vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | AIRIAU |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n°2101764, le 13 juin 2024, et un mémoire enregistré le 19 juin 2024, Mme F D, représentée par Me Airiau, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin l'a assignée à résidence ;
3°) de mettre à la charge de la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin la somme de 2 000 euros à verser à son avocat, Me Airiau, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Airiau s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat ou de lui verser cette somme si elle n'était pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'une erreur de droit faute pour la préfète de démontrer qu'elle a fait l'objet d'une décision ordonnant son transfert.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n°2101765, le 13 juin 2024, et un mémoire enregistré le 19 juin 2024, M. A E, représenté par Me Airiau, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2024 par lequel la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence ;
3°) de mettre à la charge de la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin la somme de 2 000 euros à verser à son avocat, Me Airiau, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Airiau s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat ou de lui verser cette somme s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'une erreur de droit faute pour la préfète de démontrer qu'il a fait l'objet d'une décision ordonnant son transfert.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Cabecas, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Cabecas a été entendu au cours de l'audience publique.
Des notes en délibéré ont été produites par la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, le 20 juin 2024, et n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D et M. E, ressortissants russes nés respectivement le 12 avril 1996 et le 23 avril 1993, seraient entrés en France le 26 février 2024, selon leurs déclarations, en vue de solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Par des arrêtés du 17 avril 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné le transfert de Mme D et M. E aux autorités croates, responsables de l'examen de leurs demandes d'asile et les a assignés à résidence. Par des arrêtés du 11 juin 2024, ces dernières décisions ont été renouvelées pour une durée de 45 jours. Par les requêtes susvisées qu'il y a lieu de joindre, Mme D et M. E demandent l'annulation des arrêtés du 11 juin 2024.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence à statuer sur les présentes requêtes, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme D et M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 8 mars 2024, publié au recueil des actes administratifs du Bas-Rhin le même jour, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin a donné délégation à Mme B C, cheffe du pôle régional Dublin, pour signer les décisions d'assignation à résidence prises à la suite de décisions ordonnant le transfert de demandeurs d'asile dans l'Etat responsable de l'examen de leurs demandes. Par suite, Mme C, signataire des arrêtés contestés, était autorisée à signer les décisions assignant Mme D et M. E à résidence. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, dès lors que les arrêtés attaqués comportent l'énoncé suffisant des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées doit être écarté comme manquant en fait.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces des dossiers, notamment du jugement du tribunal administratif nos 2401305, 2401306 du 7 mai 2024 que par des arrêtés du 17 avril 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a ordonné le transfert des requérants aux autorités croates, responsables de l'examen de leurs demandes d'asile. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant assignation à résidence en litige seraient dépourvues de base légale.
7. En quatrième lieu, les requérants n'apportent aucun élément de nature à démontrer que leur obligation de pointage, deux fois par semaine, présenterait un caractère disproportionné au but poursuivi par les mesures d'assignation à résidence en litige.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D et M. E ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 11 juin 2024 par lesquels la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin a renouvelé leur assignation à résidence.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
DÉCIDE :
Article 1er : Mme D et M. E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F D, à M. A E, à Me Airiau et à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 juin 2024.
La magistrate désignée,
L. CabecasLe greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2401764, 2401765
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026