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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2401862

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2401862

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2401862
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juin 2024, M. A B, représenté par Me Jonquet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision du 5 avril 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et de l'Outre-Mer lui a retiré un point au capital de son permis de conduire, entraînant la perte de validité de son permis de conduire.

Il soutient :

- sur la condition d'urgence : qu'il exerce la profession de coiffeur à domicile en qualité d'auto entrepreneur ; que la détention d'un permis de conduire est indispensable à son activité, la décision attaquée mettant le maintien de celle-ci en péril ;

- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige : il n'appartient qu'à l'administration d'apporter la preuve de ce que l'information préalable prévue à l'article R. 223-3 du code de la route lui a été délivrée, qu'il encourrait un retrait de point et le nombre de points retirés, de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitution de points, de la possibilité d'accéder à ces informations, de ce que le paiement de l'amende forfaitaire majorée vaut reconnaissance de l'existence de l'infraction et entraîne la perte de points, de la faculté d'avoir accès aux informations le concernant ; il a commis des infractions sanctionnées du retrait d'un seul point de son permis de conduire dont la reconstitution n'a pas été prise en compte, en méconnaissance de l'article L. 223-6 du code de la route.

Vu :

- la requête enregistrée le 21 juin 2024 sous le n° 2401863 par laquelle M. B demande au tribunal d'annuler la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision de la décision du 5avril 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et de l'Outre-Mer lui a retiré un point au capital de son permis de conduire, entraînant la perte de validité de son permis de conduire.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de cette décision sur sa situation ou, le cas échéant, des autres personnes concernées, sont de nature à caractériser, à la date à laquelle il statue, une urgence justifiant que, sans attendre le jugement du recours au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. M. B soutient, à l'appui de sa demande de suspension de la décision lui retirant un point au capital de son permis de conduire, entraînant la perte de validité de son permis de conduire, qu'il exerce la profession de coiffeur à domicile en qualité d'auto entrepreneur et que la détention d'un permis de conduire est indispensable à la poursuite de ses activités professionnelles. Toutefois, au soutien de cette allégation, le requérant se borne à produire un extrait d'inscription au registre national des entreprises. Ce faisant, il ne justifie pas de ce que la décision contestée préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation tant professionnelle que personnelle et, par suite, d'une urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il suit de là que la demande de M. B tendant à ce que le juge des référés prononce la suspension de l'exécution de la décision du 5 avril 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et de l'Outre-Mer lui a retiré un point au capital de son permis de conduire, entraînant la perte de validité de son permis de conduire, peut être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Nancy, le 26 juin 2024.

Le juge des référés,

O. Di Candia

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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