mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401652 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2024, M. B A, représenté par Me Mangeot, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 29 avril 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois.
Vu :
- la requête, enregistrée le 5 juin 2024 sous le n° 2401651, par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté du 29 avril 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision de suspension de la validité d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.
3. M. A a fait l'objet, le 27 avril 2024 à 3 heures 30, d'un contrôle routier à l'issue duquel son permis de conduire a été retenu. Par un arrêté du 29 avril 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois en raison des résultats positifs du dépistage de l'état alcoolique de l'intéressé, avec un taux de 0,69 milligramme par litre d'air expiré, alors que ce taux ne doit pas excéder 0,25 milligramme par litre d'air expiré.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de cet arrêté sans attendre le jugement de la requête au fond, M. A fait valoir qu'il exerce la profession de chauffeur routier et que sa société, qui ne compte que deux autres chauffeurs, ne peut plus honorer certains des contrats conclus avec ses clients ce qui l'expose à de graves difficultés économiques. Toutefois, eu égard à la gravité de l'infraction au code de la route commise par M. A, la décision litigieuse répond à des exigences de protection de la sécurité routière dont il appartient au juge des référés de tenir compte pour apprécier objectivement et globalement si la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées est satisfaite. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision attaquée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Nancy, le 12 juin 2024.
Le juge des référés,
S. Davesne
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401652
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