mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401857 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | KOHLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juin 2024 à 14 heures 14 et un mémoire enregistré le 25 juin 2024, M. C A, placé au centre de rétention administrative de Metz, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de désigner un avocat commis d'office et d'ordonner la communication de son entier dossier ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 juin 2024 par lequel la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
- ces décisions sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen ;
Sur le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination :
- ces décisions sont insuffisamment motivées ;
Sur les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur les moyens propres à la décision refusant un délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation faute de mention du critère lié à l'existence d'une précédente mesure d'éloignement ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à sa durée et à l'existence de circonstances humanitaires ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2024, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans peut également être fondée sur la précédente mesure d'éloignement dont le requérant a fait l'objet sous un alias et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Des pièces complémentaires, enregistrées le 26 juin 2024, présentées pour la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, ont été communiquées en audience.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Philis, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Philis, magistrate désignée ;
- les observations de Me Kohler, avocate commise d'office, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, en évoquant le contexte politique dans son pays d'origine et en insistant sur le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé, notamment de sa santé mentale, révélé par ses hospitalisations et la tenue de propos incohérents dans le cadre de ses auditions par les services de police, et sur le moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français et à l'existence de circonstances humanitaires dans la mesure où il ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale et il est présumé innocent des faits qui lui sont reprochés ;
- les observations de M. A qui relate son interpellation à Strasbourg ;
- et les observations de M. E, représentant la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens, en indiquant que le rapport d'identification dactyloscopique a confirmé son alias, en faisant valoir que l'arrêté attaqué est suffisamment motivé, qu'il n'est pas entaché d'un défaut d'examen au regard de l'état de santé du requérant lequel ne justifie pas des troubles dont il souffre, qu'il ne porte pas atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, qu'il ne méconnaît pas l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que l'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée. Il souligne également que M. A n'a pas présenté de demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade et que les auditions de ce dernier et sa convocation devant le juge pénal révèlent que son comportement constitue une menace pour l'ordre public.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 6 janvier 1993, est entré en France, selon ses déclarations, en 2023, en vue d'y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 7 août 2023, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 12 mars 2024. Par un arrêté du 19 juin 2024, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par la présente requête, M. A, placé en rétention administrative, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande de production de l'entier de dossier de M. A :
2. Aux termes de l'article L. 614-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. " La préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, a produit, à l'appui de ses écritures en défense, l'ensemble des pièces nécessaires à l'instruction de la requête introduite par M. A, lesquelles, dans le respect du principe du contradictoire, ont été intégralement communiquées à l'intéressé. Dans ces conditions, et alors que l'affaire est en état d'être jugée, il n'y a pas lieu d'ordonner la production d'une quelconque autre pièce, ni de l'entier dossier du requérant.
Sur la demande de désignation d'un avocat commis d'office :
3. M. A, placé en rétention administrative lors de l'introduction de sa requête, a présenté celle-ci sans ministère d'avocat et a été assisté à l'audience par Me Kohler, avocate commise d'office désignée par le bâtonnier du barreau de Nancy, en application des dispositions de l'article L. 614-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande de désignation d'un avocat commis d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
4. En premier lieu, par un arrêté du 13 juin 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Bas-Rhin le lendemain, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, a donné délégation à Mme D B, cheffe du bureau de l'asile et de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
5. En second lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen propre aux décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination :
6. Les décisions litigieuses portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination comportent l'ensemble des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. D'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A, entré sur le territoire français en 2023, est célibataire et sans enfant à charge. De plus, il n'établit pas disposer en France des liens d'une intensité et ancienneté particulières et ne démontre pas être dépourvu d'attaches personnelles dans son pays d'origine. Il ne justifie pas davantage de son intégration en France. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au regard des buts en vue desquels la mesure d'éloignement a été prise.
9. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent et alors que M. A ne démontre pas en quoi la pathologie dont il souffrirait nécessite un suivi médical en France, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision refusant un délai de départ volontaire :
10. D'une part, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :
1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;
/ () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
11. En l'espèce, il n'est pas contesté par M. A qu'il ne présente pas des garanties de représentation suffisantes. Il reconnaît d'ailleurs être sans domicile fixe lors de son audition par les services de police le 29 avril 2024. Dans ces conditions, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, a pu légalement fonder sa décision sur les dispositions combinées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles du 8° de l'article L. 612-3 de ce code, ce motif étant suffisant pour justifier la décision portant refus de délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
12. D'autre part, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par M. A à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire, doit être écartée.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
13. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du présent jugement.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " M. A ne produit aucun élément de nature à établir la réalité et le caractère personnel des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 8, 9 et 13, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
16. En dernier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par M. A à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, doit être écartée.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
18. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
19. Pour justifier le prononcé d'une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, a indiqué, au regard des dispositions précitées, que M. A est irrégulièrement entré en France, qu'il s'y est maintenu irrégulièrement, que son comportement constitue une menace pour l'ordre public, qu'il ne démontre pas de liens intenses en France et qu'il ne justifie pas de circonstance humanitaire. Toutefois, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, ne fait pas état d'une précédente mesure d'éloignement dont a fait l'objet M. A sous un alias alors qu'elle a entendu prononcer l'interdiction de retour sur le territoire français au regard de cette précédente obligation de quitter le territoire français, ainsi qu'elle le fait valoir en défense. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que la décision en litige est insuffisamment motivée au regard des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans doit être accueilli.
20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
21. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante, pour l'essentiel, dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de M. A tendant à la désignation d'un avocat d'office.
Article 2 : L'arrêté du 19 juin 2024 en tant qu'il prononce à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin.
Lu en audience publique le 26 juin 2024 à 15 heures 15.
La magistrate désignée,
L. Philis
Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne à la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026