vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401840 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU OQTF 6 semaines |
| Avocat requérant | GEHIN |
Vu les procédures suivantes :
I. - Par une requête, enregistrée le 19 juin 2024 sous le numéro 2401839, M. A B, représenté par Me Géhin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel la préfète des Vosges l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance de son droit à être entendu ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la préfète n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle ;
- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits ;
- elle est caduque du fait de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- elle méconnait les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles des articles 3§1 et 9§1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnait l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle n'est pas suffisamment motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2024, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 juillet 2024.
II. - Par une requête, enregistrée le 19 juin 2024 sous le numéro 2401840, Mme F E, représentée par Me Géhin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel la préfète des Vosges l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance de son droit à être entendue ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la préfète n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle ;
- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits ;
- elle est caduque du fait de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- elle méconnait les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles des articles 3§1 et 9§1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnait l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle n'est pas suffisamment motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2024, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 juillet 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- et les observations de M. B et de Mme E.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien et péruvien et Mme E, ressortissante péruvienne, nés respectivement le 7 avril 1987 et le 11 janvier 1979, sont entrés en France respectivement les 11 juillet et 25 août 2023, accompagnés de leurs deux enfants mineurs nés en 2011 et 2013, en vue d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 5 décembre 2023, confirmées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 10 avril 2024. Par deux arrêtés du 21 mai 2024, la préfète des Vosges a obligé M. B et Mme E à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office et leur a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, M. B et Mme E demandent l'annulation de ces arrêtés.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B et Mme E ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du bureau d'aide juridictionnelle du 3 juillet 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de les admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions de la requête :
En ce qui concerne le moyen relatif aux arrêtés pris dans leur ensemble :
3. Les arrêtés attaqués sont signés par M. David Percheron, secrétaire général de la préfecture, auquel la préfète des Vosges a, par un arrêté du 13 mai 2024, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le jour même, donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions en matière d'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens relatifs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, le droit d'être entendu, partie intégrante du respect des droits de la défense, en tant que principe général du droit de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
5. Dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français est prise après que la qualité de réfugié a été définitivement refusée à l'étranger ou si l'étranger ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or, celui-ci est conduit, à l'occasion du dépôt de sa demande d'asile, à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit reconnu la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, laquelle doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles et il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir toute observation complémentaire, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux, notamment au regard de sa situation dans son pays d'origine ou de sa situation personnelle et familiale.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les requérants ont pu présenter sur leur situation les observations qu'ils estimaient utiles dans le cadre de l'examen de leurs demandes d'asile. Alors qu'ils ne pouvaient ignorer qu'en cas de rejet de leurs demandes, ils étaient susceptibles de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, ils n'allèguent pas avoir sollicité en vain un entretien auprès des services préfectoraux, ni même avoir été empêchés de présenter d'autres observations avant que ne soient prises les décisions portant obligation de quitter le territoire français en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
7. En deuxième lieu, les dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, dont la méconnaissance est invoquée par les requérants, ne sont pas applicables aux obligations de quitter le territoire français et aux décisions qui en sont l'accessoire, dont l'obligation de motivation fait l'objet de dispositions spécifiques du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, alors que le préfet n'est pas tenu de mentionner tous les éléments relatifs à la situation de l'étranger auquel il fait obligation de quitter le territoire français, les décisions litigieuses comportent l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle également que la préfète a procédé à un examen particulier des situations de M. B et de Mme E. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. B et Mme E font valoir que le centre de leurs intérêts familiaux, matériels, médicaux et moraux se trouve désormais en France. Ils invoquent leurs efforts d'intégration et leur souhait d'être autorisés à travailler. Ces éléments, alors que les intéressés ne vivaient en France que depuis moins d'un an à la date des décisions litigieuses et qu'ils sont tous deux en situation irrégulière sur le territoire français, ne peuvent faire regarder les mesures d'éloignement en litige comme portant à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels ces décisions ont été prises. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la cour européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté. Pour les mêmes motifs, doit également être écarté le moyen tiré de l'erreur manifeste commise par la préfète dans l'appréciation de leur situation.
10. En quatrième lieu, en se bornant à faire valoir que les décisions contestées sont entachées d'une erreur dans la qualification juridique des faits, les requérants n'assortissent pas leur moyen de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
11. En dernier lieu, l'illégalité des décisions fixant le pays de destination, distinctes des mesures d'éloignement, prononcées en vue de l'exécution d'office de ces dernières, ne saurait entraîner ni l'illégalité ni la caducité des décisions portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne les moyens relatifs aux décisions fixant le pays de destination :
12. En premier lieu, faute pour les requérants d'établir l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français prononcées à leur encontre, le moyen tiré de ce que les décisions fixant le pays de destination devraient être annulées en conséquence d'une telle illégalité doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
14. Si les requérants font valoir qu'ils encourent des risques de traitements contraires aux stipulations précitées en cas de retour au Pérou, dès lors que M. B fait l'objet de menaces de mort, ces allégations ne sont pas établies par les pièces produites au dossier. Au demeurant, les demandes d'asile présentées par les intéressés en raison des risques auxquels ils seraient exposés dans ce pays ont été rejetées par l'OFPRA puis par la CNDA. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la cour européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
15. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Aux termes de l'article 9-1 de la même convention : " Les Etats parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l'intérêt supérieur de l'enfant. () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
16. Les requérants soutiennent qu'en application des dispositions précitées de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, leurs enfants et eux pourraient être renvoyés vers des pays différents, dès lors que M. B possède, en plus de sa nationalité péruvienne, la nationalité algérienne, que ne possèdent pas Mme E et les enfants du couple. Toutefois, s'il est prévu que M. B peut être renvoyé vers le Pérou ou l'Algérie, dès lors qu'il possède également la nationalité de cet Etat, la décision fixant le pays de destination concernant la requérante, de nationalité péruvienne, mentionne, outre le Pérou, qu'elle peut également être éloignée à destination de l'Algérie, en raison de la nationalité de son mari. Les décisions en litige précisent expressément que les requérants seront éloignés ensemble " vers le pays de leur choix ", de sorte que " la cellule familiale ne sera pas éclatée " et " qu'en cas d'éloignement forcé il n'est pas prévu de séparer la famille ". Il appartiendra ainsi à la préfète, le cas échéant, dans le cadre de la mise en œuvre de l'exécution forcée des mesures d'éloignement, de déterminer le pays vers lequel les quatre membres de la famille pourront être éloignés ensemble. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 712-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
17. Ainsi qu'il vient d'être dit, les décisions fixant le pays de destination n'ont pas pour effet de séparer les requérants de leurs enfants, qui ont vocation à être éloignés vers le même pays. Par suite, les décisions litigieuses, qui comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles reposent et sont ainsi suffisamment motivées, n'ont pas méconnu les stipulations des articles 8 de la cour européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3§1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. B et Mme E ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés de la préfète des Vosges du 21 mai 2024. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction présentées par les requérants ainsi que celles fondées sur les articles L. 761-1 et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu d'admettre M. B et Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les requêtes de M. B et Mme E sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme F E, à la préfète des Vosges et à Me Géhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.
Le président,
S. C
Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2401839, 2401840
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026