'urgence.
En ce qui concerne la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné :
17. En premier lieu, M. A D n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
19. Si le requérant fait valoir que l'omission du visa de l'article L. 721-4 entache l'arrêté d'insuffisance de motivation, toutefois, la décision attaquée vise expressément l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, auquel renvoie l'article L. 721-4. En tout état de cause, une omission ou une erreur dans les visas d'un acte administratif ne sont pas de nature à en affecter la légalité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination est entachée d'illégalité faute d'avoir visé l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
20. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 261-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 251-1 mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-4, à destination duquel les étrangers dont la situation est régie par le présent livre sont renvoyés en cas d'exécution d'office ". M. A D, qui n'allègue pas être menacé en cas de retour dans son pays d'origine, n'est pas fondé à soutenir que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales seraient méconnues.
21. M. A D, célibataire et sans personne à charge, n'établit ni même n'allègue avoir des attaches familiales en France, ne dispose d'aucun domicile stable et ne justifie d'aucune insertion dans la société française. En outre, il ne conteste pas avoir conservé des attaches personnelles et familiales au Portugal, pays dont il a la nationalité et où il a résidé la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, M. A D n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :
22. En premier lieu M. A D n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français.
23. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. ".
24. Eu égard à la condamnation dont a fait l'objet M. A D et à sa situation personnelle et familiale, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prenant à son encontre une mesure d'interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet de la Moselle aurait fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent ou aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction prononcée.
25. En troisième lieu, le requérant ne peut se prévaloir utilement de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation liée à la méconnaissance de l'article L. 622-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui concerne l'interdiction de circulation sur le territoire dont peut être assortie une décision de remise prise en application de l'article L. 621-1 du même code. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
26. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A D doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à la mise à la charge de l'Etat des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A D et au préfet de la Moselle.
Lu en audience publique le 11 juin 2024 à 15h32.
La magistrate désignée,
A. Bourjol
La greffière
L. Bourée
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026