jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401722 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | KIPFFER |
Vu la procédure suivante :
Par un arrêt n° 23NC03340 et n° 23NC03447 du 6 juin 2024, la cour administrative d'appel de Nancy a annulé le jugement n° 2301874 rendu le 26 juin 2023 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Nancy a rejeté la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 juin 2023 de la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, portant assignation à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours, et a renvoyé l'affaire devant le tribunal administratif de Nancy pour qu'il soit statué sur sa demande.
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 juin 2023 et le 29 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Kipffer, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de communiquer à son avocat l'entier dossier sur la base duquel l'administration a pris l'arrêté attaqué ;
3°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2023 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de se présenter les lundis, hors jours fériés, à 9 heures, au commissariat de police de Mont-Saint-Martin ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué n'est pas motivé ;
- il n'est pas nécessaire et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir ;
- la préfète ne démontre pas l'existence d'une perspective raisonnable d'éloignement.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2023, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2024.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Philis a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant russe né le 7 janvier 1989, est entré en France en janvier 2023 en vue d'y solliciter l'asile. Le 11 janvier 2023, une attestation de demande d'asile lui a été remise. La consultation du fichier Eurodac a fait ressortir que l'intéressé avait préalablement été identifié en Croatie. Les autorités croates ont accepté de le reprendre en charge le 31 janvier 2023. Par un arrêté du 20 mars 2023, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, a ordonné sa remise aux autorités croates responsables de sa demande d'asile. Par un arrêté du même jour, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours. Par un arrêté du 13 juin 2023, la préfète a renouvelé la mesure d'assignation à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours et a astreint M. B à se présenter chaque lundi, hors jours fériés, à 9 heures au commissariat de police de Mont-Saint-Martin. M. B a sollicité l'annulation de cet arrêté. Par un arrêt n° 23NC03340 et n° 23NC03447 du 6 juin 2024, la cour administrative d'appel de Nancy a annulé le jugement n° 2301874 du 26 juin 2023 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Nancy a rejeté la requête de M. B dirigé contre l'arrêté du 13 juin 2023 a renvoyé l'affaire devant le tribunal administratif de Nancy pour qu'il soit statué sur sa demande à nouveau.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".
3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande tendant à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la demande de production par le préfet de l'entier dossier du requérant :
4. Selon les dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin le concours d'un interprète et la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. " En l'espèce, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin ayant produit, en tout état de cause, le dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise, les conclusions présentées à ce titre sont devenues sans objet et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En deuxième lieu, si M. B soutient que l'arrêté attaqué n'est pas justifié et porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, il n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Dès lors, les moyens tirés de l'absence de nécessité de la mesure et de l'atteinte portée à la liberté d'aller et venir doivent être écartés.
7. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'éloignement du requérant ne présentait pas, à la date de la mesure contestée, une perspective raisonnable. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin, et à Me Kipffer.
Délibéré après l'audience publique du 17 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Samson-Dye, présidente,
M. Bastian, conseiller,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
La rapporteure,
L. Philis
La présidente,
A. Samson-Dye
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne au préfet de la région Grand-Est, préfet du Bas-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026