vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401850 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | KOHLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juin 2024 à 12 heures 56 et des mémoires complémentaires enregistrés les 24 et 26 juin 2024, M. B A, représenté par Me Kohler, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités suédoises responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a prononcé son assignation à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de se présenter les mardis et les jeudis, hors jours fériés, entre 9 heures et 10 heures, à l'hôtel de police de Nancy-Lobau ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin, d'une part, de le mettre en mesure de saisir l'Office de protection des réfugiés et apatrides d'une demande d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, d'autre part, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, au besoin sous astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Kohler, son avocate, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour elle de renoncer à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté portant transfert :
- l'arrêté portant transfert lui a été notifié irrégulièrement, sans mention de la possibilité d'avertir le consulat ou de faire avertir le consulat dont il dépend, en méconnaissance de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'est pas établi que la préfète du Bas-Rhin a informé les autorités suédoises du report du transfert du fait de l'introduction de son recours suspensif, en méconnaissance de l'article 9.1 du règlement CE n° 1560/2003 de la commission ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par l'article 29 du règlement Eurodac n° 603/2013 ;
- il n'a pas eu communication des informations prévues par l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il n'a pas bénéficié d'un entretien individuel dans des conditions permettant de respecter l'exigence de confidentialité et avec l'assistance d'un interprète, en méconnaissance de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- l'arrêté portant transfert méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 17.1 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté portant transfert ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et est disproportionnée au regard de son état de santé.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 et 27 juin 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement CE n° 1560/2003 de la commission du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (CE) n o 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coudert, magistrat désigné ;
- les observations de Me Kohler, avocate commise d'office, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et précise en outre que son état de santé doit être pris en compte ; qu'il justifie d'une fragilité psychologique et de la nécessité d'un traitement médical, qui serait nécessairement interrompu par un transfert en Suède ; qu'ainsi la décision de transfert aura des conséquences graves ; que le risque de renvoi en Afghanistan par les autorités suédoises est avéré ; qu'il ne peut être exclu qu'il soit exposé à un risque de traitement inhumain ou dégradant ;
- et les observations de M. A, assisté d'un interprète en langue pachto.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan, né le 15 juin 1989 à Kunduz, est entré irrégulièrement sur le territoire français. Il s'est présenté au guichet unique de la préfecture de la Moselle le 24 octobre 2023 pour y déposer une demande d'asile. La consultation du fichier Eurodac a fait apparaître qu'il avait sollicité l'asile auprès des autorités suédoises préalablement au dépôt de sa demande d'asile en France. Le 28 mars 2024, il a fait l'objet d'un transfert aux autorités suédoises. M. A ayant regagné le territoire français, il s'est de nouveau présenté au guichet unique de la préfecture de la Moselle le 8 avril 2024 en vue de déposer une demande d'asile. Saisies le 12 avril 2024 d'une demande de prise en charge, les autorités suédoises ont donné leur accord, le 26 avril 2024, sur le fondement de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 susvisé. Le 24 mai 2024, la préfète du Bas-Rhin a pris à l'encontre du requérant un arrêté portant transfert de l'intéressé aux autorités suédoises, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par un second arrêté du 24 mai 2024, la préfète du Bas-Rhin l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle. Par sa requête, M. A demande l'annulation de ces arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de l'arrêté portant transfert aux autorités suédoises :
2. En premier lieu, si les conditions de notification d'une décision peuvent avoir une incidence sur l'opposabilité des voies et délais de recours, elles demeurent sans incidence sur sa légalité.
3. En deuxième lieu, la circonstance que la préfète du Bas-Rhin n'a pas informé les autorités suédoises du report du transfert de M. A en raison de l'exercice par ce dernier d'un recours suspensif, est également sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 9.1 du règlement CE n° 1560/2003 de la commission doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Toute personne relevant de l'article 9, paragraphe 1, de l'article 14, paragraphe 1, ou de l'article 17, paragraphe 1, est informée par l'Etat membre d'origine par écrit et, si nécessaire, oralement, dans une langue qu'elle comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'elle la comprend : / a) de l'identité du responsable du traitement au sens de l'article 2, point d), de la directive 95/46/CE, et de son représentant, le cas échéant ; / b) de la raison pour laquelle ses données vont être traitées par Eurodac, y compris une description des objectifs du règlement (UE) n° 604/2013, conformément à l'article 4 dudit règlement, et des explications, sous une forme intelligible, dans un langage clair et simple, quant au fait que les Etats membres et Europol peuvent avoir accès à Eurodac à des fins répressives ; / c) des destinataires des données ; / d) dans le cas des personnes relevant de l'article 9, paragraphe 1, ou de l'article 14, paragraphe 1, de l'obligation d'accepter que ses empreintes digitales soient relevées ; / e) de son droit d'accéder aux données la concernant et de demander que des données inexactes la concernant soient rectifiées ou que des données la concernant qui ont fait l'objet d'un traitement illicite soient effacées, ainsi que du droit d'être informée des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris les coordonnées du responsable du traitement et des autorités nationales de contrôle visées à l'article 30, paragraphe 1 / () 3. Une brochure commune, dans laquelle figurent au moins les informations visées au paragraphe 1 du présent article et celles visées à l'article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 est réalisée conformément à la procédure visée à l'article 44, paragraphe 2, dudit règlement. / () ".
5. L'obligation d'information prévue par les dispositions de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Il s'ensuit que la méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles le préfet transfère un demandeur d'asile aux autorités compétentes de l'Etat qui s'est reconnu responsable de l'examen de sa demande. Il suit de là que le moyen tiré par M. A de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 susvisé : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. () ".
7. Il ressort des pièces des dossiers, notamment de la mention manuscrite figurant sur ces brochures, que les services de la préfecture de la Moselle ont remis à M. A, le 8 avril 2024, la brochure intitulée " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et la brochure intitulée " B. Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", en langue pachto, langue qu'il a déclaré comprendre, ainsi que l'attestent tant ses déclarations à la préfecture que la signature qu'il a apposée sur ces documents. Ces documents constituent la brochure commune visée à l'article 4, paragraphe 3 du règlement (UE) n° 604/2013 et contiennent l'intégralité des informations prévues par les dispositions précitées de ce règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national ".
9. Il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu d'entretien produit en défense par la préfète, que M. A a bénéficié, le 8 avril 2024, avec l'assistance d'un interprète, d'un entretien individuel et confidentiel, mené par un agent qualifié de la préfecture, au cours duquel il a été mis à même de s'exprimer complètement sur sa situation. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsqu'un Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.
12. D'une part, alors que l'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet de renvoyer l'intéressé vers son pays d'origine, M. A n'apporte pas d'éléments suffisants permettant de démontrer qu'il serait exposé à un risque personnel de traitement inhumain ou dégradant en cas de transfert en Suède, notamment au regard de sa prise en charge médicale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le transfert du requérant vers la Suède impliquerait nécessairement son renvoi en Afghanistan, ni que les autorités suédoises, dans l'hypothèse où elles refuseraient de faire droit à sa demande d'asile, n'évalueront pas, avant de procéder à un éventuel éloignement, les risques auxquels il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés.
13. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Bas-Rhin aurait, en décidant le transfert de M. A aux autorités suédoises, entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé, notamment au regard de son état de santé.
S'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'établit pas que la décision portant transfert aux autorités suédoises prise à son encontre est illégale. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision l'assignant à résidence n'est pas fondée et doit être écartée.
15. En second lieu, si M. A soutient qu'il a besoin d'une prise en charge médicale, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision l'assignant à résidence ferait, tant dans son principe que dans ses modalités d'exécution, obstacle à ce que le requérant bénéficie des soins qui lui sont nécessaires. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que l'arrêté portant assignation à résidence constituerait une mesure disproportionnée ou qu'il serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des arrêtés des 24 mai 2024 attaqués ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le magistrat désigné,
B. Coudert
La greffière,
L. Rémond
La République mande et ordonne à la préfète de la région Grand Est, préfète de la zone de défense et de sécurité Est, préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026