mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401693 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique (Chambre 2) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juin 2024, l'association action grand passage et M. A B demandent au tribunal, en application de l'article L. 779-1 du code de justice administrative, d'annuler l'arrêté en date du 6 juin 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a mis en demeure les occupants et leurs caravanes de quitter la parcelle cadastrée section AD N° 817 avenue du 8 mai 1945 à Longwy.
Ils soutiennent que la communauté d'agglomération du Grand Longwy ne remplit pas toutes ses obligations en matière d'accueil des gens du voyage car l'aire de grand passage mise à disposition des gens du voyage ne correspond pas aux obligations en termes de superficie prévues par le décret du 5 mars 2019. Elle dispose d'une surface peu exploitable et d'une hygiène manquante ainsi que d'infrastructures obsolètes et dégradées, ainsi que le démontre le constat d'huissier produit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°2000-614 du 5 juillet 2000 modifiée relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juin 2024 à 10h00 :
- le rapport de M. Marti ;
- les observations de M. B, représentant les gens du voyage ;
- et les observations de M. C, pour la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience à 11h11, la clôture de l'instruction.
Le président du tribunal a désigné M. Marti, vice-président en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 6 juin 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle a, à la demande du président de la communauté d'agglomération du Grand Longwy, mis en demeure, sur le fondement des dispositions de la loi du 5 juillet 2000, les occupants, caravanes et véhicules stationnant illégalement sur la parcelle cadastrée section AD n° 817 8 avenue du 8 mai 1945 à Longwy, de quitter les lieux dans un délai de 48 heures. M. B et l'association action grand passage demandent l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'article 9 de la loi susvisée du 5 juillet 2000 dispose que : " I. Dès lors qu'une commune remplit les obligations qui lui incombent en application de l'article 2, son maire () peut, par arrêté, interdire en dehors des aires d'accueil aménagées le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées à l'article 1er. () / II. -En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux. La mise en demeure ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porte atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques. La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou titulaire du droit d'usage du terrain. () / II bis. -Les personnes destinataires de la décision de mise en demeure prévue au II, ainsi que le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain peuvent, dans le délai fixé par celle-ci, demander son annulation au tribunal administratif. Le recours suspend l'exécution de la décision du préfet à leur égard. Le président du tribunal ou son délégué statue dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa saisine.
3. Il est démontré par la préfète que les gens du voyage se sont installés illégalement le 2 juin dernier sur un ancien terrain de sport et branchés irrégulièrement sur une borne d'incendie ainsi que sur l'alimentation électrique, qu'aucun dispositif de collecte de déchets ni aucune installation sanitaire ne sont prévues et que les eaux usées sont jetées à même le sol. Les requérants ne sont, par suite, pas fondés à soutenir que la préfète aurait commis une erreur dans l'appréciation de l'atteinte à la sécurité et à la salubrité publiques.
4. En second lieu, les requérants ne démontrent pas que l'aire de grand passage qui leur a été proposée ne serait pas suffisamment aménagée. Il s'agit d'une aire certes provisoire, mais dont le sol est stabilisé et carrossable, avec une dalle en béton et une aire de retournement pour faciliter la circulation, une alimentation en eau potable et une alimentation électrique sécurisée, permettant l'installation des 70 caravanes que comporte le groupe de gens du voyage concerné, ainsi que l'établit la préfète par la production d'un constat d'huissier en date du 3 juin 2024. Les conditions d'hygiène et de sécurité sont, au demeurant, bien meilleures que celles existant sur le terrain de sport occupé illégalement.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête des gens du voyage ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association action grand passage et de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association action grand passage en sa qualité de représentant unique en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Copie en sera adressée à la communauté d'agglomération du Grand Longwy et à la commune de Longwy.
Fait à Nancy, le 12 juin 2024
Le magistrat désigné,
D. MartiLa greffière,
L. Bourrée
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026