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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2401674

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2401674

lundi 10 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2401674
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantMANLAAHMAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 5, 6 et 10 juin 2024, M. B A, représenté par Me Manla Ahmad, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, alors qu'il est détenu au centre de détention de Saint-Mihiel :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 5 juin 2024 par lequel le préfet de la Meuse l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son égard une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Meuse, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de faire procéder sans délai à la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, Me Manla Ahmad, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de mettre cette même somme à la charge de l'Etat sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'auteur de l'arrêté attaqué est incompétent pour en être le signataire ;

- les décisions contenues dans l'arrêté attaqué ne sont pas suffisamment motivées ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux et particulier de sa situation personnelle et celle de sa compagne dès lors qu'il a sollicité l'asile ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

- il est fondé à exciper de l'illégalité de la décision implicite de refus de titre de séjour dès lors qu'il peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il peut bénéficier de la délivrance de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la possibilité de voir prospérer sa demande d'asile ;

- c'est à tort que le préfet a considéré que son comportement constituait une menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît les articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

- la décision portant refus de lui accorder un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faute pour le préfet d'avoir examiné la durée de sa présence en France, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou l'absence de précédentes mesures d'éloignement ;

- la même décision doit être annulée par voie de conséquence de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Par mémoire en défense et un mémoire complémentaire enregistrés les 9 et 10 juin 2024, le préfet de la Meuse conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le rapport de M. Di Candia a été entendu au cours de l'audience publique.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Di Candia, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Issa, substituant Me Manla Ahmad, pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

Le préfet de la Meuse n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à 14h59, à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant turc, déclare être entré en France en février 2014. En 2017, il a sollicité l'asile. Après le rejet de sa demande à la fois par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 20 novembre 2017, puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 10 juillet 2018, et le rejet de sa demande de réexamen par l'OFPRA le 21 novembre 2023, M. A, incarcéré sans être titulaire d'un titre de séjour, a, le 16 octobre 2023, sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration préfectorale sur sa demande de titre. Par un arrêté du 5 juin 2024, le préfet de la Meuse a, sur le fondement des 3°, 4° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pris à l'encontre de M. A un arrêté lui faisant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et lui faisant interdiction de retour pour une durée de deux ans. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission à titre provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté dans son ensemble :

4. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Meuse a donné délégation à M. Christian Robbe-Grillet, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Meuse, à l'exception des déclinatoires de compétence, des arrêtés de conflit, des déférés et des décisions de saisine de la chambre régionale des comptes dans le cadre du contrôle budgétaire. Dans ces conditions, M. C était compétent pour signer l'arrêté attaqué. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de l'ensemble des décisions qu'il contient. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions qu'il contient doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de M. A, le préfet faisant notamment état de la demande d'asile de l'intéressé.

7. En quatrième lieu, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ne sont pas assortis de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

9. Il ressort des pièces à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, M. A excipe de l'illégalité de la décision née du silence gardé par le préfet de la Meuse sur sa demande de titre de séjour. S'il se prévaut de la naissance de son enfant, né de son union avec une ressortissante française, il est constant qu'à la date le 16 février 2024 à laquelle est intervenue la décision implicite de refus de titre, cet enfant n'était pas encore né. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article cité au point précédent, soulevé à l'appui de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

10. En deuxième lieu, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance () de la carte de séjour temporaire () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné par la Cour d'assises de l'Essonne, le 11 juin 2021, à une peine de huit ans d'emprisonnement pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commis en 2014. Si M. A fait valoir que cette condamnation est intervenue dans un contexte de légitime défense, alors qu'il faisait l'objet d'une agression de la part de trois hommes, ces éléments ne ressortent que de son propre récit de la situation. En outre, l'intéressé a également été condamné par le tribunal correctionnel d'Alençon, le 14 décembre 2020, à une peine d'un an d'emprisonnement pour des faits de vol par ruse ainsi que pour des faits de vol et de conduite sans permis commis en 2018 en en 2019. Eu égard à la gravité des faits commis et de la réitération récente de faits délictueux, le comportement de M. A demeure, à la date de l'arrêté attaqué, et nonobstant l'attitude irréprochable adoptée en détention, une menace pour l'ordre public qu'il lui appartient de lever. Dès lors, cette circonstance faisant obstacle à la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il entrait dans le champ de la loi, prescrivant l'attribution de plein droit d'un titre de séjour. De même, si M. A fait valoir que les nouveaux éléments qu'il doit faire valoir devant la Cour nationale du droit d'asile ont vocation à prospérer, il ne justifie pas que la qualité de réfugié lui a été reconnue.

12. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'a pas pour objet de fixer le pays à destination duquel le requérant pourra être éloigné.

13. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. Si M. A se prévaut de la durée de son séjour en France, de la présence de sa compagne, de nationalité française, ainsi que de celle de son enfant, né le 25 mai 2024 de cette relation, ces éléments ne sauraient suffire, eu égard à la gravité des faits qui lui sont reprochés, à établir qu'en prenant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Meuse aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés de ce que la mesure d'éloignement serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ou méconnaitrait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés.

En ce qui concerne le moyen propre à la contestation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

15. M. A n'établit pas l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de la Meuse lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne le moyen propre à la contestation de la décision fixant le pays de destination :

16. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

17. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment de la décision rendue par la Cour nationale du droit d'asile n° 23038746 du 23 mai 2024 que le bénéfice de la protection subsidiaire a été accordé au frère du requérant à raison de risques de persécution en Turquie provenant de la famille de la victime du requérant, souhaitant se venger depuis les faits pour lesquels M. A a été condamné en 2014. Dans ces conditions, M. A étant lui-même au cœur de ce litige, il est fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant interdiction de retour :

18. En premier lieu, M. A n'établit pas l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de la Meuse lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français devrait être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, le préfet assortit, en principe et sauf circonstances humanitaires, l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. La durée de cette interdiction doit être déterminée en tenant compte des critères tenant à la durée de présence en France, à la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, à l'existence de précédentes mesures d'éloignement et à la menace pour l'ordre public représentée par la présence en France de l'intéressé.

20. En l'espèce, la présence de M. A sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, et en dépit de la durée de sa présence sur le territoire national, de ses liens en France et de l'absence de précédente mesure d'éloignement le concernant, M. A n'établit pas que le préfet de la Meuse aurait fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 juin 2024 en tant seulement qu'il fixe le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. L'annulation de l'arrêté attaqué en tant seulement qu'il fixe le pays de destination n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent donc être rejetées.

Sur les frais d'instance :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, pour l'essentiel, dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La décision fixant le pays de destination contenue dans l'arrêté attaqué du 5 juin 2024 est annulée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Manla Ahmad et au préfet de la Meuse.

Lu en audience publique le 10 juin 2024 à 15 heures 15.

Le magistrat désigné,

O. Di Candia

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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